Guerre de tranchées pour une parcelle de terre

    samedi 2 avril 2016

    Encore un problème de terres en Polynésie. Cette fois, c’est un terrain de Faa’a, situé sur les hauteurs du lycée professionnel, qui est au cœur d’une polémique, depuis sept ans. D’année en année, la situation se dégrade et le climat du quartier devient de “plus en plus chaud”. Ces trois derniers mois, de violents affrontements ont lieu entre deux familles : la famille Gatien d’un côté, la famille Tevaatua de l’autre, cousine de celle de Joinville Pomare.
    Chacune, par la force, tente de faire reconnaître ses droits de propriété sur un terrain situé sur les terres Tetia Pura et Nanai Tai.
    La famille Gatien soutient que cette terre appartient à ses ancêtres et détient pour preuve un tomite daté de 1852, ainsi qu’un document généalogique. “Depuis cette date, la famille a occupé la terre, et c’est la généalogie, qui rattache les enfants Gatien à celle-ci”, affirme Heller Vatea, porte-parole de la famille.
    Il y a un peu plus de sept ans, les Gatien expliquent qu’une famille, selon eux “illégitime”, a été installée sur ses terres.
    “Cette famille, une fois établie, a commencé à agrandir son terrain, en utilisant l’agriculture. À l’origine, elle occupait 1 000 m2, elle en revendique aujourd’hui plus de 4 000 m2”, ajoute Heller Vatea. La famille Tevaatua possède, elle, des actes de propriété, tamponnés par le cadastre. Selon la famille Gatien, ces actes de propriété sont des “faux”. Ils dénoncent “une mafia qui utilise les failles du code civil pour s’approprier les terres”.
    “La famille qui est installée n’a aucun lien avec la terre, mais possède des actes de propriété, tamponnés par le cadastre (…) S’il y a des papiers tamponnés par le cadastre, c’est qu’il y a des tampons qui se baladent… La terre est toujours enregistrée au cadastre en indivision. Ce qui relie les générations à la terre, c’est leur généalogie. Ce n’est pas possible de revendiquer une terre de 4 000 m2 sur une terre indivise”, explique la famille Gatien.
    Joinville Pomare, porte-parole de la famille Tevaatua, assure que le terrain lui appartient. “La haute cour tahitienne a attribué ces terres à mon ancêtre direct. J’ai des titres de propriété qui datent de 1876. Les Gatien n’ont pas de titre et interprètent une généalogie qui n’est pas la leur”, affirme-t-il. Ce n’est d’ailleurs pas 4 000 m2 de terre que Joinville Pomare revendique, c’est cinq hectares et demi de terrain. “Tous ceux qui sont dessus sont des squatters : les Gatien et tous les autres qui se sont autoproclamés propriétaires de la terre”, assure-t-il. Bref, un sac de nœud, et chacun reste campé sur ses positions.
    “Le code civil a été appliqué ici sans tenir compte des particularités de la Polynésie. Et, aujourd’hui, notre problème, c’est que la gendarmerie, qui n’a pas de compétence en matière foncière, est juste là pour faire maintenir l’ordre. Le tribunal foncier est complètement incompétent pour régler les problèmes de terrains en Polynésie. Le Pays qui possède la plupart des généalogies pourrait dénouer les problèmes, mais il refuse de le faire”, se désole Heller Vatea. Les forces de l’ordre sont intervenues à plusieurs reprises ces derniers mois, mais la situation empire, avec chaque fois, un peu plus de monde qui se mêle aux bagarres.
    Plusieurs plaintes ont été déposées des deux côtés. À la gendarmerie, on assure qu’une enquête est en cours pour identifier les auteurs des diverses infractions commises jusqu’à maintenant. Et on reste sur le qui-vive pour éviter que cette histoire de terre ne se transforme en véritable guerre de tranchées.

    É.P.

    Vahine 2016-04-04 17:24:00
    il faut saisir la commission de conciliation obligatoire en matière foncière. Le cadastre n'est pas un titre de propriété. Seul le juge pourra trancher en fonction des titres de propriété, généalogie ou occupation de 30 ans
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