Grippe et dermatite du surfeur : deux menaces pour la santé publique

    mardi 10 janvier 2017

    santé grippe

    Retour du virus de la grippe : à vos mouchoirs ! (© Claude Jacques)


    Tous les ans, à la même époque, la santé de la population polynésienne est menacée par deux pathologies récurrentes qui n’ont pas la même origine ni même la même gravité, mais que la direction de la santé tente de juguler par des mesures de prévention. La première, la grippe, peut évoluer en épidémie et concerne la transmission de virus grippaux potentiellement dangereux pour quelques catégories de personnes sensibles. La deuxième, une dermatite qui touche essentiellement baigneurs et surfeurs, ne présente pas de forme grave. Des conseils de bon sens permettent cependant d’en éviter les désagréments.

    Les vacances scolaires de décembre-janvier peuvent être l’occasion, pour certaines personnes, d’un voyage en métropole où sévit actuellement une épidémie de grippe.
    L’occasion, également, sans même s’en rendre compte, de transporter l’un des virus qui sont à l’origine de cette maladie qui peut être grave dans certains cas.

    C’est l’une des raisons pour lesquelles, tous les ans, à partir du mois de janvier, le retour de ces voyageurs au fenua est à l’origine d’une flambée épidémiologique de ce type.
    L’année dernière, l’épidémie en France métropolitaine avait commencé plus tard. C’est pourquoi le pic constaté en Polynésie française avait correspondu au mois de mars.

    En 2017, cela risque de commencer plus tôt. “Il y a eu peut-être deux cas positifs aux urgences”, explique Sylvie Rolland, infirmière référente “vaccination” au sein du département “programmes de prévention” à la direction de la santé.
    “Mais il n’y a pas d’épidémie, actuellement, sur le territoire. On attend en revanche une augmentation du nombre de cas d’ici la semaine prochaine, suite aux retours des congés en métropole, où la grippe prend de l’ampleur en ce moment.”
    Et la transmission risque de se développer très rapidement avec la rentrée des classes. En conséquence, la direction de la santé rappelle que la campagne de vaccination commencée le 31 octobre dernier est toujours d’actualité.
    “Il y a des vaccins gratuits qui sont mis à la disposition de certaines catégories de population, qui sont les personnes fragiles : les personnes âgées, les personnes en affection de longue durée (maladies chroniques et autres), les femmes enceintes à tous les stades de la grossesse et les personnes très obèses avec un IMC (indice de masse corporelle, NDLR) au-dessus de 40.”

    Les personnels de santé sont aussi concernés ainsi que les personnes qui vivent dans l’entourage de personnes fragiles, par exemple des greffés, des vieillards ou des nourrissons fragiles… afin d’éviter de transmettre la maladie.
    Le vaccin préconisé en Polynésie, cette année, permet de lutter contre trois types de virus : concernant la grippe A – H3N2 (pour 80 % des cas) et H1N1 (pour 1 % des cas) – et la grippe B.  

    La dermatite du surfeur, une pathologie de saison chaude

     

    Une autre pathologie a aussi fait son apparition depuis quelques semaines. Ce sont quelque 90 cas de dermatite du surfeur qui ont été rapportés au bureau de veille sanitaire (BVS) entre la mi-décembre et le 6 janvier, une majorité étant signalés entre la pointe Vénus, à Mahina, et l’embouchure de la Papeno’o, sur la côte est de Tahiti.
    Mais des cas ont aussi été signalés sur la côte ouest, ainsi qu’à Moorea et Taha’a, y compris au-delà de la barrière de corail.

    Les personnes qui sont atteintes de la dermatite du surfeur sont en général des enfants et des jeunes adultes familiers de la baignade ou des surfeurs.
    La maladie se présente sous la forme d’éruptions sur la peau (d’où le terme dermatite) qu’en termes médicaux, on nomme “papuleuses prurigineuses”. En langage de tous les jours : des boutons et des démangeaisons.
    Ces éruptions rougeâtres sont liées à de petites lésions sur le tronc et à la racine des cuisses.

    Les premiers symptômes, souvent ressentis comme de multiples piqûres d’insectes, peuvent apparaître durant la baignade ou dans les douze heures qui la suivent. Généralement pas accompagnés de fièvre, ils peuvent néanmoins être associés à des frissons, des malaises, de la fatigue ou des maux de tête…
    Cette pathologie, qui n’est pas transmissible, est liée aux conditions biologiques de l’eau de mer à certaines températures. L’hypothèse la plus probable est que cette dermatite est causée par les toxines d’un micro-organisme (larves de méduses ou d’anémones de mer) dont les fortes chaleurs – en cette période de l’année – favorisent la multiplication.

    Il semble que le port de lycra ou de maillot de bain en nylon contribue à l’apparition de lésions par emprisonnement et frottement en maintenant les micro-organismes au contact de la peau. Le thorax et l’abdomen en contact avec la planche de surf sont les zones habituellement touchées.

     

    dermatite du surfeur

     

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    C.J.

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