Grève des pompiers – René Bidal hausse le ton et prend de nouvelles réquisitions

    mardi 23 mai 2017

    René Bidal

    Hier soir, malgré l’annonce des nouvelles réquisitions par le haut-commissaire, on ne savait pas si les grévistes allaient reprendre le travail aujourd’hui. (© archives LDT)

    Au huitième jour du conflit qui oppose les pompiers à Aéroport de Tahiti (ADT), le haut-commissaire, René Bidal, a signé hier de nouvelles réquisitions, concernant une vingtaine de pompiers.

    Après la signature d’un accord, vendredi dernier, entre les pompiers des aéroports territoriaux et la direction de l’Aviation civile, les vols interîles sont progressivement revenus à la normale.

    “On a réussi à traiter tous les vols de la journée, assure Éric Dumas, directeur général d’ADT. Pour les vols de ce soir (hier soir, NDLR), on a prévu de recourir aux non-grévistes, ainsi qu’aux pompiers des îles.”

    Mais le conflit se poursuit entre les pompiers Aéroport de Tahiti et leur direction.

    Un accord aurait été trouvé sur la révision de l’accord d’établissement, mais les négociations ont achoppé, dimanche dernier, sur l’instauration de la prime réclamée par les grévistes.

    “La valeur qu’elle est censée rémunérer est déjà prévue dans le salaire de base. Si on les écoute, on rajouterait près de 50 % à leur salaire”, s’est indigné Éric Dumas.

    Dans un communiqué, René Bidal rappelle que l’État est garant d’un service minimum, notamment pour les évacuations sanitaires internationales.

    Il estime que les revendications financières des grévistes “peuvent être difficilement comprises par de très nombreux Polynésiens qui souffrent dans leur quotidien”, et que “le droit de grève n’a pas comme vocation de prendre en otage l’activité économique du pays, ni d’altérer durablement l’image qui est la sienne sur sa première économie, le tourisme”.

    René Bidal précise également qu’en accord avec le procureur de la République, “tous les moyens seront mis en œuvre pour que ces réquisitions soient respectées et exécutées”.

    Il rappelle aux grévistes que ne pas respecter une réquisition est passible d’une amende de 1,2 million de francs et de  six mois de prison, en plus du retrait d’agrément et de sanctions disciplinaires.

     

    Les médecins menacés de procédures judiciaires

     

    Et il prévient aussi les médecins : “Par ailleurs, je précise que la loi réprime également quiconque inciterait à contourner une réquisition. (…) Outre les actions menées par la CPS, je me réserve l’initiative des voies et moyens qui me permettent, directement ou indirectement, d’engager des procédures à l’encontre des médecins qui effectueraient des certificats de complaisance.”

    De son côté, le secrétaire général de O oe to oe rima, Atonia Teriinohorai, déclarait hier soir : “Qu’ils arrêtent de nous menacer ! La grève, c’est un droit. On ne lâche rien. On est d’accord pour trouver des solutions. On a fait nos propositions, maintenant on attend”.

    Ce matin en séance plénière à l’assemblée, on écoutera Sandra Lévy-Agami (Tahoera’a), qui ne recule pas devant l’emphase et qualifie de “terroriste” ce mouvement social, poser une question orale à la ministre du Tourisme, Nicole Bouteau : que compte faire le gouvernement pour que cette situation ne se reproduise pas ?

    Le statut des pompiers adopté en 2016 doit-il être revu ? Et, plus perfidement : “On apprend par les journaux que l’un des meneurs de cette grève n’est autre que le mari de la ministre du Tourisme. Des mesures seront-elles prises ?”

    C.P.

     

     

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