Hausse de la note Standard & Poor’s : “C’est la consécration de trois années d’efforts”

    mardi 10 mai 2016

    L’agence américaine de notation Standard & Poor’s a annoncé, vendredi dernier, avoir redressé la note de la Polynésie française de BB+ à BBB-, avec une perspective stable. Nuihau Laurey, vice-président du Pays et ministre du Budget et des Finances, explique être “très satisfait de cette situation” parce qu’il s’agit de “la consécration de trois années d’efforts budgétaires et financiers, qui ont été mis en œuvre par les gouvernements qui se sont succédé depuis mai 2013”.

    Standard & Poor’s a relevé la note de la Polynésie de BB+ à BBB-. Qu’est-ce que cela représente pour le gouvernement et plus largement pour le pays ?
    C’est très positif parce que c’est la première fois que Standard & Poor’s relève la note de la Polynésie. On a commencé à être noté en 2000, donc ça fait 16 ans. Le Pays était noté A-, et puis on a dégringolé pour diverses raisons financières et budgétaires. Donc c’est la première fois que cette note est relevée, et c’est surtout la consécration de trois années d’efforts budgétaires et financiers, qui ont été mis en œuvre par les gouvernements qui se sont succédé depuis mai 2013, donc on est très satisfait de cette situation. On l’est parce que ça permet au Pays d’obtenir beaucoup plus facilement des financements extérieurs à des conditions beaucoup plus avantageuses en taux d’intérêts ; et deuxièmement, on l’est parce que ça donne un signal positif aux investisseurs étrangers pour venir en Polynésie.

    Où en sont les finances du Pays depuis que ce gouvernement est en place ?
    Standard & Poor’s, par ce relèvement de la note, consacre une amélioration très sensible de la situation budgétaire. On a une situation de liquidités qui est considérablement améliorée. On a un accès aux financements extérieurs qui est facilité. Beaucoup de sociétés financières, qui ne prêtaient plus à la Polynésie, sont maintenant prêtes à le faire à de bonnes conditions de taux, ce qui nous permet de financer plus facilement nos investissements. On n’a plus d’impasse de trésorerie comme c’était le cas en mai 2013. Donc notre situation budgétaire est nettement améliorée, ce qui nous permettra de consacrer davantage de ressources financières aux politiques sectorielles, dans le domaine du tourisme, de l’aquaculture, de la pêche, pour faciliter et stimuler l’activité économique, et donc la création d’emplois.

    Peut-on avoir des chiffres, comme par exemple le montant de la dette du Pays ?
    La dette, qui avait atteint 92 milliards de francs, avoisine maintenant les 87 milliards. L’objectif en fin de mandature est de tomber aux alentours de 84-85 milliards. Donc on a une dette qui est maintenant raisonnable lorsqu’elle est rapportée au PIB (produit intérieur brut, NDLR). On a des investissements qui étaient tombés en liquidation entre 12 et 13 milliards en 2013, on va avoisiner les 25 milliards cette année. C’est toujours insuffisant et on souhaite aller encore plus loin, mais déjà, on a fait des efforts qui portent leurs fruits et on est satisfait que Standard & Poor’s, qui est quand même une agence de notation internationale, en tout cas la plus renommée, consacre ces efforts au travers de ce relèvement de la note.

    Standard & Poor’s prévoit, pour 2018, que les recettes de fonctionnement permettront une hausse de 14 % du taux d’épargne brut. Faites-vous la même analyse ?
    2018, c’est loin. On va essayer déjà de finir le budget 2016. J’essaie de faire les choses les unes après les autres. On a un budget 2016, après un budget 2015, dans lequel on a acté un désendettement de la Polynésie. On a, pour la première fois depuis 2006, c’est-à-dire dix ans, une épargne brute qui est largement positive et qui nous permet de rembourser en capital nos emprunts sans nécessiter de notre capacité d’autofinancement sur le budget de fonctionnement. On souhaite poursuivre ces efforts de réduction du budget pour atteindre effectivement les objectifs qui sont estimés par Standard & Poor’s. Mais Standard & Poor’s fait des estimations sur la base de tendances. Le gouvernement, au-delà de la notation, a aussi d’autres sujets, et notamment la relance de l’activité économique, donc on va devoir faire des arbitrages entre les efforts budgétaires, la réduction des dépenses et l’investissement, et la relance de l’appareil économique.

    Comme vous le disiez, ce relèvement de la note permettra au Pays de bénéficier de financements extérieurs plus avantageux. Y a-t-il de gros emprunts à venir pour le Pays ?
    Pour l’année, on a envisagé 7 milliards de financements externes pour financer nos investissements. On a des bailleurs de fonds traditionnels, l’AFD, et la Caisse des dépôts et consignations depuis cette année aussi, donc on n’a pas de besoins extérieurs. Mais dans le cadre du financement de ce plan exceptionnel d’investissement de 60 milliards sur trois ans, on aura peut-être des besoins financiers en cours d’exercice, l’année prochaine ou en 2018.

    Propos recueillis par Vaiana Hargous

    tonton 2016-05-10 13:58:00
    Eh Laurey, tu peux nous rebaisser le TVA et les taux d'imposition maintenant, comme tu l'avais promis à la dernière réforme fiscale, qui je te le rappelle devait être temporaire et qui commence à trop durer, parce que si pour vous tout va bien, tu manges bien et tu voyages bien en famille, il y en a un paquet en dehors de l'administration qui galèrent grave !!! Les réformes ce n'est pas que pour les entreprises, elle devrait avant tout commencer par l'administration, le mammouth qui nous plombe la vie !!!
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