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Grève des pompiers : des centaines d’evasan suspendues ou menacées

vendredi 19 mai 2017

evasan tetia

Si les évacuations sanitaires les plus urgentes restent bien assurées par Air Archipels et l’armée, les evasan moins pressées sont fortement ralenties, ces derniers jours. (© archives LDT)


Sur le point d’être finalisé, un protocole d’accord pourrait être signé aujourd’hui entre les pompiers, en grève depuis lundi dans les aéroports du fenua, et leurs employeurs respectifs : Aéroport de Tahiti et la direction de l’aviation civile. Le syndicat CSTP-FO annonçait néanmoins hier soir, malgré l’avancée des négociations, que la grève serait reconduite aujourd’hui. Hier, les complications étaient nombreuses sur le terrain, aussi bien dans les domaines touristique que scolaire ou médical.

“Pour nous, c’est gênant. Très gênant.” Au-delà de Tahiti Tourisme, débordé (lire ci-contre), la direction de la santé est, elle aussi, bien embarrassée par la grève des pompiers qui bloque, depuis plusieurs jours, les aéroports du fenua.

La CSTP-FO promettait hier soir qu’un service minimum serait désormais assuré, mais Air Tahiti, de son côté, annonçait que la desserte des escales en Polynésie serait encore fortement perturbée aujourd’hui (lire ci-contre). De nombreux malades, coincés dans les îles, attendront donc encore leur evasan.

“Pour le moment, on les garde chez nous”, témoigne ainsi une responsable de l’hôpital de Nuku Hiva, aux Marquises, où les avions ne se sont plus posés ces derniers jours.

Le pronostic vital des patients qui devaient être envoyés au Centre hospitalier de la Polynésie française (CHPF) cette semaine n’est heureusement pas engagé. “Mais nos capacités de soins sont limitées, donc il est tout de même nécessaire qu’ils soient pris en charge à Tahiti”, reprend la responsable, en soufflant : “J’espère qu’un vol d’urgence serait débloqué si leur état venait à s’aggraver…”

À la direction de la santé, François Laudon confirme que les évacuations sanitaires urgentes, gérées par le Service mobile d’urgence et de réanimation (SMUR) du CHPF, ne sont pas affectées par l’actuel mouvement de grève.

“On déclenche environ 550 evasan urgentes par an, en utilisant les petits appareils d’Air Archipels, qui ont la capacité de se poser dans les aérodromes sans pompiers, ou plus rarement les moyens militaires, de nuit ou lorsqu’il n’y a pas de piste par exemple”, détaille le chargé de mission.

La vie des patients les plus gravement malades ne serait donc pas mise en danger par le conflit social des pompiers aéroportuaires. Les evasan vers l’Hexagone ou la Nouvelle-Zélande ne connaîtraient pas non plus de problème particulier pour le moment.

Les transferts sanitaires moins pressés, en revanche, sont fortement ralentis ces derniers jours.

“Pour ce deuxième type d’evasan, il peut s’agir de voir un spécialiste pour un rendez-vous de suivi ou de préparer un accouchement”, raconte François Laudon.

 

Des priorités établies

 

“On a une patiente étrangère qui était censée prendre l’avion pour être rapatriée en Australie, cite aussi en exemple notre interlocutrice de l’hôpital de Taiohae. Elle a eu un petit souci de santé pendant ses vacances, et maintenant elle est bloquée chez nous. On ne parle pas tous anglais, mais on s’est débrouillé pour lui faire comprendre pourquoi elle ne pouvait pas rentrer…”

Assuré en général par les vols réguliers d’Air Tahiti, le nombre de ces évacuations sanitaires programmées atteindrait de 25 000 à 30 000 par an, soit plus de 500 par semaine en moyenne.

Aujourd’hui menacées, voire suspendues par la grève, elles contraignent les équipes médicales à établir des priorités.

“Dans les îles, le praticien ou l’infirmier évalue, parfois avec l’avis du spécialiste de Tahiti contacté via Skype ou téléphone, la possibilité de différer le transfert sanitaire”, explique la direction de la santé.

Une “short list” de patients aurait d’ores et déjà été établie. “Dès qu’un avion décollera, ils seront prioritaires”, assure ainsi François Laudon.

Quelques cas auraient basculé directement dans la catégorie des urgences, occasionnant l’affrètement de vols spéciaux. Mais le SMUR ne peut être sollicité à chaque fois, l’evasan d’urgence coûtant en moyenne 300 000 F avec Air Archipels et 700 000 F avec l’armée.

“On prie donc pour qu’il y ait quelques vols réguliers dans les prochains jours, au moins le service minimal, glisse François Laudon. Mais si la grève perdure, et si elle se durcit, alors là…”

Marie Guitton

 

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