Heifara Parker, sans surprise, nouveau secrétaire général

jeudi 16 octobre 2014

Sans surprise, Heifara Parker est devenu hier matin, à Punaauia, lors du 10e congrès de la confédération syndicale, le nouveau « patron » de A Ti’a i Mua. C’est en effet, suite à une peine d’inéligibilité prononcée dans l’affaire dite des « emplois ficitfs », que le secrétaire général –durant 14 ans– Jean-Marie Yan Tu dit Piko, a du laissé son siège, occupé dorénavant par un homme à lui, Heifara Parker, employé communal à la mairie de Pirae.

CC

Lire l’intégralité de l’article dans la Dépêche de Tahiti du jeudi 16 octobre 2014 ou sur notre version numérique.
 

Jean-Marie Yan Tu, secrétaire général sortant : « Ma plus grande fierté, c’est de ne pas avoir amené les gens dans la rue »

14 ans c’est beaucoup dans la vie d’un homme. Que retenez-vous de toutes ces années ?
« 14 ans c’est ma vie de responsable syndical mais cela fait 30 ans que suis syndicaliste, je suis un des derniers membres fondateurs, avec Hiro Tefarere. En 14 ans, si on fait le bilan des grèves que Ati’a I Mua a fait, on les compterait sur les doigts d’une main. Les gens pensent qu’une organisation syndicale forte, est une organisation syndicale qui met des grèves à tout bout de champ. Avant 2000, je disais oui. Mais quand pris la tête de Ati’a I Mua, ce n’était plus cela mais de mettre en avant la discussion, la transparence et le respect, avant toute chose. Le préavis de grève n’est que le dernier recours. Le vrai syndicalisme, c’est la discussion. C’est ma plus grande fierté, de ne pas avoir amené les gens dans la rue. »

Et votre plus grosse défaite ?
« C’est le 23 juillet. Je ne voulais pas sortir par la petite porte, je sais que je n’ai pas triché, que je n’ai pas volé, ni tué personne. Cela est peut être du à ma responsabilité syndicale, des personnes d’autres d’organisations syndicales ont été dans le même cas que moi et on été relaxés. Je respecte les gens et la justice. Aujourd’hui, la relève est assurée par Heifara Parker, en attendant la réponse de ma grâce présidentielle, qui tarde à arriver même si les échos sont bons. J’ai 59 ans, je veux encore travailler pour nos adhérents et notre pays. »

Si la grâce vous est accordée, allez-vous récupérer votre poste ?
« Je ne sais pas, nous en discuterons avec Heifara Parker, qui est élu démocratiquement. Si cela marche, ce n’est pas la peine de venir l’embêter. »

Parmi toutes vos propositions et les futurs dossiers à suivre, quel sera le dossier prioritaire ?
« La PSG. Si demain, le gouvernement ne nous appelle pas pour discuter de la PSG, fin 2015, c’est terminé pour nos retraites et nos maladies, puisqu’on a commencé à puiser dans notre retraites à la CPS. C’est au nouveau secrétaire général de donner un ultimatum au gouvernement sur la PSG afin de reprendre les discussions. »

Selon vous, il n’y a plus de Smig à 120 000Fcfp ?
« Il n’y en a plus, c’est terminé. J’ai rencontré la ministre du travail Tea Frogier, avec les représentants syndicaux venus de métropole et de Nouvelle-Calédonie, je peux vous garantir qu’elle a fait retirer ce dossier-là, dans la zone franche. »

Il y aura un sous-Smig ?
« Si les employeurs le souhaitent, baissez le coût de la vie de 50% (…). Si, entre nous, organisations syndicales, sur la pertinence et l’urgence des dossiers, on arrivait à tous ce mettre d’accord cela serait bien, on part toujours divisé. Je l’ai invité à notre dernier jour de congrès. »

Vous semblez perdre des adhérents depuis quelques temps…
« Ce sont des gens qui font des virements à 1000Fcfp par mois mais ne vérifie pas leurs relevés. Deuxièmement, nous avons perdu beaucoup d’adhérents au niveau des communes à cause du Cosac mais ils vont revenir l’année prochaine. Et nous avons beaucoup perdu au niveau de l’hôtellerie, dont beaucoup ont fermé, notamment à Bora Bora. »

Vous êtes une « oreille » au sein des entreprises. Quel est le pouls de ces dernières ?
« C’est calme. Jusqu’à la fin de l’année, il n’y aura pas de problèmes au sein des entreprises, en tout cas pour Ati’a I Mua. Il y a eu un flottement, où les gens se sont réveillés avec la zone franche et le Smig à 120 000Fcfp. Peut être en début d’année, avec les augmentations de salaires, pour lesquelles tous les patrons ont dit niet.  »

Les organisations patronales demandent de réformer le code du travail et une réforme sur les charges de l’entreprise. Qu’en pensez-vous ?
« Si on veut relire et reprendre l’ensemble du code du travail, pas de problème même si cela prendra du temps. On sait à peu près ce qu’ils veulent. On ne reviendra pas sur les acquis, si on n’avance pas. Si on nous demande, par exemple, que les indemnités de nuit passent de 15% à 10%, c’est niet, il n’y a pas de contreparties. »

Requalifier les CDD en CDI, est-ce normal ou non, comme le demande les petits patrons ?
« La loi dit au bout de deux ans et un jour, un CDD passe en CDI. Et si le patron oublie au bout de 24 heures, le contrat est un CDI. Cela pourrait être trois jours. Mais pas de CDD permanent, comme ils souhaitent le demander. »

Il semble avoir une recrudescence d’emplois patentés dans le commerce, par exemple, à la place de CDD. Le constatez-vous ?
« Oui, nous avons dénoncé cela mais il n’y a que deux inspecteurs du travail et quatre contrôleurs, pour tout le pays, c’est loin d’être assez. On a besoin de personnel pour contrôler ces entreprises. On le voit, on le sait mais ce n’est pas à nous de dénoncer cela, on veut aussi que les gens mangent et ne perdent pas leur boulot. C’est très délicat. »

Propos recueillis par Christophe Cozette
 

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