Editorial
“Il me semble que la misère serait moins pénible au soleil”, chantait Charles Aznavour. Pas sûr qu’il ait raison... Certes, il est difficile de mourir de faim sous le ciel polynésien, tant la nature se montre généreuse en cocos, mangues, papayes, etc. Mais combien de familles en sont toutefois réduites au cafépain- beurre en lieu et place d’un véritable repas ? Impossible également de mourir de froid comme dans les grandes villes de métropole, et c’est une chance, mais cela ne doit pas occulter le fait que de plus en plus de couples vivent dans des voitures pour éviter de dormir entassés à neuf ou dix personnes dans un seul et même fare.
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Editorial
Tandis que les élus du Pays se prenaient le bec mais au sec, samedi à l’Assemblée de Polynésie française à propos de la loi Morin, dehors leurs administrés tentaient de garder leur calme, les pieds dans l'eau. La nuit a été terrible pour de nombreux Polynésiens qui se sont réveillés les pieds dans la boue. À Tipaerui, deux familles assistaient impuissantes à la destruction de leur fare. Photos, jouets, cahiers d’écolier, ma’a, vêtements... le fruit d’une vie s’effondrait sous la puissance d’averses torrentielles.
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“Une situation typique de la saison des pluies, mais une intensité remarquable.” C’est ainsi que les services de Météo France ont qualifié les fortes précipitations de ces dernières heures. Hier matin, en tout cas, les habitants de l’agglomération de Papeete ont été surpris pas les inondations. Crues de rivières, routes et fare inondés, éboulements et glissements de terrain... La ville était paralysée toute la journée, les services municipaux et territoriaux rapidement débordés. Les pompiers ont reçu plus de 300 appels. Les sols fragilisés et gorgés d’eau se sont transformés en marée boueuse, qui a investi les quartiers. À Papeete, en plein centre-ville, on pataugeait avec de l’eau jusqu’aux genous, la voierie a souffert aussi. A Tipaerui, une maison s’est effondrée et 63 habitants sont hébergés. Faa’a aussi a été particulièrement touchée. L’aéroport a été paralysé plusieurs heures. Selon les dernières informations, pas de victimes, mais cela reste provisoire.
Décidément, les caprices du ciel n’épargnent pas la Polynésie française, cette année. Après Oli et le tsunami, voici les fortes pluies. Les premières victimes sont, comme toujours, les familles les plus modestes, logées dans de frêles fare. Nous avons rencontré des sinistrés, à Mahina et Papeete, notamment, qui témoignent. Lire notre dossier complet, page 17 à 22.
Pour aujourd’hui, une seule consigne des autorités : évitez de se déplacer, et surtout de surfer dans les eaux des rivières, comme on a pu le voir hier, à la Fautaua... La pluie devrait progressivement s’affaiblir dans l’après-midi, mais prudence car l’amélioration n’est réellement attendue que demain.
Claire Chunlaud
Numéros d’urgence mis en place par le territoire : 46.83.06, 46.83.07, 46.83.08, 46.83.09 |
Editorial
C’est une drôle d’histoire que nous a raconté, cette semaine, notre correspondant John Hiongue. Samedi soir, en effet, alors que s’éteignaient les lumières du dernier bal du Liou Fong, un groupe d’individus est arrivé au restaurant, pour s’intéresser – déjà – aux chaises et autres mobiliers du lieu. Des chaises qui, au passage, si elles pouvaient raconter tout ce qu’elles ont vu pendant toutes ces années de bringues jusqu’au bout de la nuit… Le ton est monté, paraîtil, avec les gérants de l’ex-Liou Fong, et la DSP a été appelée pour calmer les esprits.
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Editorial
Rien de bien formidable dans l’actualité polynésienne : la ronde des perturbations météo continue dans le ciel du Pacifique Sud — celle au nord de Rapa s’étant notamment creusée à 997 Hpa — et le King Tamatoa, lui, reste à quai. La polémique continue par contre, avec désormais le forcing de Bill Ravel pour obtenir tout ce qu’il désire des politiques. Et vous tous qui rêvez d’aller passer le week-end dans les îles avec votre voiture pour 6 500 Fcfp, ou qui rêvez de venir des îles jusqu’à Tahiti pour voir la famille, vous avez sans doute comme l’impression d’être pris en otage par ces querelles interminables.
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