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La Guyane vit au ralenti

lundi 27 mars 2017

guyane

Une quinzaine de barrages routiers ralentissent la vie économique de la Guyane depuis jeudi dernier. (Photo : Jody Amiet/AFP)

La Guyane, touchée par un vaste conflit social, vivait toujours hier au ralenti, à la veille d’une grève générale lancée par les syndicats, le gouvernement dénonçant “l’instrumentalisation” de la crise par des candidats à la présidentielle, dont François Fillon.

Air France a annulé ses vols vers Cayenne hier et aujourd’hui et Air Caraïbes pour aujourd’hui. Une quinzaine de barrages routiers ralentissent la vie économique depuis jeudi dernier, dans ce territoire ultramarin d’Amérique du sud qui compte plus de 250 000 habitants.

Une levée transitoire des barrages a toutefois été décidée hier pour permettre aux Guyanais de se ravitailler. Les commerces ont partiellement ouvert.

En pleine campagne présidentielle, et malgré l’arrivée d’une mission interministérielle pour “dialoguer”, 37 syndicats réunis au sein de l’Union des travailleurs guyanais (UTG) ont voté samedi dernier à la quasi-unanimité la “grève générale illimitée” pour aujourd’hui.

Hier, le leader du LKP guadeloupéen Elie Domota, qui avait tenu un rôle moteur lors de la grève générale dans les Antilles françaises en 2009, a apporté son soutien au mouvement, a indiqué le secrétaire général de l’UTG, Albert Darnal.

Soutenus par la classe politique locale, des groupes très disparates nés en quelques jours conjuguent désormais leurs forces sous la bannière du “collectif pou la Gwiyann Dekolé” (“pour que la Guyane décolle”, en créole guyanais). Le collectif est composé de citoyens contre l’insécurité et pour la santé, et de représentants de près d’une vingtaine de professions. Ils demandent “un plan Marshall”.

Les Guyanais exigent d’être “enfin entendus” pour améliorer la prise en charge sanitaire, favoriser le tissu économique, la desserte en courant électrique, pour faire baisser le chômage et la déscolarisation qui touche les jeunes.

“Le gouvernement doit répondre rapidement à ces attentes”, a déclaré la ministre de l’Environnement Ségolène Royal, récemment allée sur place et se disant “impressionnée par la justesse de ces attentes”.

Les financements publics extérieurs, l’État et les institutions publiques représentent près de 90 % du PIB de la Guyane.

“J’entends les Guyanais”, a assuré la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts, qui a cependant remis une éventuelle visite. “On pourra aller en Guyane lorsque les conditions seront réunies et que les choses auront bien avancé”, a-t-elle déclaré.

La délégation mandatée par le gouvernement et la préfecture demandent aux manifestants de leur remettre un “cahier de revendications”.
Mais 13 des 22 maires de Guyane ont exigé “la venue des ministres et refusent de rencontrer la mission interministérielle”. Une position partagée par le collectif pou la Gwiyann Dekolé.

Pour commencer à répondre aux demandes, Jean-François Cordet, un ancien préfet de Guyane qui pilote la délégation, a annoncé la mise en place d’un scanner à l’aéroport pour lutter contre le trafic de drogues, ainsi que l’accélération du versement des aides européennes.

À moins d’un mois du premier tour de la présidentielle, les candidats et leurs équipes se sont saisis du conflit.

“La violence jamais”, mais les Guyanais ont “raison” de ne pas vouloir rencontrer la mission, a jugé François Baroin, soutien de François Fillon et ancien ministre de l’Outre-Mer, qui considère que le gouvernement les traite “par le mépris”.

Marine Le Pen (FN) a dénoncé le “service cruellement minimum” des gouvernements successifs vis-à-vis de la Guyane, tandis que Nicolas Dupont-Aignan (Debout La France) pointait “la démission de l’État”.

“Cette situation est la conséquence de l’échec de la politique de François Hollande”, a accusé François Fillon (LR).

“Nous ne saurions tolérer l’instrumentalisation d’une crise sociale, ni à des fins de trouble à l’ordre public, ni à des fins électoralistes”, ont dénoncé hier soir dans un communiqué commun Ericka Bareigts et le ministre de l’Intérieur Matthias Fekl à l’issue d’une réunion de travail à Matignon avec Bernard Cazeneuve. Ils visaient notamment Marine Le Pen et François Fillon.

Hier soir, Benoît Hamon (PS) a jugé dans un communiqué que la Guyane avait “le droit à l’égalité et à la sécurité”.

“Un dialogue fécond doit s’établir entre le mouvement social et les représentants de l’État pour arriver à la définition d’un plan de rattrapage ambitieux et concret pour la Guyane”, a-t-il plaidé.

 

AFP

 

 

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