Heiva I San Diego 2015, un voyage fondateur

    jeudi 27 août 2015

    Bora Bora Danses, placé sous la direction artistique de Marama Dugan, s’est produit en “guest star” du 6 au 9 août, au 5e Heiva de San Diego. Le groupe a démontré que bien plus que représenter Bora Bora, c’est une famille entière et soudée qui a porté haut la culture de l’île, plus vivante que jamais.  La commune, qui a entièrement financé le déplacement, se félicite de cet investissement dans sa jeunesse, qui s’est montrée à la hauteur des espoirs placés en elle.

    Les danseuses, danseurs, musiciens, artisans, officiels et accompagnateurs du groupe sont tous retournés à leur famille et activités avec un petit supplément d’âme, après avoir rêvé tout éveillé pendant quinze jours sur la côte Ouest américaine, qui les a accueillis à bras ouverts à l’occasion du Heiva de San Diego. Les anecdotes, les rencontres, les souvenirs emmagasinés sont légions et chacun aura à cœur de partager avec ses proches la belle histoire dont le comité du tourisme de Bora Bora avait commencé d’écrire le script au début de cette année.
    La tâche était rude, certes, car la montagne à gravir était aussi élevée que l’ambition qui avait présidé à ce beau projet d’amener à la fois la culture polynésienne et l’expérience de soixante ans de Heiva à Bora Bora à la rencontre d’un monde tellement blasé par les spectacles qu’il en a oublié toute forme d’authenticité. Le choc attendu fut réciproque car si la jeunesse de Bora Bora était émerveillée par la splendeur de la ville de San Diego, les Américains ont été, eux, subjugués par la spontanéité, l’enthousiasme et la beauté que la jeunesse de “Bora Bora Danses” a déversés sur l’immense esplanade jouxtant le “Convention Center” de leur ville.
    “Tout a été difficile à mettre en place dans cette aventure”, souligne Rainui Besineau, chef de la délégation et directeur de l’Office du tourisme de la commune. “On ne déplace pas 60 personnes et 700 kilos de fret aussi loin avec un simple coup de baguette magique. Toute l’île s’est mobilisée, comme une seule et grande famille, pendant plusieurs mois autour de ce projet, mais le résultat est là. Ce fut une grande réussite et les petits soucis sont maintenant loin derrière nous. Dans les moments difficiles, la prière, très œcuménique puisque toutes les Églises étaient représentées dans la troupe, nous a toujours permis de nous ressouder. La soirée de gala au Bali Hai, honorée de la présence du maire de San Diego, Kevin Faulconer, du président du Pays Édouard Fritch et du maire de Bora Bora, Gaston Tong Sang, a été un grand moment d’émotion pour notre groupe. Une prestation exceptionnelle dont Marama fut le maître à penser incontestable, unanimement saluée par tous les professionnels présents et qui apportait l’ultime récompense à tous les efforts fournis par la délégation. Nous avons démontré à quel point notre culture est bien vivante et riche.” Rainui Besineau a tenu à féliciter chaleureusement les jeunes danseurs “car leur attitude a été irréprochable. Ils ont tous parfaitement honoré leur contrat en se montrant disciplinés, rigoureux, assidus, respectueux et porteurs des valeurs qui nous sont chères dans les familles polynésiennes. Nous avons été nous-mêmes surpris, heureux et fiers d’eux !”

    L’idée de jumelage fait son chemin

    L’idée d’un jumelage entre San Diego et Bora Bora avait été évoquée avant le départ de la troupe et il semble qu’elle fasse son chemin car les leaders des deux municipalités, Kevin Faulconer et Gaston Tong Sang, ont trouvé sans difficulté des points de convergence qui justifieraient un rapprochement dans un avenir proche. Tous les deux sont de farouches défenseurs de l’environnement, conscients des enjeux en matière de protection des ressources de notre planète. Et personne n’oublie non plus le rôle majeur qu’ont joué les militaires américains à Bora Bora pendant la Seconde guerre mondiale, San Diego étant le point de départ vers cette terra incognita où le cœur de certains est resté à jamais. “À ce jour, il n’y a plus de difficultés administratives à ce que l’on réalise ce jumelage. En plus, nous avons noué des liens culturels et amicaux sur place avec Babe, une professeur de danse tahitienne installée sur place qui a été une élève de notre cher Coco (Franck Ellacott) à la fin des années 90, qui méritent d’être approfondis. Disons donc que l’idée d’un jumelage est aujourd’hui réaliste… et que c’est plus que jamais dans l’air”, précise Rainui Besineau.
    Des contacts ont également été pris pendant ce séjour avec un groupe privé américain qui développe ses activités dans le vignoble californien et qui souhaite, sous une forme qui sera à déterminer prochainement, utiliser la culture tahitienne comme vecteur promotionnel de ses produits. On n’a donc pas fini de reparler de ce voyage fondateur à San Diego qui ouvre des perspectives inattendues, voire inespérées à ses initiateurs.

    De notre correspondant Alain Lepresle

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