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Un grand retour de l’État dans le domaine culturel ?

vendredi 10 mars 2017

heremoana maamaatuaiahutapu

Heremoana Maamaatuaiahutapu, ministre de la Culture. (© Marie Guitton)


L’assemblée de la Polynésie française s’est réunie hier en commission permanente. À l’ordre du jour, des projets de délibération sur les comptes de l’OPT et de TNAD, ainsi qu’une convention-cadre sur la culture. Cette dernière pourrait marquer un grand retour de l’État dans le financement et l’accompagnement technique des dossiers portés par la Polynésie en matière culturelle. Du néocolonialisme, selon l’UPLD. 

Une grande avancée ? Ou une mise sous tutelle qui fleure le néocolonialisme ? Un projet de convention-cadre État-Pays relatif à la culture, une promesse de François Hollande en passe d’être réalisée, a divisé les élus de la commission permanente de l’assemblée, hier.

L’idée est de créer un poste de délégué pour la culture au sein du haut-commissariat afin d’accompagner, techniquement et financièrement, la politique culturelle du Pays : le développement du conservatoire, la valorisation des langues polynésiennes, la conservation et la restauration du patrimoine, ou encore le classement de Taputapuatea, des îles Marquises et du ‘ori Tahiti à l’Unesco, par exemple.

Rien n’est dit, pour l’heure, du montant de la participation de l’État à ces projets. “Là, on pose un cadre, et chaque établissement, la Maison de la culture, le musée, le conservatoire…, devra ensuite négocier des conventions particulières, avec un chiffrage”, a expliqué hier le ministre de la Culture, Heremoana Maamaatuaiahutapu.

Pour la majorité, il s’agit donc d’un aboutissement qui pourrait pousser, également, la réalisation du nouveau centre culturel de Papeete, pensé pour désengorger la Maison de la culture.

Un concours d’architecte a été lancé le mois dernier et le démarrage des travaux est espéré au début de l’année 2018. Mais le chantier est estimé à 6 milliards de francs… “Le soutien de l’État serait opportun”, a donc glissé hier un représentant du Rassemblement pour une majorité autonomiste (RMA), en observant que “la contribution de l’État au domaine culturel est plus que modeste : moins de 35 millions de francs en 2015”.

En ce sens, la signature d’une nouvelle convention-cadre dans le domaine de la culture, ce qui n’était plus arrivé depuis le dernier accord décennal signé en 1994, est présentée comme la reconnaissance de la “richesse culturelle de la Polynésie”, également en tant que moteur du développement touristique.

 

“On aura tout vu !”

 

“Cette convention a, pour l’UPLD, des relents de néocolonialisme, puisque c’est l’État qui se propose d’accompagner les Polynésiens colonisés que nous sommes dans leur développement culturel. Et c’est la France qui possède encore, dans ses musées, des éléments de la culture qu’elle nous a confisqués !”, a au contraire lâché, hier, avec virulence, l’élue indépendantiste Éliane Tevahitua, en regrettant que ce dossier ne soit pas soumis en séance plénière.

Son groupe, qui a donc voté contre le projet de convention-cadre (qui a tout de même été adopté par le RMA et le Tahoera’a), a plutôt exhorté le ministère de la Culture, “parent pauvre du gouvernement”, à réaliser un “inventaire des œuvres de notre patrimoine dispersées dans les musées par-delà le monde”.

“La Nouvelle-Calédonie a effectué cette démarche en 1979. Quid de la Polynésie ? Aux nombreuses questions de Jacqui Drollet sur la restitution des œuvres, le ministère répond que nous ne disposons pas des structures, ici, pour les accueillir. Et, comble de l’ironie, l’État, dans le préambule de la convention dont il est question, rappelle que “le ministère de la Culture en France réaffirme son engagement en faveur de la culture comme une force émancipatrice” ! On aura tout vu !”, s’est emportée Éliane Tevahitua.

Déjà acteur de la convention signée en 1994, Heremoana Maamaatuaiahutapu s’est agacé de ces critiques : “La présence d’une mission d’action culturelle est importante, non pas pour nous dire ce qu’on doit faire, mais pour identifier des fonds présents auprès de l’État ou de l’Union européenne, auprès desquels on ne dépose habituellement aucun dossier parce qu’on ne les connaît pas”, a-t-il rétorqué.

“La Maison de la culture, c’est zéro franc. Le Centre (culturel) Tjibaou, c’est un milliard ! Et quand j’étais technicien au musée, nous avons fait plusieurs fois cette demande d’inventaire. Aujourd’hui, dans le cadre de cette convention, on a un accord de principe et il sera pris en charge par l’État.”

Quant au manque de moyens dans son portefeuille ministériel : “J’ai envie de demander à tout le monde : qu’est-ce que vous avez fait depuis la fin de la précédente convention, en 2004 ? Quand j’étais directeur de Te Fare Tauhiti Nui, j’avais 900 millions. Aujourd’hui, c’est 1,7 milliard. Je pense qu’on a fait un grand pas en avant. On peut toujours pinailler, mais ça fait longtemps que le budget consacré à la culture n’a pas été aussi élevé.”

 

 

Marie Guitton

 

OPT

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TNAD

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