Guy de Saint-Cyr est un « chasseur de lave »

    mercredi 8 octobre 2014

    Profession : « chasseur de lave ». Depuis plus de cinquante ans, Guy de Saint-Cyr organise des voyages sur les volcans en éruption. Il a eu le temps de se faire de grosses frayeurs mais garde un enthousiasme intact pour parler de sa passion. Son livre de souvenirs, D’un volcan à l’autre, qui vient de paraître aux Éditions de la Martinière, raconte dix-sept de ses expéditions choc, pleines de sensations fortes.
    Guy de Saint-Cyr, 74 ans, est tombé amoureux des volcans à l’âge de 18 ans, sur les pentes du Stromboli en Italie. Après des études de géologie, il commence à accompagner des groupes à la découverte de la lave en fusion. « Je n’ai jamais voulu travailler dans un laboratoire », explique-t-il à l’AFP. « Je voulais voir le maximum d’éruptions », déclare celui qui se définit comme un guide volcanologue. 
    Son agence de voyages Aventure et Volcans, créée en 1983 et basée à Lyon, propose des voyages sur les volcans du monde les plus spectaculaires. Et lorsque l’un d’entre eux se fâche vraiment, Guy de Saint-Cyr monte une expédition dans l’urgence.
    « J’ai une liste de 350 personnes dans le monde qui ont leur sac à dos toujours prêt pour pouvoir partir très vite. Il y a parmi eux des professions libérales, des chirurgiens, des architectes. Et autant de femmes que d’hommes », indique-t-il. L’expédition revient entre 1 200 et 2 000 euros.
    « Je ne le fais pas pour de l’argent. Mon bonheur est de partager la joie que j’éprouve devant les volcans. Les gens pleurent parfois d’émotion devant ce spectacle sublime », dit ce guide qui a fait plusieurs films pour la télévision, notamment avec la chaîne Arte.
     

    « Une chance inouïe »

    Guy de Saint-Cyr a déjà eu l’occasion d’être confronté à des nuées ardentes, charriant des cendres et des rocs. La dernière fois, c’était le 5 novembre 2010, sur le volcan Merapi en Indonésie. Le guide intrépide venait d’arriver de Paris avec un groupe de douze personnes. Soudain une titanesque avalanche pyroclastique – mélange de gaz, de vapeur d’eau et d’éléments solides – dévale la montagne. La chance leur sourit. Les aventuriers échappent de peu à la coulée mais celle-ci fauche 160 villageois. Auparavant déjà, il y a eu cette expédition au Kamtchatka (Russie) sur le volcan Karymsky. Le 18 juillet 1999, Guy de Saint-Cyr et son groupe sont épargnés de justesse par une coulée ardente. « Des tornades de cendres nous giflent (…) Il pleut du gris. Il pleut de la roche pulvérisée », raconte-t-il. « Quelquefois, j’ai fait des erreurs. On ne peut pas tout prévoir. Les participants savent qu’il y a un risque. Mais il n’y a jamais eu d’accident directement lié aux volcans », assure-t-il.

    Une fois, une personne a fait une chute mortelle de nuit en sortant de sa tente perchée en hauteur. Et une jeune femme, qui s’était éloignée du groupe, a mystérieusement disparu dans le désert éthiopien. Un drame pour le guide.
    Guy de Saint-Cyr a transmis à sa famille sa « déraisonnable passion » pour les volcans. Épouse, fils, fille, petit-fils ont attrapé le virus. Avec sa femme et ses enfants, il a eu « la lave sur les talons », lors d’une expédition à Hawaï en 1991. « J’ai eu une chance inouïe. Je devrais être mort plusieurs fois », dit-il.
    « Mais je continue à gravir les volcans. J’ai besoin de cela pour vivre », poursuit Guy de Saint-Cyr qui passe huit mois par an en voyage sur les volcans du monde. « Je monte moins vite qu’avant. Mais dès que j’aperçois une pointe de rouge, je n’ai plus mal nulle part », confie en riant le septuagénaire.
     
    (« D’un volcan à l’autre » par Guy de Saint-Cyr. Editions de la Martinière. 331 pages. 19 euros).

    AFP

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