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Son habitat désormais préservé, le tutururu devrait être sauvé

jeudi 22 juin 2017

deratisation

Il ne reste plus que 200 tutururu sur l’ensemble de la planète. À gauche, le mâle, à droite, la femelle. (© Photos : Island Conservation)


La gallicolombe érythroptère, appelé localement le tutururu figurait parmi les oiseaux menacés d’extinction, classés sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). On recensait seulement 200 spécimens sur les îles Acteon et aux Gambier, alors que le tutururu était autrefois répandu dans le Pacifique. Une mobilisation d’envergure internationale, menée sur deux ans, a porté ses fruits avec un succès des opérations sur cinq îles : l’habitat des oiseaux est désormais préservé.

C’est une excellente nouvelle pour la Polynésie, mais aussi pour la santé, souvent menacée, de notre planète et de sa biodiversité.
Un signal d’espoir qui démontre que la disparition d’une espèce en voie d’extinction peut encore être sauvée et préservée.

C’est le cas de la gallicolombe érythroptère, appelé localement le tutururu. Avec seulement 200 spécimens recensés sur les îles Acteon et aux Gambier, alors qu’il était autrefois répandu dans le Pacifique, il a été classé sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) comme une espèce en danger critique d’extinction. Le bouleversement des équilibres naturels, qui a débuté avec l’arrivée des humains sur ces îles au XVIe siècle amenant avec eux des plantes et mammifères menaçant la faune et la flore locale, en sont à l’origine. Peu à peu atolls et îles ont été envahis par les rats, les lapins et les chèvres.

 

Épandages de raticide

 

Ce n’est désormais plus le cas sur cinq îles : Vahanga, Tenarunga, Temoe, Majkaroa et Manui. Le résultat d’un travail de longue haleine et d’une envergure inégalée dans la région menée par les organisations non-gouvernementales BirdLife International et son partenaire polynésien SOP Manu, ainsi que de Island Conservation.

Le support du gouvernement et celui des propriétaires et habitants des atolls à proximité auront été nécessaires pour mener une opération dans ces îles parmi les plus reculées auxquelles il faut ajouter Kamaka où, en revanche, les résultats n’ont pas été concluants.
Il aura ainsi fallu deux ans pour planifier cette opération, trois navires transportant des centaines de tonnes d’équipement et le travail de 31 personnes pour obtenir un résultat enfin constaté au mois d’avril.
“D’importantes missions de surveillance en avril confirment le succès des opérations sur cinq des six îles”, confirme le docteur David Beau, directeur de SOP Manu. “C’est un accomplissement écologique énorme qui fournira une solution permanente au déclin des espèces natives dû à la prédation et à la concurrence des espèces invasives.”

Pour parvenir à ce résultat, un hélicoptère a notamment réalisé des épandages de raticide, sans danger pour les espèces endémiques, de poissons notamment, tandis que les plantes invasives étaient éradiquées des sols.
“Le projet a plus que doublé l’habitat sécurisé tant pour la gallicolombe érythroptère que pour le chevalier des Tuamotu  (localement connu sous le nom de titi), un oiseau terrestre menacé au niveau planétaire”,  se réjouit Stev Cranwell, responsable de la lutte contre les espèces invasives à BirdLife International.  “Les îles ont l’air de revivre avec une nouvelle végétation abondante, et maintenant, les deux oiseaux se sont établis et se multiplient sur l’île de Tenarunga, chose impossible depuis des décennies.”

Ces opérations ont donc profité au tutururu, au titi, mais devraient sauver d’autres espèces en danger comme l’océanite à gorge blanche (kaotai), au courlis d’Alaska (kivi), au ptilope des Tuamotu (koko), et le pétrel de Murphy (e’upo), mais aussi aux tortues.
“Maintenant, nous devons augmenter le nombre de ces oiseaux, en transférant de petites populations dans les îles où ils étaient historiquement présents – une méthode efficace de conservation qui a déjà fait ses preuves en Polynésie”, explique le Dr Beaune. “Les réintroductions de tutururu et de titi sont à l’étude à Temoe, tout comme l’attraction, sur ces îles sans prédateurs,  d’oiseaux marins en danger telle  l’océanite à gorge blanche.”

La population largement impliquée dans cette opération notamment en s’abstenant de manger du poisson durant l’épandage de raticide, bénéficie déjà des effets bénéfiques.
La production de coprah y a doublé, et les perspectives d’un développement de l’écotourisme peuvent nourrir l’espoir des personnes sur place.

 

F.C.

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