Golf de Temae – Après les Chinois et les Mexicains… la Socredo !

    jeudi 15 octobre 2015

     On croyait la situation financière du golf réglée avec la venue de la société mexicaine Aquakita en mai, il n’en est rien. Aquakita n’a pas pu présenter les fonds à temps, repositionnant la SGPRG propriétaire du golf en situation de redressement. Le tribunal du commerce devrait statuer définitivement dans une dizaine de jours sur l’avenir du golf, la Socredo a fait une offre dite de “dédommagement” pour la somme de 264 millions de francs, alors que les Mexicains viennent de confirmer, la nuit dernière, l’apport d’une enveloppe de 1,14 milliard de francs.

    Le 21 mai, Jean-Louis Grégori, propriétaire du golf de Temae, signait la vente partielle du golf à Paradise Parks, émanation de la société mexicaine Aquakita, qui avait levé des fonds auprès d’investisseurs russes. Cette fois-là, tout le monde y croyait, et surtout le promoteur en situation financière délicate. Le golf de Temae allait enfin être repris après de nombreuses embûches dont l’aboutissement quasi certain était la mise en liquidation de ce magnifique outil touristique et la mise à la rue d’une vingtaine d’employés.
    La signature très officielle s’était déroulée dans la grande salle du club house en présence des représentants de la société Aquatika, dont le PDG Javier Perez prévoyait aussi, parallèlement, la construction d’un parc aquatique à Mahina au travers de la société Paradise Parks représentée localement par Patrick Genet.
    Ce jour “de gloire” avait été commenté par le PDG de Aquakita de la façon suivante : “Nous sommes ici pour signer du concret pour des investissements à court et moyen terme et pour répondre à la volonté du gouvernement actuel et pour les besoins du Pays. Nous avons eu de longues négociations avec M. Grégori, il y a eu des efforts de faits de toutes parts, tant au niveau des banques qu’au niveau de M. Grégori. Aujourd’hui on signe pour développer et relancer l’activité avec comme priorité, de garder les emplois et surtout, nous construirons l’hôtel.”

    Retour à la case départ

    Concrètement, cette annonce confirmait que Jean-Louis Grégori conservait 49 % des parts et Paradise Parks 51 % qui se présentait par la même occasion comme le gestionnaire du golf de Temae dès la signature officialisée…
    De tout cela, il n’en reste rien aujourd’hui, ou pas grand-chose. En fait, les fonds nécessaires destinés au remboursement des dettes auprès des banques ne sont pas parvenus à temps, et la mise en redressement, avec la menace d’une mise en liquidation maintes fois repoussée, arrive, quant à elle, à son terme avec un jugement définitif arrêté au 26 octobre.
    Retour donc à la case départ pour Jean-Louis Grégori, ce qui veut dire aussi à la case finale puisque la situation de redressement judiciaire de la South Pacific Golf Resort and Développement (SPGRD), qui a démarré le 23 avril 2013, reste d’actualité.
    On se souvient qu’un temps d’observation avait été accordé au promoteur en septembre de cette même année, puis reconduit jusqu’au 9 février 2014 pour une ultime décision. Mais un autre report avait été décidé : les absences provoquées par l’épidémie de chikungunya avaient empêché les juristes de traiter une affaire aussi importante que celle-ci de façon rigoureuse.
    Entre-temps, plusieurs lettres d’intérêt étaient parvenues au juge, une première de Louis Wane (non chiffrée), retirée depuis, et une seconde, en date du 10 octobre 2014, en provenance du Pays qui disait considérer sérieusement le rachat du golf, citant les prix avancés par M. Grégori :
    1,4 milliard pour les terrains hors golf et jusqu’à 2,5 milliards pour le golf lui-même.

    Fin du suspense le 26 octobre

    En avril 2015, Jean-Louis Grégori obtient une énième prolongation de trois mois et un mois et demi pour apporter de nouvelles précisions quant au financement de son plan de continuation. Par contre, le promoteur du golf perd son poste de PDG de la SPGRD. Un mois plus tard, nouvelle éclaircie, mais de courte durée. Un groupe d’investisseurs chinois de la State Développement Investment Corporation (SDIC) effectue une visite au golf et se dit intéressé par cet outil, tout comme par l’achat d’hôtels sur l’île. Mais rien de plus n’a été concrétisé. Jusqu’au 21 du même mois, où l’annonce de la signature avec un groupe mexicain est annoncée en grande pompe.
    Seulement voilà, tout comme les précédentes propositions, celle-ci ne serait que de courte durée faute de financement et l’annonce du tribunal de commerce confirme qu’il doit définitivement statuer sur l’avenir de la SPGRD le 26 octobre. Une proposition alternative de reprise est faite par la banque Socredo à hauteur de 264 millions de francs (5 % de la valeur du golf selon l’administrateur).
    En dernière heure, Jean-Louis Grégori fait savoir à La Dépêche qu’il a reçu des investisseurs mexicains la confirmation d’un apport de 9,5 millions d’euros qui sera rapidement versé à l’avocat de la société pour maintenir son offre… Soit 1,140 milliard de francs. Reste à savoir si cet apport n’arrive pas trop tard. Rendez-vous au tribunal du commerce le 26 octobre. K

    De notre correspondant Jeannot Rey

    Une attitude du Pays qui “assassine” les investisseurs

    Dans un courrier envoyé à La Dépêche, Jean-Louis Grégori ne mâche pas ses mots. “Au lieu d’attirer les investisseurs, le gouvernement et avec la complicité des banques qui dépendent de lui, les assassinent et les dépouillent. Mais comment leur faire comprendre que la Polynésie ne fonctionne pas, justement à cause des positions de ce type, toujours à l’inverse de ce qu’il faut faire. C’est tous les jours qu’ils se tirent une balle dans le pied avec l’économie, avec le tourisme. Le gouvernement du territoire, qui m’a fait une lettre d’intérêt en octobre 2014, y reconnaissait implicitement que le domaine et le golf valaient 3,4 milliards de francs (confirmé par l’expertise Corteel) ou que le golf seul valait 2,5 milliards de francs, oublie complètement la valeur du bien proposé et admis par lui, pour insidieusement se servir de sa banque la Socredo pour s’accaparer le bien, dont il a reconnu la valeur, pour la somme dérisoire de reprise de 260 millions de francs et spolier totalement le propriétaire du golf et du domaine de Temae et l’ensemble du reste des créanciers privés. Cela peut s’assimiler aisément à une escroquerie ou pour le moins une carambouille. Je rappelle que le ministre Jean-Christophe Bouissou a annoncé en public à Moorea que le gouvernement allait reprendre le golf dans le cadre du développement du tourisme de Moorea, mais n’a pas précisé que c’était en spoliant le propriétaire. Je vous laisse à penser ce que cette action va produire comme confiance envers le Territoire.”

    MOOREA56 2015-10-15 09:46:00
    Il n'y a pas besoin de lire dans une boule de cristal chez Madame " EMMA " ou autres.pour connaître la fin du feuilleton qui va faire souffrir énormément de personnes. J'aimerai rêver encore .
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