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Le gouvernement en colère contre un avocat qui aurait vulgarisé les violences faites aux femmes

vendredi 22 septembre 2017

justice tribunal

(© archives LDT)

Le groupe Tapura huiraatira a souhaité réagir, hier, par voie de communiqué aux “propos rapportés par La Dépêche de Tahiti du mercredi 20 septembre, à l’occasion du procès de l’homme qui a tué sa femme à force de coups, après une journée passée à boire du komo”.

“Pour défendre son client, son avocat aurait invoqué ‘une explication culturelle’ : ‘Les Polynésiennes aiment être tapées. Ce n’est pas conforme aux normes européennes, mais c’est la réalité’, parlant aussi de ‘pratique ancestrale’. Il est inacceptable de défendre un comportement condamnable par lui-même en utilisant de tels arguments. Les femmes polynésiennes n’aiment pas être tapées, frapper n’est pas une preuve d’amour. C’est de la violence, jamais justifiable. Les hommes et les femmes sont égaux et aucun n’a le droit de frapper l’autre. Sans compter les effets désastreux sur les enfants”, explique le communiqué.

“Il faut identifier les causes de cette violence, consommation de komo dans ce cas, mais aussi manque de communication, défaillances dans l’éducation, conditions de vie… Et agir sur ces causes. La violence n’est pas une fatalité”, conclut le groupe.

Un communiqué suivi d’un second, cette fois-ci de la part du ministère des Solidarités de Jacques Raynal.

“Les violences conjugales ne sont pas des actes propres à la Polynésie. L’ensemble des pays du monde est touché par ce phénomène, pays développés comme en voie de développement”, rappelle le ministère, qui s’insurge du caractère presque ethnique soufflé par l’avocat lors de sa plaidoirie.

 

“Discours odieux”

 

“Ces faits sont mis en lumière et dénoncés autant par des hommes que par des femmes, qui les considèrent comme révoltants et indignes. Il n’existe pas de norme européenne ni de norme polynésienne en matière de violence conjugale, et encore moins de norme culturelle et ancestrale.”

Manifestement remonté contre ces propos tenus lors de l’audience, le ministère poursuit : “L’homme de loi pointe aussi l’inégalité hommes-femmes comme étant à l’origine des violences, incrustée dans les gènes polynésiens. Elle est malheureusement acquise au travers de tels discours et attitudes qui tendent à montrer à l’enfant qu’une femme est inférieure à l’homme et ne peut donc accéder aux mêmes services, aux mêmes emplois, aux mêmes droits.”

Le communiqué conclut de manière très sèche contre l’avocat de la défense, ce jour-là. Rarement communiqué ministériel n’aura été aussi cinglant.

“Honte à celui qui a fait de la violence un élément de défense, comme si l’effet de manche attendu pouvait passer inaperçu. L’origine de la violence n’est nullement génétique ou culturelle. Le ‘défenseur’  en oublie le fait de société générateur : c’est-à-dire l’alcool ou plutôt le komo, facilitateur du passage à l’acte. Ce sont ces discours odieux, ces attitudes déplorables que nous devons combattre, et pour lesquels nous investissons tant d’efforts pour que les générations futures soient épargnées par le fléau des violences domestiques. Ce n’est pas au tribunal de faire une leçon d’éducation à l’égalité, d’éducation au respect, d’éducation à la non-violence, comme cela ne peut être le fait d’un homme de loi de tenir des propos insultants en soutenant que les femmes polynésiennes ‘aiment être tapées’.”

À mots couverts, le gouvernement en est presque à souhaiter, voire demander des sanctions contre l’avocat.

“Le rôle du tribunal est bien de sanctionner celui qui a commis un acte ignoble et aussi celui qui tient des propos insultants et injurieux à l’égard de celle qui n’est plus là pour se défendre”, claque le communiqué. 

Bertrand Prévost

 

 

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