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Heiva i Tahiti 2018 : Que le spectacle commence

vendredi 6 juillet 2018

Hei Rurutu. (© Christophe Cozette)

Hei Rurutu. (© Christophe Cozette)

C’est mercredi qu’a démarré la grande fête culturelle polynésienne, le Heiva i Tahiti. Depuis 137 ans maintenant, c’est LE rendez-vous polynésien par excellence, qui tient en haleine, tout un pays, que l’on soit spectateur ou danseur. Cette année, une très belle affiche, avec pas moins de 19 groupes en danses et 18 en chants, attend le public jusqu’au 14 juillet.

Retour sur cette première soirée, en attendant les autres prestations et les résultats, qui seront connus le 18 juillet.

 

Christophe Cozette

 

Cérémonie d’ouverture et rahiri

Moana’ura Tehei’ura

Moana’ura Tehei’ura, président du jury pour la premier fois au Heiva i Tahiti, comme investi d’une mission sacrée. (© Christophe Cozette)

La cérémonie d’ouverture, que vous avez pu suivre en Live Facebook sur la page de La Dépêche de Tahiti, annonce le début des concours de chants et danses traditionnels, en présence de l’ensemble des membres du jury et des chefs de groupes. Le rahiri, qui s’intègre solennellement à cette rencontre, est une cérémonie ancestrale, réhabilitée depuis quelques années seulement, qui est organisée traditionnellement en prélude d’événements importants.

Chaque représentant des groupes porte une feuille de bananier qu’il dépose au sol, un rituel qui s’inscrit dans un échange fort entre le jury et ceux qu’ils auront à départager.

Les groupes de chants, puis de danse, sont venus face au jury, mercredi soir, après que ce dernier est rentré sur scène, de manière solennelle, avec à sa tête son président, Moana’ura Tehei’ura.

Peu avant l’arrivée des groupes, un hommage a été rendu à Patrick Amaru, récemment disparu. Peu après, ce fut au tour de Heremoana Maamaatuaiahutapu, ministre de la Culture de prononcer un discours, tout en reo Tahiti.

Symbole de paix et de sérénité, le rahiri scelle l’engagement de chacun à se respecter mutuellement jusqu’à l’issue du concours et fait renaître le caractère sacré des festivités, de plus en plus prisées par les touristes fort nombreux mercredi soir. C’est un moment d’intensité et d’émotions pour les participants comme le public.

 

 

Hei Rurutu en hura ava tau (danse)

Hei Rurutu. (© Christophe Cozette)

Hei Rurutu. (© Christophe Cozette)

Premier des 48 groupes de chants et de danses à ouvrir le bal de cette édition 2018 du Heiva i Tahiti– et donc le premier dans la catégorie hura ava tau (“amateur”) qui compte neuf groupes en lice –, nous a un peu laissé sur notre faim. Certes, la place de premier groupe à fouler la scène de To’ata n’est pas une mince affaire mais la troupe, créée en 2013, la connaît bien pour avoir participé à de nombreux concours dont plusieurs Hura tapairu.

Ils avaient créé la surprise en 2016 mais cette année, rien de nouveau. Pourtant, le thème, léger et fort à la fois, inspiré par la rose des vents dénommé Moi’o parapu, le messager céleste, aurait pu souffler sur To’ata mais le public, resté sage tout au long de la prestation, n’a pas senti la brise émotionnelle qu’il attendait.

De ci, de là même, certains spectateurs piquaient du nez, comme nous avons pu le constater. Certes les 140 artistes dont près de 100 danseurs et danseuses ont fait le show mais trop peu de sourires, de joie sur les visages de ces derniers et dernières.

Les costumes de ces habitants du village des Tanete’e appelé Tu’ura puis Avera à Rurutu – la plupart du temps blanc pour les vahine comme pour les tane – n’avaient point de saveur. Le chef d’orchestre, Grégory Misra, de la troupe dirigée par Titaine Tunutu-Contios, a choisi de lancer ses musiciens dans les concours création et patrimoine, là aussi, sans surprise agréable et auditive malgré six mois de préparation.

Seuls peut être Harry Tong Sang et Heiani Maiau, en lice dans le concours du meilleur danseur et de la meilleure danseuse, semblent avoir tiré leur épingle du jeu parmi les huit tableaux que comptait le spectacle de Hei Rurutu. Le trac du premier passage, sans doute…

 

 

Pupu Tuha’a pae en hura tau (danse)

Pupu Tuhaa Pae. (© Christophe Cozette)

Pupu Tuhaa Pae. (© Christophe Cozette)

Né en 1993, Pupu Tuha’a pae oeuvre pour la promotion de la culture de l’archipel des Australes et a donc choisi cette année, un thème typique, à savoir le “umu’ai”.

Instaurée en 1936 par un pasteur, le umu’ai est une fête au cours de laquelle un couple met à l’honneur ses enfants en leur offrant une cérémonie supplémentaire après leur mariage civil et religieux, où de nombreux cadeaux sont offerts aux couples présents.

Et pour la fête et les cadeaux, les spectateurs en ont eu pour leur argent. Rien ne manquait, jugez plutôt : peue gigantesques, tifaifai sans fin, coussins à profusion, fruits et légumes à gogo, fare artisanal, porcelet, poissons et même un lit, sans oublier le talc, ont été amenés par l’ensemble de la troupe tout au long des différents tableaux présentés par Pupu Tuha’a pae.

Mais nous retiendrons surtout une joie formidable sur les visages sur des corps bien synchronisés, des costumes extrêmement travaillés de toute beauté, un espace totalement maîtrisé tout au long de l’heure de prestation et quelle explosion de couleurs, tout au long des tableaux.

Récompensés maintes fois en 2012, 2013 (3e prix hura tau), 2014 (2e prix hura tau) et 2016 (meilleur danseur et meilleur orchestre patrimoine), Pupu Tuha’a pae a offert une superbe prestation, qui devrait encore les récompenser, cette année.

Seul petit bémol, tous les décors amenés sur scène, tout au long du show ont quelque peu rallongé les temps morts entre chaque tableau.

 

 

Reo Papara en tarava Tahiti (chant)

Mike Tessier et son groupe Reo Papara feront-ils coup double cette année après avoir remporté le prix Moera a Moera, l’année dernière ? Réponse, le 18 juillet. (© Christophe Cozette)

Mike Tessier et son groupe Reo Papara feront-ils coup double cette année après avoir remporté le prix Moera a Moera, l’année dernière ? Réponse, le 18 juillet. (© Christophe Cozette)

On ne les présente quasi plus. Vainqueur en tarava Tahiti en 2017 après avoir brillamment remporté le prix Moera a Moera, Reo Papara était attendu au tournant malgré son jeune âge.

L’association Papara e moe i te ahinavai devenue, pour des tracasseries administratives, Reo Papara est née en 2015 mais a connu deux ans de sommeil. Dirigé par Mike Teissier, auteur et compositeur depuis 2015, Reo Papara est habitué aux prix depuis ses débuts et a donc connu la consécration l’année dernière.

Sauront-ils convaincre à nouveau le jury de cette année avec le thème qu’ils ont développé mercredi soir, autour de Atimaono, “l’oublié des Teva” ? Rien n’est moins sûr car la prestation de cette nouvelle édition semble en-deçà de celle proposée l’année dernière.

Quoiqu’il en soit, Reo Papara a concouru en ute paripari, ute arearea, himene ruau, le tout en catégorie tarava Tahiti et tentera, qui sait, de remporter le nouveau prix mis en place cette année, le grand prix Tumu ra’i fenua, qui récompensera le groupe ayant cumulé le plus de points dans les catégories obligatoires.

 

 

Pupu himene tamarii Vairao en tarava Tahiti (chant)

(© Christophe Cozette)

(© Christophe Cozette)

Pupu himene tamarii Vairao, né en 2015, a été le deuxième groupe de chants à fouler To’ata, cette année. Habitué du Heiva i Tahiti, Pupu himene tamarii Vairao a notamment remporté le 1er prix en tarava Tahiti en 2016, mais aussi d’autres prix, ces deux dernières éditions.

Toute de gris clair et de blanc vêtue et couronnes tressées, la troupe, menée par Maruia Pohemai et dont le ra’atira est André Tutavae, a joué sur l’efficacité vestimentaire.

Les Tamarii Vairao ont choisi cette année, pour thème “Te puna ia”, la source des poissons. Située sur le rocher de la montagne Matarai, à Vairuia sur Vairao, cette source souterraine coule jusque dans les profondeurs de l’océan et les petits comme les grands poissons s’en abreuvent. Les membres du groupe ont semblé apprécier cette véritable source de jouvence, tant la jovialité a été dans l’air lors de leur prestation notamment en ute are’are’a, qui a semblé réveillé par les rires un To’ata, quelque peu endormi mercredi soir.

 

 

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