Heiva i Tahiti – Deuxième soirée de concours de chants et danses, vendredi

    lundi 4 juillet 2016

    Le groupe a expliqué avoir lui-même préparé  ses more en allant chercher ce dont il avait besoin dans la vallée à Tautira.  (Crédit Vaiana Hargous)

    Le groupe a expliqué avoir lui-même préparé ses more en allant chercher ce dont il avait besoin dans la vallée à Tautira. (Crédit Vaiana Hargous)

    La soirée de vendredi 1 juillet a vu défiler deux groupes de danses : Te Ao Uri no Tautira, en hura ava tau, qui se présentait pour la première fois au Heiva, avec l’histoire d’un clan de guerrières de leur district ; et le très énergique Pupu Tuha’a Pae, en hura tau, qui a brillamment illustré un épisode de guerre, puis de paix, entre deux clans de Rurutu. Côté chants, Vaihoataua a proposé un tarava Raromata’i sur l’histoire de Hiro et du dieu Tane ; et Tamari’i Mataiea a loué une montagne de leur district en tarava Tahiti.

     

     

     

    Te Ao Uri no Tautira en hura ava tau

    Pour sa première participation au Heiva, le groupe Te Ao Uri no Tautira, mené par Vaihei Paepaetaata, a choisi pour thème “Le juste retour de la parole autochtone à sa sacralité”. Pour cela, la troupe a mis en scène l’histoire d’un clan de femmes guerrières qui vivaient, il y a bien longtemps, dans la vallée de Vaiofina. Elles y avaient été bannies et contraintes au mutisme par des hommes qui refusaient de partager leurs prérogatives.

    Puis, vint le génocide très sanglant de tous les nés de cette vallée, engendrant ainsi le changement du nom Vaiofina par Vaitoto : eau ensanglantée. Et le moins qu’on puisse dire est que, sur scène, ces guerrières maîtrisaient l’art de déstabiliser l’adversaire, ou du moins les photographes et certainement une partie du public, avec un pas des plus étonnant : un déhanché en position animale, qui laissait entrevoir ce que leurs jupes végétales faillaient à couvrir.

    Te Ao Uri no Tautira a souhaité prôner un juste retour de la parole autochtone à sa sacralité. (Crédit Vaiana Hargous)

    Te Ao Uri no Tautira a souhaité prôner un juste retour de la parole autochtone à sa sacralité. (Crédit Vaiana Hargous)

     

     

    Vaihoataua en tarava Raromata’i

    C’est le thème de “Hiro et Tane” que le groupe Vaihoataua a choisi d’interpréter à travers ses chants, en tarava Raromata’i, himene ru’au, ‘ute paripari et ‘ute ‘arearea. L’histoire commence lorsque Hiro s’installa sur l’île de Tahiti. Un jour, il décide d’aller rendre visite à ses parents qui vivent à Raiatea. Avec ses trois demi-frères, ils prirent le large en direction de cette île. Cependant, en mer, Hiro tout épuisé décida de faire une sieste et ordonna à ses frères de ne pas tuer l’oiseau Tane du dieu Tane. Ordre que ces derniers ne respectèrent pas. Par vengeance, le dieu réclama en offrande ses trois frères, et c’est ainsi que Hiro termina son voyage tout seul.

     

    Vaihoataua avait gagné  le 2e prix en himene ru’au l’année dernière. Fera-t-il mieux cette année ? (Crédit Vaiana Hargous)

    Vaihoataua avait gagné
    le 2e prix en himene ru’au l’année dernière. Fera-t-il mieux cette année ? (Crédit Vaiana Hargous)


     

     

    Tamari’i Mataiea en tarava Tahiti

     

    Le groupe Tamari’i Mataiea, habitué à la première place du podium en tarava Tahiti, est apparu toujours aussi énergique pour raconter l’origine du nom de la montagne Fa’ahe’e Tepairu en cette même catégorie. Ils ont poursuivi avec un ‘ute paripari sur la ceinture royale aux plumes rouges que seul le roi Tetuaairoro portait car elle était sacrée, respectée et spéciale.
    Et ont terminé avec un himene ru’au sur les petits signes qui ont éclairé le chemin des Tamari’i Mataiea à chaque fois qu’ils ont participé à un concours.

    Le groupe n’a pas failli à sa réputation, vendredi soir dernier  à To’ata. Les chanteurs ont proposé une belle prestation,  toute en énergie. (Crédit Vaiana Hargous)

    Le groupe n’a pas failli à sa réputation, vendredi soir dernier à To’ata. Les chanteurs ont proposé une belle prestation, toute en énergie. (Crédit Vaiana Hargous)

     

    Pupu Tuha’a Pae en hura tau

     

    Le spectacle de Pupu Tuha’a Pae fait sûrement partie des prestations à ne pas manquer lorsqu’elles seront diffusées à la télé. Le groupe nous a proposé une performance vigoureuse, débordante d’énergie (nous aurions d’ailleurs bien besoin de connaître la marque de leurs vitamines !), pour illustrer un épisode de guerre, puis de paix entre deux clans de Rurutu, les Areari’i avec comme roi Taa’itini, et les Peva, dirigés par Tai’oaia, un dieu maléfique.

    En substance, l’un avait des tarodières (les Peva) et pouvait préparer le “tupenu”, une délicieuse préparation à base de taro et de lait de coco, et l’autre n’en avait pas. La paix régnait à Rurutu jusqu’au jour où les enfants du clan Areari’i, partis quémander du tupenu à des femmes de l’autre clan, furent mal traités. Taa’itini, furieux de ce qui avait été fait aux enfants de son clan, déclara alors la guerre aux Peva.
    L’histoire sera ensuite parsemée de péripéties (dont quelques surprises plutôt… vigoureuses, avons-nous envie de dire) avant d’atteindre une fin heureuse.

    Sur scène, les différents acteurs ont su captiver l’assistance dès les premières minutes du spectacle. Les guerriers transpiraient la testostérone et rendaient les scènes de bataille plutôt réalistes. Les danseuses amenaient un peu de douceur et de sensualité dans ce monde de brutes. Les chorégraphies étaient bien pensées, les costumes étaient beaux. Les concours ne font que commencer et il semble que les groupes hura tau soient décidés à ne pas rendre la tâche facile au jury.

     

    Du début à la fin de leur spectacle, Pupu Tuha’a Pae a fait preuve d’une énergie débordante. (Crédit Vaiana Hargous)

    Du début à la fin de leur spectacle, Pupu Tuha’a Pae a fait preuve d’une énergie débordante. (Crédit Vaiana Hargous)

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