Heiva i Tahiti 2015 – Ils gagnent le 1er prix hura ava tau dès leur première participation

    vendredi 17 juillet 2015

    Après 22 ans d’absence au Heiva, on peut se risquer à dire que le retour de Toahotu était écrit. Pascal Tevaearai, chef du groupe Tamarii Toahotu Nui, 1er prix hura ava tau cette année, avait déjà mené sa commune au Heiva, lorsque les festivités se déroulaient encore à Vaiete. “On avait gagné quelques prix en chant, mais pas en danse, explique ce dernier. À l’époque, le groupe s’appelait Unaunarau. Je voulais reprendre le même nom cette année, mais je me suis dit que personne ne saurait d’où l’on vient. C’est pour cela que j’ai préféré l’appeler Tamarii Toahotu Nui.”

    L’histoire d’un rêve
    Si Pascal Tevaearai a attendu si longtemps avant de mener encore une fois sa commune au Heiva, c’est parce qu’il attendait que ses fils soient prêts. “Le plus jeune vient d’avoir 19 ans et l’aîné a 21 ans. Quand tu regardes le temps pendant lequel on n’est pas allé au Heiva, c’est quasiment l’âge de mes fils.” Mais entre-temps, Pascal, son épouse Urarauarii et ses fils Niua et Opetaiti n’ont pas délaissé pour autant ce grand événement. “Avec mes fils, on a fait beaucoup de groupes, poursuit Pascal. On a été avec Tamarii Teahupo’o, Manava Tahiti, Tamarii Tahina, et l’année dernière, on a fait le Heiva avec Manahau. Juste après, je me suis décidé à amener Toahotu au Heiva. Cela suffisait d’y participer avec les autres groupes. Parce qu’à chaque fois qu’on y allait avec eux, on ressentait toujours l’émotion de To’ata, quand le présentateur, après avoir lu le thème, dit par exemple “Tamarii Teahupo’o, mai te peu ua ineine, ti’a ia ‘oe”.” Pascal laisse échapper des larmes et confie dans un sanglot : “Cette année, je suis content, parce que j’ai eu ça avec Tamarii Toahotu Nui quand on a dansé à To’ata. C’est un rêve qui s’est réalisé.”

    Une histoire de famille
    Ce Heiva, c’est d’abord en famille que Pascal l’a préparé. Son plus jeune fils, Niua, a été nommé chef d’orchestre par les musi-ciens. Avec son autre fils Opetaiti ainsi qu’un neveu, Raiatua, les trois garçons ont travaillé sur les pehe. Pascal a préparé les more avant de les confier au chef costumier, Matauira, qui est aussi de la famille. Et son épouse Urarauarii a rejoint les choristes. Mais l’histoire de famille va bien plus loin. “Au départ, on avait préparé le thème de Mitirapa, dont j’avais entendu l’histoire, explique Pascal. Mais nous avons eu des problèmes avec la personne qui devait l’écrire, on a essayé d’arranger les choses, mais le ton est monté, donc ce n’était pas la peine. Pour le thème, il faut que ça glisse. C’est là que j’ai décidé de prendre l’histoire de Papa Teriitehau, que mon grand-père m’avait raconté quand j’avais 6 ans. À cette époque, on habitait sur la colline. Je nettoyais un chemin pour que la voiture de mon papa puisse passer, et c’est là que mon grand-père m’a dit : tu vois le chemin que tu as nettoyé, il a une histoire. Celle de papa Teriitehau, qui est revenu par là avec son régime de fe’i.” Pascal décide alors d’aller voir la mère de son épouse, qui se trouve être la sœur de lait de Papa Teriitehau, pour savoir si elle connaît cette histoire. “Quand je suis parti voir ma belle-mère, elle était en train de dormir et à ce moment-là, elle rêvait de ma mère, qui est décédée, et qui lui souriait. Quand je suis arrivé, elle m’a raconté ça et je me suis dit que c’était bon signe, c’était l’histoire à raconter.”

    Une histoire de partage et d’amour
    La suite de l’aventure n’aura pas été de tout repos. Le chorégraphe, Manutahi Tetuairia, trouvé à Faa’a grâce à l’aide d’amis précieux, s’occupe d’une partie du groupe qui habite à Faa’a les lundis et mardis. Les mercredis, la troupe de Toahotu descend là-bas répéter et rentre à la Presqu’île avec le chorégraphe, qui leur dispense les mouvements du jeudi au samedi. Puis Pascal ramène le chorégraphe à Faa’a. Un va-et-vient qui aura duré six mois et pour lequel Pascal a dépensé sans compter. “Quand on a commencé, c’était dur, parce que c’est ma femme et moi qui prenions en charge les danseurs et danseuses qui ne travaillent pas quand il y avait des trucs à payer. Je suis allé demander de l’aide pour eux, pour le groupe, au maire de Taiarapu-Ouest, il n’a pas voulu. Ça m’a fait mal, mais je préfère retenir les gens qui nous ont aidés, comme les maires de Toahotu, de Vairao, de Teahupo’o et la 1re adjointe au maire de Taiarapu-Ouest. Même s’ils avaient peu à nous offrir, ils sont restés derrière nous jusqu’au bout.” À travers ces épreuves qui les ont menés à la victoire, Pascal ne retiendra qu’une chose. “Tout ça, je l’ai fait avec le cœur, avec amour, pour montrer que quand on fait le Heiva, il faut du partage”, conclut-il.

    Vaiana Hargous

    Lire l’intégralité de l’article dans notre édition du jour ou au feuilletage numérique

    SERRE 2015-07-18 22:31:00
    Cet une belle histoire. FITOITO PACO. En et avec toi..
        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete