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La grève effective à l’OPT

lundi 8 juillet 2019

(© Florent Collet)

(© Florent Collet)

Dans son édition du 19 juin dernier, la Dépêche de Tahiti évoquait déjà le malaise des salariés au sein de la holding OPT alors que le préavis de grève n’avait pas encore été déposé.

Jeudi dernier, c’était chose faite et le week-end devait laisser la place aux discussions pour éviter le blocage ce matin. Mais les discussions ne semblent pas avoir donné satisfaction à l’intersyndicale qui a déposé le préavis de grève et ce matin, la holding OPT, à travers ses deux sociétés, Onati et Fare Rata, devrait être impacté par le mouvement de grève, juste au début des vacances scolaires, et quelques jours à peine après la hausse du prix du téléphone fixe. Ce matin, l’OPT est bien en grève.

Joint par téléphone hier après-midi, Cyril Le Gayic confiait que si les négociations avançaient et que des discussions devaient encore avoir lieu jusque tard dans la soirée, la grève dans la holding OPT était sûre à 99% ce matin. “Nous sommes en train d’étudier des projets de protocoles d’accords négociés tard samedi soir. Là (dimanche après-midi, ndr.), nous discutons des contre propositions faites par la direction. Là encore, on va finir tard puisqu’il y a trois projets de protocoles. Sur certains points, il y a des avancées, mais sur d’autres, on recule complètement. Ce ne sera pas signé ce soir et lundi matin, l’OPT sera en grève.”

La holding OPT étant composée désormais de trois entités, ce sont les trois protocoles ensemble que les syndicats veulent signer. Hors de question pour eux de signer pour l’un sans avoir fini de négocier pour les deux autres. “Cela concerne les trois sociétés”, poursuit Cyril Le Gayic. “Il y a la holding, Onati et Fare Rata. Les agences dans les îles seront-elles-aussi fermées. C’est les trois ou rien du tout. Là, on coince sur l’impôt sur les sociétés où le Pays s’engage à fournir des aides aux agences les plus éloignées, mais ce n’est que verbal. Il n’y a toujours pas la subvention annuelle pour la continuité du service public dans les îles éloignées.”

Maintenant que les sociétés sont éclatées, les syndicats s’inquiètent des transferts d’argent d’une société à l’autre. “Fare Rata est déficitaire et on demande à Onati de prendre sur ses dividendes pour la renflouer alors que ce sont des sociétés différentes désormais. Les salariés sont solidaires entre eux, mais c’est devenu un montage financier trop compliqué.” Pour résumer : “C’est le merdier, et on veut quelque chose de clair”, schématise le leader syndical. “Il y a une grande inquiétude des salariés dans ce montage financier.”

 

L’éclatement qui provoque la crise

 

Depuis le 1er janvier, les deux entreprises OPT et Vini ont été scindées en trois entités : la holding OPT, Fare Rata SAS, qui s’occupe des services postaux et financiers, et Onati OPT SAS, chargée de piloter toute la politique numérique, téléphonie fixe et mobile.

Des changements qui inquiètent les salariés de la holding OPT. Il y a quelques semaines, la CSIP, confédération des syndicats indépendants de Polynésie, était montée au créneau pour demander à la direction un certain nombre d’éclaircissements quant à la situation des agents qui composent le navire amiral.

Ainsi, 15 points avaient été envoyés à la direction, demandant des explications sur la situation du personnel transféré, l’application des nouvelles conventions d’entreprise et de nombreux autres sujets. L’absence d’organigramme précis est aussi pointée du doigt. “Aucune mesure n’a été prise par les différentes directions pour assurer la sécurité, pour protéger la santé mentale et physique de ses salariés, et surtout dans l’accompagnement des salariés dans le cadre du changement organisationnel”, exprime le syndicat.

Dans son courrier à la direction, la CSIP veut aussi dénoncer la nouvelle convention collective du 18 avril de cette année “qui ne reflète pas l’application de la convention OPT dans son intégralité, ni les accords de Vini. Les acquis sociaux de la convention OPT doivent être maintenus et perdurés, ainsi que ceux au sein de Vini.”

 

Bertrand Prévost

 

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