Grève des pompiers – Les vols internationaux perturbés

    mardi 16 mai 2017

    grève aéroport

    Tous les passagers en partance pour les îles ont pu embarquer. (© Élénore Pelletier)


    Depuis hier matin, la grève chez les pompiers de ADT est effective. Si les vols domestiques programmés en journée ont tous été maintenus, les vols internationaux n’ont pas connu le même sort. Les vols annulés hier soir ont été reportés à ce matin, entre 5 et 9 heures.

    Pour un premier jour de grève, la journée d’hier aura été plutôt tranquille, à l’aéroport de Tahiti-Faa’a.

    Tous les passagers en partance pour les îles ont pu embarquer et s’envoler pour leur destination sans problème.
    Certains d’ailleurs n’étaient même pas au courant qu’un  mouvement social était en cours.

    Devant l’aéroport de Tahiti-Faa’a, des tas de pneus et quelques banderoles de revendications entreposés vers les comptoirs internationaux laissait présager d’une grogne ambiante… Mais aucun sit-in du personnel. À se demander si une grève avait vraiment lieu ou si tout ce bazar avait été omis d’être enlevé.

    Par contre, c’est en soirée que la situation s’est corsée… les deux vols internationaux opérés par Air Tahiti Nui en provenance de Paris via Los Angeles et d’Auckland n’ont pu être programmé.

    Idem pour le vol en provenance de Santiago du Chili, via l’Ile de Pâques, prévu pour une arrivée à 1 h 20 du matin.

    Ces trois vols ont dû être reportés aujourd’hui, entre 5 et 9 heures du matin.

    Le mouvement social en cours oppose les pompiers des quatre aérodromes gérés par la société Aéroport de Tahiti (Tahiti-Faa’a, Bora Bora, Raiatea et Rangiroa) représentés par le syndicat O oe to oe rima et la direction d’ADT.

    Si le préavis de grève portait sur treize revendications, il semblerait qu’aujourd’hui deux  d’entre elles soient véritablement au cœur du conflit.

    D’une part, l’instauration de trois primes relatives à des missions que les pompiers réalisent depuis plusieurs années, en complément de leur salaire : une prime de prévention du péril animalier, une prime de d’inspection de l’air de mouvement  (c’est-à-dire de vérification de l’état des pistes) et  une prime de service de secours et de lutte contre les incendies des aéronefs (SSLIA).

    Primes dont bénéficient les pompiers de l’aviation civile qui dépendent de la fonction publique territoriale et que les pompiers d’ADT souhaitent également obtenir.

    “Les pompiers d’ADT font le même travail que ceux de l’aviation civile. Alors, pourquoi ils n’y auraient pas le droit  ? », lance Atonia Teriinohora’i, secrétaire général de O oe to oe rima.

    Du côté de la direction d’ADT, on ne comprend pas cette demande de prime en sus du salaire des pompiers.

     

    “Ils demandent à être payés une deuxième fois”

     

    “Ils demandent des primes pour faire leur travail ; ces primes étant réputées déjà intégrées dans leur salaire de base, ils demandent à être payés une deuxième fois”, estime-t-elle.

    Autre point épineux : l’accord d’établissement qui a été signé en 2014 et qui, selon les pompiers d’ADT, a été fait en leur défaveur. Ils demandent aujourd’hui la création d’un accord  spécifique qui leur soit dédiée ; chose à laquelle s’oppose fermement Éric Dumas, le directeur général d’ADT.

    “En ma qualité de directeur général d’une société de droit privé qui compte 200 salariés,  je ne peux pas décider de créer un accord d’entreprise qui ne soit destiné qu’à 15 % de l’effectif, tout ça parce que ces messieurs désirent avoir des avantages que les autres n’ont pas”.

    Pour le moment, les négociations semblent mal parties… voire au point mort.

    Samedi dernier, pour sortir de la crise, la direction de ADT avait proposé qu’une révision de l’actuel accord d’entreprise ( au lieu de la création d’un accord spécifique) soit faite, proposition qui a été rejetée en bloque par les pompiers.

    Hier, sur les 32 pompiers de ADT, 27 étaient absents.

    Vendredi dernier, le haut-commissaire avait pourtant lancé des réquisitions pour qu’un service minimum soit assuré.

    “Mais ces réquisitions ont été contournées par des arrêts maladie”, s’insurge Éric Dumas.

    Or, si un à deux pompiers suffisent pour assurer la sécurité d’un vol domestique, ils doivent être au nombre de cinq pour un vol international.

    Du côté de la compagnie aérienne Air Tahiti, aucun vol programmé n’a été impacté par la grève…

    Un autre préavis a été déposé par la CSTP-FO, cette fois à la direction de l’aviation civile.

    Elle pourrait être effective dès aujourd’hui avec de probables répercussions  sur l’ensemble des autres aérodromes du fenua.

    É.P.

     

    menace de grève

     

     

     

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