Gregori Klosman aux platines d’Helios ce soir

    jeudi 10 novembre 2016

    “C’est à nous de proposer des choses nouvelles, on doit se remettre en question tout le temps.” (© Christophe Cozette)

    “C’est à nous de proposer des choses nouvelles, on doit se remettre en question tout le temps.” (© Christophe Cozette)

     

     

    Il revient pour la troisième fois au fenua,  après 2014 et 2015, et s’apprête à secouer la piste d’Helios, ce soir. Gregori Klosman est bien plus qu’un “pousse-boutons”, c’est un artiste, un DJ de renom, l’un des plus connus des représentants de la French Touch avec David Guetta, dont il est notamment l’un des remixeurs officiels, mais de Bob Sinclar et de Lady Gaga également. Avec des titres comme Fucking down, devenu un tube international, il a joué sur toutes les scènes et festivals électro de la planète et voudrait même investir en Polynésie.

     

     

    Éprouvez-vous toujours autant de plaisir à venir mixer en Polynésie ?
    Carrément. J’envisage même d’acheter, avec mon frère, une petite maison sur un atoll, Tikehau ou Fakarava, un endroit le plus vierge possible. J’ai déjà visité Tahiti, Moorea, Bora Bora et Tikehau, il me reste Rangiroa, Fakarava et Tetiaroa. C’est l’objectif.

    Dans votre musique, Tahiti peut-elle vous inspirer ou pas ?
    Oui, pas forcément musicalement, même si cela donne des idées d’entendre de la musique polynésienne. Il y a des instruments que nous n’avons pas comme le ukulele, mais aussi les chants. Je suis très musical dans mon approche, musical dans le sens où les paroles et les mélodies polynésiennes sont très inspirantes. C’est joli, la répétition des voyelles, je trouve cela très chantant. Mais au-delà, la Polynésie m’inspire à d’autres titres, car c’est l’endroit où les gens prennent le temps de vivre, le rythme n’est pas le même que chez nous à Paris, il y a un autre état d’esprit. On peut s’en inspirer même sans s’en rendre compte. Il fait beau, il y a une joie de vivre… L’art en général n’est qu’une retranscription de ce que l’on a en soi et pour pouvoir raconter des choses, il faut les vivre. Voyager à Tahiti, voir les atolls, cela fait partie de mes inspirations.

    Créez-vous vos propres sons ?
    Oui.

    Qu’est-ce qu’être “remixeur de David Guetta” ?
    Il a sorti deux singles, Where Them Girls At et Titanium, pour lesquels il m’a contacté pour que je fasse un remix, c’est-à-dire une version différente de l’original, mais toujours en utilisant les voix de l’original, en l’occurrence Flo Rida pour le premier et Sia, pour le second.

    Que se passe-t-il quand on vous fait une telle demande ?
    Quand tu raccroches, tu appelles tes parents, tu cries dans ta chambre. David Guetta, c’est une légende, c’est l’un des premiers qui a développé le DJ en tant qu’artiste et pas juste en tant que pousse-boutons dans un club. J’ai un immense respect pour lui, forcément, alors être reconnu en tant qu’artiste intégralement par un DJ comme lui, c’est flatteur, cela rend fier.

    Comment s’est passée la collaboration ?
    Par e-mail. Ensuite, je l’ai rencontré plusieurs fois. Mais oui, cela se passe par e-mail, c’est tellement plus rapide, il est tout le temps en voyage, ce n’est pas simple de se retrouver au même endroit, au même moment.

    Vous évoquiez la différence entre artiste et pousse-boutons. Quand vous avez démarré, croyiez-vous au succès futur des DJ ?
    En 1997, j’avais 14 ans et c’était le début de Daft Punk. J’ai toujours voulu faire DJ, mais sans vraiment penser à en faire mon métier. Je ne m’étais pas posé la question, jusqu’à ce que cela marche. C’est devenu mon métier, mais cela restera toujours ma passion. Un jour, cela ne sera peut-être plus mon métier, mais cela restera ma passion. Je ne pouvais pas deviner puisque cela, en fait, n’existait pas. Je n’ai pas pensé une seconde que cela pouvait devenir de l’art et devenir un tel phénomène de société.

    Votre set polynésien sera-t-il différent des précédents ?
    Oui. La manière dont je construis mes sets, c’est improvisé à 90 %, donc ce n’est pas le même que les derniers. Et musicalement, je suis revenu à des choses très dansantes, très empreintes de la house de départ, très groovy. Je me suis éloigné de la dance “enfantine”, même les jeunes d’aujourd’hui n’en veulent plus, ils veulent danser.

    90 % d’improvisation, donc ce n’est pas pareil à Tahiti qu’à Ibiza ?
    Non, les 10 % qui restent représentent la préparation, les nouveaux morceaux, les nouveaux sons. C’est à nous de proposer des choses nouvelles, on doit se remettre en question tout le temps.
    Qu’est-ce qui est le plus important, ce que vous proposez ou ce que le public demande ?
    Les deux, c’est comme dans une relation de couple, si chacun vit pour lui, cela ne peut pas marcher. Cela doit être une addition, une multiplication des deux et il faut que je sois attentif à ce que les gens ressentent sur la piste, à ce qu’ils réclament inconsciemment et je dois leur proposer des choses qu’ils ne connaissent pas. C’est un travail d’équipe avec le public.

    Quel est l’endroit le plus fou où vous avez mixé ?
    Ici. Mixer au soleil, les pieds presque dans l’eau. Pour le commun des mortels qui habite ici, ce n’est pas impressionnant, mais pour moi, c’est incroyable. En terme de monde, la Techno Parade, c’est impressionnant, Tomorrowland aussi, en Belgique.

    Quelle est votre prochaine actualité ?
    J’ai trois morceaux qui vont sortir bientôt, dont All In et Por que me voy.

     

    Propos recueillis par Christophe Cozette

     

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