Habitat Polynésien projette la construction de 400 logements en 2016

    vendredi 13 novembre 2015

    Afin de permettre l’accès à la propriété des ménages, la Banque de Tahiti, avec l’appui du groupe BPCE (Banque Populaire, Caisse d’Épargne), a souhaité accompagner la Polynésie française sur le marché du logement avec la création d’Habitat Polynésien pour répondre aux défis du logement des Polynésiens. 
    Ce nouvel opérateur local bénéficiera de l’expertise d’Habitat en Région, la structure du groupe BPCE spécialisée dans le logement social représentant près de 210 000 logements en France. 
    En tant qu’organisme de logement social agréé par le Territoire, Habitat Polynésien pourra ainsi accéder au dispositif incitatif de défiscalisation métropolitaine pour les logements sociaux outre-mer qui n’a encore été que très peu sollicité par la Polynésie française, faute de projets et d’opérateurs structurés. 
    La société Ingepar, filiale de BPCE International, se chargera par ailleurs d’obtenir les agréments fiscaux et les aides fiscales métropolitaines. 
    Celles-ci, adossées à l’aide du Pays, permettront d’offrir des logements de qualité dans le cadre d’un parcours résidentiel d’accession à la propriété par des ménages limités par leurs revenus et qui ne peuvent aujourd’hui se loger sur le marché libre.

    Un budget de 10 milliards de francs

    Habitat Polynésien projette donc de lancer dès 2016 la construction de 400 logements pour un budget avoisinant les 10 milliards de francs avec une livraison prévue vers le mois d’octobre 2017. 
    Pour Patrice Tépélian, directeur général de la Banque de Tahiti, cette implication de la banque au tiare permettra de relancer le BTP, et d’une certaine mesure l’économie, en créant de nouveaux emplois qui favoriseront la consommation. 
    “Nous achèterons les programmes des promoteurs locaux, ou plus précisément des parties de programmes afin de favoriser la mixité au sein de ces projets. Aujourd’hui, il ne manque plus que l’écriture des derniers textes pour pouvoir réellement démarrer ce formidable enjeu social, mais aussi économique puisque la construction de ces 400 logements en 2016 va nécessairement créer des emplois et donc faire rentrer des cotisations au niveau de la CPS qui permettront d’apporter de l’oxygène à la caisse de retraite et à celle de la maladie.”
    Pour Patrice Tépélian, la notion de logement social entre dans un cadre légal et s’apparente en l’occurrence à des logements intermédiaires. 
    “Lorsque nous disons logements sociaux, il faut savoir que ceux-ci sont régis par des textes précis qui stipulent que les bénéficiaires de ces logements disposent de revenus compris entre deux et trois Smig. 
    Nous ne sommes pas un opérateur public qui dispose de subventions lui permettant de financer des programmes sur des personnes qui ne pourraient pas payer leur loyer. 
    Notre cible concerne les jeunes couples qui disposent plutôt de deux Smig, voire trois au maximum, et qui entrent dans le cadre des logements intermédiaires, ceux-ci étant toutefois considérés aux termes de la loi comme des logements sociaux. 
    Cette disposition permettra par ailleurs aux promoteurs d’être beaucoup plus à l’aise dans la commercialisation de leur projet puisque nous leur achèterons au moins la moitié de leur programme avant la pose de la première pierre.”
    Le prix des loyers de ces logements intermédiaires sera inférieur à celui du marché selon Patrice Tépélian. 
    “À titre d’exemple, il faudra compter un loyer de 66 000 F pour un F2 contre 96 000 F sur le marché. 
    Les locataires auront la possibilité d’acheter leur appartement à partir de la 6e année de loyers pour un prix lui aussi inférieur au marché puisqu’il faudra compter 13 millions de francs pour ce type de bien contre 19 millions de francs sur le marché. 
    Cette différence de prix s’explique par le fait que nous percevons un certain volume d’aides qui nous permet d’abaisser le prix de revient des logements. 
    Le locataire bénéficie donc immédiatement de la défiscalisation qui nous a été accordée. Il ne sera donc jamais perdant puisque s’il n’arrive pas à se porter acquéreur de son logement, il continuera à payer un loyer inférieur au marché, et s’il se porte acquéreur, il achètera un bien en dessous du marché.”
    À noter que pour les accidents de la vie, perte de revenus due à une perte d’emploi par exemple, un fonds de garantie a été prévu pour permettre, “pour une période courte”, de subvenir provisoirement au paiement des loyers. 

    Pascal Martin

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