Greffe rénale sur donneur vivant – L’équipe chirurgicale du CHPF est opérationnelle

    jeudi 12 novembre 2015

    La mission du professeur Méjean se termine demain. Les docteurs Stéphane Leroux et Marine Chodez vont dorénavant assurer seuls les transplantations rénales à partir de donneur vivant. Le docteur Leroux a ciblé son apprentissage sur la technique de prélèvement, tandis que Marine Chodez s’est consacrée à la greffe.

    C’est aujourd’hui la dernière transplantation rénale programmée à laquelle participe le professeur Méjean. La mission de l’expert, au sein du CHPF, s’achève demain après avoir chapeauté trois nouvelles greffes rénales cette semaine ; portant ainsi à treize le nombre de transplantations réalisées à partir de donneur vivant au fenua.
    Dorénavant, ce sont les chirurgiens du territoire, Stéphane Leroux et Marine Chodez qui assureront seuls les greffes rénales à partir de ces donneurs.
    Après deux ans de compagnonnage avec le chef du service d’urologie de l’hôpital européen Georges Pompidou, Arnaud Méjean, l’équipe médicale et chirurgicale locale est prête à faire cavalier seul.
    Le docteur Stéphane Leroux est désormais celui qui s’occupera du prélèvement sur le donneur, tandis que Marine Chodez s’occupera de greffer le rein sur le receveur. Pour être plus performants, compétents et sûrs de leur geste, ils ont ciblé leur apprentissage.
    Le docteur Leroux s’est focalisé sur le prélèvement qui, sur donneur vivant, se fait sous cœlioscopie, une technique opératoire particulière qui permet de réaliser des interventions chirurgicales à ventre fermé grâce à de petites incisions.
    “Pour mieux maîtriser le geste, il était préférable que l’un d’entre nous se concentre sur cette technique, car si nous devons effectuer une dizaine de greffes dans l’année et que nous n’en réalisons que cinq chacun, nous diminuons notre pratique de moitié et donc notre performance”, précise-t-il. C’est d’ailleurs pourquoi, lors des deux dernières venues du professeur, le docteur Leroux était déjà intervenu seul, sous l’œil vigilant de l’expert.
    Cette toute dernière mission permet donc d’assurer la passation et d’échanger une nouvelle fois avec Arnaud Méjean.
    Le chef du service d’urologie a effectivement assuré que les chirurgiens de Taaone étaient prêts. Il a, par ailleurs, confié qu’il reviendrait au CHPF notamment pour enseigner les techniques d’extraction et de transplantation rénale par voie vaginale. Des techniques opératoires nouvelles qu’il considère comme révolutionnaire : “Ce sont des techniques qui sont non invasives et qui seraient totalement appropriées à la population polynésienne. Nous en avons réalisé une quarantaine en métropole et les résultats de récupération pour les patients sont bluffants.”
    La prochaine greffe réalisée à partir de donneur vivant devrait être programmée début 2016, selon le docteur Leroux. Réaliser une dizaine de ces greffes par an est désormais l’objectif. 

    Jennifer Rofes

    Stéphane Leroux, urologue au CHPF : “Nous sommes prêts”

    Vous réalisez déjà l’ensemble des greffes rénales à partir de donneurs en état de mort encéphalique, pourquoi la technique utilisée sur donneur vivant a été plus longue à maîtriser ?
    Chez le donneur en état de mort encéphalique, il n’y a pas de conséquence si l’on prend trop d’artère, l’aorte ne servira plus à rien. À l’inverse, sur donneur vivant, on est obligé de garder les vaisseaux nourriciers, notamment l’aorte qui est le plus gros vaisseau de l’organisme. C’est l’aorte qui distribue le sang aux intestins, aux poumons, aux jambes, partout ; donc on est obligé de le laisser intègre, car il va continuer de jouer son rôle chez le donneur vivant. C’est le fait d’aller si près de l’aorte qui rend la technique complexe. Car il ne faut pas perdre de vue que le donneur est en bonne santé et doit le rester.
    Il faut donc prendre suffisamment de sécurité pour ne pas abîmer les vaisseaux du donneur et avoir suffisamment de longueur pour pouvoir greffer le rein sur le receveur. Ça se joue à un centimètre ou deux, ce qui n’est pas grand-chose. Pourtant ça fait toute la différence. Lorsqu’on va greffer le rein, si les vaisseaux sont trop courts, ça tire et la greffe sera alors difficile.

    Vous sentez-vous prêts à intervenir sans le professeur Méjean ?
    Oui. Lors de sa mission précédente, je réalisais déjà les prélèvements, tandis qu’il regardait. Ça a été aussi le cas cette semaine. Le professeur regarde, guide, donne des conseils, mais il me laisse intervenir seul. Donc oui, nous sommes prêts.

    Que retenez-vous de cette collaboration avec le professeur Méjean ?
    J’ai été formé dans son service lorsque j’étais interne. Il est donc déjà celui qui m’a appris à faire les greffes standards. Mais il est vrai que je ne pensais pas à cette époque que je viendrai un jour en Polynésie et encore moins que ce grand professeur viendrait ici pour continuer ma formation sur les donneurs vivants. C’est un privilège.
    Il faut tout de même savoir qu’il y a peu d’équipes en France qui sont formées aux greffes sur donneurs vivants, donc je ne pensais pas forcément en réaliser un jour.

    Serez-vous toujours en contact avec l’expert?
    Bien sûr, d’autant que nous ne communiquons pas uniquement sur la greffe mais aussi sur des cas de cancers complexes, où il m’arrive de lui envoyer des radios.
    On peut aussi imaginer qu’Arnaud Méjean continue de venir pour des greffes particulières.

    Quand pensez-vous réaliser votre première greffe sur donneur vivant, entièrement seul ?
    Probablement début 2016. L’objectif sera d’en réaliser une par mois. Si l’on en fait une dizaine dans l’année ça sera très bien.

     

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