Guerre de pensions de famille à Taha’a

jeudi 22 janvier 2015

Les gérants de deux pensions de famille, basées sur l’île de Taha’a, se livrent à un bras de fer, chacun accusant l’autre de pratiques déloyales. Roberto a ouvert son établissement en octobre dernier et estime que ses concurrents, mais aussi l’Association
des hôtels de famille, lui mettent “des bâtons dans les roues”. Ce que démentent les mis en cause.  Le GIE Tahiti Tourisme, lui, estime qu’il n’a pas à jouer “les médiateurs” entre les deux parties.

Le touriste se fait rare et, par effet boule de neige, la concurrence est rude chez les professionnels du tourisme. À Taha’a, l’ambiance est pour le moins tendue entre les gérants de deux pensions de famille, dont l’un d’eux a ouvert son établissement au mois d’octobre dernier, trois mois après avoir posé ses valises au fenua. Roberto, c’est son prénom, estime que son concurrent direct, mais aussi la présidente de l’Association des hôtels de famille de Tahiti et ses îles, lui met des “bâtons dans les roues”.
Les choses ont débuté, selon lui, au mois de septembre dernier à l’occasion du Salon du tourisme, auquel il a participé in extremis. “On a tardé à m’inscrire, car il y avait des plaintes de Melinda Bodin – la présidente de l’association, NDLR – et des gérants de l’autre pension. Le fait que je m’installe à Taha’a les gêne. Madame Bodin est venue sur l’île aux frais de l’association un jour où je n’étais pas présent. Ils ont pris des photos de ma pension. C’est une violation de propriété privée. Je ne sais pas quel était le but. Peut-être de dire au Salon du tourisme que je n’étais pas ouvert”, s’agace-t-il.

“Comportement lamentable”

L’intéressé affirme, en outre, être dénigré auprès de potentiels clients par le couple de gérants de la pension concurrente : “Ils disent que je ne connais rien à la Polynésie, que je suis venu ici pour faire de l’argent. Quand ils me croisent à Taha’a, ils m’insultent. J’ai tout de même investi 84 millions de francs. Je trouve ce comportement lamentable. Madame Bodin aurait, quant à elle, pu me contacter pour discuter. On ne vient pas comme ça chez les gens sans leur accord. Ce sont des gens comme ceux-là qui font du tort au tourisme.” Roberto a donc décidé de porter plainte auprès de la gendarmerie pour violation de propriété privée et a saisi le GIE Tahiti Tourisme.
Du côté de la partie adverse, on dément catégoriquement toute entreprise de sape : “Il pense que c’est nous qui ne voulons pas qu’il s’installe, mais ce n’est pas du tout le cas. On ne cherche pas à lui faire des ennuis. Le problème remonte au dernier Salon du tourisme. La réglementation dit que l’on ne peut être présent que si la pension est ouverte. Melinda Bodin voulait savoir si c’était le cas. On a juste fait le taxi pour elle. Melinda a fait l’erreur de prendre deux ou trois photos. Mais ce n’était pas une violation de propriété. On a fait dix mètres dans le chemin”, se défend le gérant de la seconde structure qui demande l’anonymat.
Et celui-ci d’accuser à son tour son concurrent de pratiques déloyales : “Sur son site Internet, il a utilisé des photos de bungalows qui ne sont pas les siens. Il se croit tout permis. Son but est, selon moi, de nous démolir avant le prochain Salon du tourisme”. Lui aussi a donc porté plainte : pour publicité mensongère et diffamation.

“Régenter l’île de Taha’a”

Quant à Melinda Bodin, elle explique que les photos prises par ses soins “n’ont jamais été divulguées”. “Je les ai effacées de mon appareil”, affirme-t-elle. Puis d’ajouter : “Moi, je joue mon rôle de présidente de l’Association des hôtels de famille de Tahiti et ses îles. Personne ne lui met de bâtons dans les roues. Tout ce que l’on demande, c’est que tout le monde soit respectueux de la réglementation. Or, ce monsieur a voulu vendre des chambres au Salon avant même que sa pension soit ouverte. Il arrive et il veut presque régenter l’île de Taha’a”. Au GIE Tahiti Tourisme, un cadre souligne que Roberto était bel et bien en droit de participer au dernier salon, car même si sa structure n’était pas totalement opérationnelle à cette période, il disposait d’une chambre d’hôtes : “Nous avons accepté sa présence à condition qu’il ne vende que cette dernière”. Pour le reste, le GIE dit ne pas avoir pour vocation de jouer “le médiateur entre les pensions”. “Nous ne pouvons pas intervenir. Notre mission, c’est la promotion de la destination, pas de régler ce genre de problèmes qui, au fond, desservent les deux parties”.
Il risque d’y avoir de l’électricité dans l’air dans l’espace dédié à l’île de Taha’a lors du prochain Salon du tourisme, qui ouvrira ses portes dans une quinzaine de jours. À moins que la hache de guerre ne soit enterrée d’ici là.

J-B.C.

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