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GUYANE – Le collectif rejette le plan du gouvernement et demande 2,5 milliards d’euros

lundi 3 avril 2017

guyane

Des représentants du Collectif de Guyanais avant de rencontrer la ministre des Outre-Mer, hier. (Photo : Jody Amiet/AFP)

La perspective d’un déblocage rapide s’éloigne en Guyane. Le collectif auquel le gouvernement avait notamment proposé un engagement de plus d’un milliard d’euros, pour trouver une issue à deux semaines d’un mouvement social inédit, a rejeté le plan hier.

“Nous exigeons 2,5 milliards d’euros tout de suite”, a lancé Olivier Goudet, un porte-parole du collectif, depuis le perron de la préfecture à Cayenne, où la ministre des Outre-mer Ericka Bareigts recevait la délégation. Les centaines de personnes massées en contrebas ont immédiatement réagi par des cris de joie.

À moins de trois semaines du premier tour de l’élection présidentielle, la ministre, qui comptait rentrer prochainement à Paris, les avait exhortés plus tôt à rapidement “graver dans le marbre le travail” engrangé “ensemble” après la présentation d’un document en cinq points.

“La ministre fait comme si elle ne savait pas que nous avons 50 ans de retard, qu’on subit, que nous voyons de la misère dans notre pays. Nous allons lui montrer”, s’est encore exclamé Olivier Goudet, par ailleurs porte-parole des 500 frères contre la délinquance, un mouvement très populaire dont les membres marchent encagoulés. “Demain, tous les barrages seront fermés”, a-t-il affirmé quelques instants plus tard devant la presse, menaçant ainsi d’un raidissement de la mobilisation.

Le gouvernement compte maintenir son plan d’urgence de 1,085 milliard d’euros annoncé samedi. Il “répond aux préoccupations prioritaires exprimées par les différentes parties prenantes regroupées en collectifs, notamment en ce qui concerne l’éducation, la sécurité, la santé ou la commande publique”, selon un communiqué d’Ericka Bareigts.

Des accords sectoriels ont également été conclus notamment sur “l’économie”, “l’agriculture”, “le BTP”, “les activités minières” ou encore “les communautés amérindiennes et bushninengue”, déclare encore la ministre.

Le ministre de l’Intérieur, Matthias Fekl, déjà reparti pour Paris où François Hollande le recevra lundi matin, avait estimé samedi dernier que “le gouvernement [avait] entendu les aspirations et les demandes des Guyanais”. Il avait listé une série de “décisions fermes et sans appel” et affirmé que les 428 revendications du collectif avaient été “passées en revue, expertisées”.

Le message du collectif de Guyanais est “que c’est pas mal, mais que ce n’est pas encore assez”, a commenté Mickaël Mansé, autre porte-parole des 500 frères. “La fusée restera au sol tant que la Guyane ne décollera pas”, a-t-il lâché.

Une manifestation a été annoncée dans la foulée demain à 9 heures (14 heures à Paris) à Kourou, près du site de lancement des fusées Ariane.

“Nous avions obtenu l’essentiel de nos revendications, mais nous avons décidé de rester solidaires”, a déclaré pour sa part le porte-parole du Medef de Guyane, Stéphane Lambert.    

 

AFP

 

 

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