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Heiva i Tahiti – Les réactions des lauréats

lundi 23 juillet 2018

Ori Tahiti. (© archives LDT)

Ori Tahiti. (© archives LDT)

Après deux semaines de spectacle sur la scène de To’ata, le jury du Heiva i Tahiti a livré son verdict, mercredi dernier, en décernant les 52 prix du concours. Meilleurs groupes professionnel et amateur, meilleurs danseur et danseuse, et meilleur groupe de chants, La Dépêche de Tahiti est allée à la rencontre des “champions” de cette édition, au lendemain de l’annonce des résultats.

D.T.

 

Teraurii Piritua, chef du groupe Ori i Tahiti, prix Madeleine-Moua : “Ce prix, on le dédie à tout le peuple ma’ohi”

Teraurii Piritua

(© Maison de la Culture)

Une réaction après votre premier prix Madeleine-Moua…

Très heureux et très satisfait. Et ce prix, nous souhaitons le dédier a tout le peuple ma’ohi. Notre thème, écrit par Tane a Raapoto, est parti du constat qu’au fil des années, il y a de moins en moins de locuteurs en reo ma’ohi. Ce que nous voulions, avec notre spectacle, était de réconcilier le ma’ohi d’aujourd’hui avec sa langue. Et ce thème, nous le travaillons depuis février 2017.

 

C’est ce qui a fait la différence, selon vous ?

Oui, peut-être. Depuis plus d’un an, il a fallu relire, comprendre, s’imprégner du texte et avaler les mots, pour pouvoir après mieux le transmettre au public et au jury. D’ailleurs, en tahitien, le mot thème se traduit par a’amu (qui veut aussi dire manger en français). Et pendant tous ces mois de répétitions, j’ai parlé en tahitien à mes danseurs et mes musiciens pour que notre langue résonne en eux.

 

En plus du premier prix en hura tau, vous remportez aussi plusieurs autres récompenses…

Oui, et je ne m’y attendais pas. De ce côté-là, c’est aussi une belle consécration. Mais c’est la preuve que notre thème et notre spectacle étaient très bien préparés.

 

Vos impressions sur le Heiva de cette année ?

Déjà, je trouve que le système de notation cette année avec deux fiches, une pour les experts en danse et une simplifiée pour les moins connaisseurs, était très bien pensé. Après, côté coulisses, il y avait une super-ambiance entre les groupes. C’était magique. On était uni et on a tous présenté de très beaux spectacles.

 

À l’avenir, si le Heiva veut continuer à proposer les meilleurs spectacles, est-ce-que l’idée d’une présélection des groupes, notamment en professionnel, serait bonne ?

Il faudra en discuter avec tous les chefs de groupe. Mais le Heiva, c’est le seul événement où le peuple ma’ohi peut s’exprimer, et tout le monde a ce droit. Et quelque part, il ne serait pas bon, à mon avis, de freiner l’expression et le talent des chefs de groupe.

 

Est-ce qu’on reverra Ori i Tahiti au Heiva l’année prochaine ?

Non, je ne pense pas. On va prendre un peu de recul.

 

 

Terema Puarai, chef du groupe Tahiti hura, prix Gilles-Hollande : “Notre cohésion de groupe a fait notre force ”

(© archives LDT)

(© archives LDT)

Première participation au Heiva, et une première consécration…

Du bonheur, de la joie et beaucoup de satisfaction après — on va dire — dix mois de préparation, entre le travail avec les danseurs et le travail d’écriture sur le thème et les compositions. Pour le thème, on a beaucoup travaillé avec ma femme. Je voulais une belle histoire, ici une histoire d’amour, et aussi rendre hommage à mon île de Raiatea. Le thème que nous avons présenté à To’ata narre l’origine du nom de Raiatea. D’ailleurs, cette année, en hura ava tau, le niveau était très élevé et je pense que ça s’est joué à très peu.

 

Mais ce n’est pas la première fois que vous vous confrontez à un jury, puisque vous avez participé à de nombreuses reprises au Hura tapairu ?

Oui, effectivement. Mais quand on participe à un Heiva, il faut tout multiplier par dix. On a une centaine d’artistes à gérer, les costumes, les compositions musicales qui prennent beaucoup de temps aussi. Sans compter l’écriture du thème, où on doit utiliser les bons mots et aussi les bonnes scènes à reproduire pour que le jury et le public puissent comprendre ce que l’on raconte. Je pense que ce qui a fait la différence, c’est notre cohésion de groupe. Sur scène, les artistes donnaient l’impression de se connaître depuis dix ans. Et cette cohésion a été notre force. Grâce à ce premier prix, vous gagnez votre place pour la cour des grands.

 

Est-ce que Tahiti hura se représentera en hura tau l’année prochaine ?

On ne sait pas encore. On a jusqu’en janvier prochain pour prendre une décision, et pour le moment, on savoure notre victoire.

 

 

Alfred Ariioehau, chef du groupe Tamarii Mataiea, prix Tumu ra’i fenua : “On a le mana des tupuna de Teva”

(© archives LDT)

(© archives LDT)

Votre groupe collectionne les récompenses au Heiva depuis une dizaine d’années maintenant. Quelle est votre recette ?

Il n’y pas de secret, il faut répéter, répéter et encore répéter. J’ai toujours eu aussi dans mon groupe les neuf niveaux de voix en tarava Tahiti. Ce qui fait que l’on est toujours bien placé chaque année. Et puis, on a avec nous le mana des tupuna de Teva. Quand on monte sur la scène de To’ata, on ne peut pas les voir, mais je peux sentir leur présence, et je peux vous assurer qu’ils chantent avec nous.

 

 

Perle Renvoyé, Tama no Aimeho nui, meilleure danseuse du Heiva i Tahiti 2018 : “Je dansais jusqu’à une heure du matin”

(© archives LDT)

(© archives LDT)

“Ces derniers mois, ça a été beaucoup de répétitions dans mon salon. À une semaine de notre prestation à To’ata, je pouvais me réveiller dans la nuit, je dansais et je travaillais ma chorégraphie jusqu’à une heure du matin (rires). Je suis encore un peu sous le choc. Au fond de soi, on se dit c’est peut-être moi, mais au vu du niveau proposé par les autres concurrentes, on n’est jamais sûr de rien. En plus, avec les pronostics du public et des médias, l’attente n’est pas facile. Mais à la fin, c’est le jury qui décide et ça a penché en ma faveur.”

 

Tamatea Ondicolberry, Ori i Tahiti, meilleur danseur du Heiva i Tahiti 2018 : “Je m’entraînais beaucoup chez moi”

Tamatea Ondicolberry

(© archives LDT)

“Ce n’est pas vraiment une grosse surprise pour moi, même si je savais que ça allait être très serré entre les meilleurs danseurs cette année. Pendant les répétitions avec le groupe et pour mon solo, je me suis donné à fond à chaque fois. En plus de la danse tous les soirs avec le groupe, je m’entraînais aussi beaucoup chez moi et ça a payé (…) La danse, je me suis vraiment lancé dedans en 2012 avec le groupe Ra’ihere de Moorea et depuis, je ne peux plus m’en passer. Et ce n’est que du plaisir (rires).”

 

 

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