Grande barrière de corail: le satisfecit de l’UNESCO à l’Australie

    samedi 26 décembre 2015

    Mardi, le ministre de l’Environnement, Greg Hunt, a donné son feu vert à l’extension du port d’Abbot Point. Les écologistes sont inquiets pour la faune et la flore marines, qui souffriront des opérations de dragage, estiment-ils. Mais l’UNESCO n’émet pas d’objection au projet.
    3 millions de mètres cubes de sédiments doivent être dragués du fond d’Abbott Point pour permettre l’agrandissement du port. Si on mettait ces sédiments dans des camions,bout à bout, cela couvrirait la distance qui sépare Brisbane de Melbourne (1700 km).
    Mardi, le ministre de l’Environnement, Greg Hunt, a donné son feu vert à l’extension du port d’Abbot Point. C’est de là que part le charbon extrait du Queensland. Le port doit être agrandi pour pouvoir exporter le charbon de la gigantesque mine de Carmichael, qui n’est encore qu’au stade de projet, mais elle pourrait devenir la plus grande mine du pays. 
    Abbot Point est situé au sud de Townsville, dans le centre du Queensland, en face de la Grande Barrière de corail, classée au patrimoine mondial de l’humanité en 1981. Les écologistes sont vent debout contre l’autorisation de l’extension du port charbonnier.
    Le groupe militant Get!Up a lancé une souscription en ligne pour payer les frais d’avocats liés à la procédure d’appel qu’il veut tenter. Il s’agirait d’un troisième appel, car, comme le rappelle Adani, la compagnie minière indienne qui veut exploiter la mine de Carmichael, « c’est la troisième fois que le gouvernement donne son autorisation à l’extension du port depuis 2010 ».
    Pour permettre aux gros navires de passer, il faut draguer le fond de l’océan. Selon les écologistes, le dragage du port va réduire l’habitat des animaux marins – par exemple les champs d’algues pour les dugongs. Le dragage pourrait aussi troubler l’eau et empêcher la photosynthèse des coraux situés au bord du site.
    Mais l’agrandissement du port d’Abbot Point n’inquiète pas l’UNESCO. Fanny Douvère, la coordinatrice du programme marin du patrimoine mondial:  « Pour l’UNESCO, ce qui était vraiment préoccupant, c’était que les autorités envisageaient de déverser ces sédiments de dragage directement sur les récifs coralliens. Donc nous avons mené des discussions très sérieuses avec le gouvernement fédéral. Et il a fini par interdire le déversement des sédiments de dragage, dans le parc national de la Grande Barrière dans un premier temps, puis l’interdiction a été étendue à toute la Grande Barrière, donc à l’entièreté de la zone classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Donc le problème est résolu.»
    Les sédiments de dragage seront donc stockés à terre, sur l’île-continent.
    Outre le dragage, les écologistes craignent que les navires charbonniers ne heurtent les récifs coralliens, mais aussi les tortues, les dugongs et les baleines, sans compter les risques de marée noire, car le trafic maritime va encore s’intensifier avec le projet de Carmicheal. Fanny Douvère:  « Tout dépend de la manière dont ce port fonctionnera. D’autre part, l’UNESCO prend en compte toutes les activités qui peuvent toucher la Grande Barrière. Par exemple, pour nous, ce qui est très important, c’est qu’une politique soit mise en place pour améliorer la qualité de l’eau, avec des objectifs ambitieux de réduction des rejets d’engrais et de pesticides. »
    En mai, le gouvernement australien a dévoilé son plan Récif 2050, qui planifie la gestion de la Grande barrière jusqu’à cette date, et prévoit de réduire de 80% la pollution de l’eau générée par l’agriculture dans le Queensland – surtout les pesticides et les engrais.
     
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