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Heiva i Tahiti – Septième soirée de concours et de chants traditionnels

lundi 16 juillet 2018

Pupu ‘ori tamari’i Vairao en hura ava tau (danse)

Joie, grâce, envie, costume, synchronisation, Vairao a frappé fort vendredi dernier… (© Christophe Cozette)

Joie, grâce, envie, costume, synchronisation, Vairao a frappé fort vendredi dernier… (© Christophe Cozette)

Quelle belle surprise ! Second pour leur première participation dans la même catégorie au Heiva 2016 et meilleure danseuse, Pupu ‘ori tamari’i Vairao a frappé fort, vendredi dernier, un jour de chance peut-être pour le groupe d’Alex Faua mais surtout beaucoup de travail et de créativité.

La troupe de la Presqu’île, supportée par une bonne partie de sa population, a littéralement porté son thème “Tire a faite, la querelle de la réconciliation”, censé conjuguer fiction et cosmogonie polynésienne, interprétée par deux soeurs opposés, nées du même Ta’aroa, le dieu créateur.

Mise en scène parfaite autour de cette lutte entre forces du bien et du mal grâce aux 200 artistes sur scène qui ont parfaitement investi la scène.

Costumes superbes et originaux, joie, synchronisation poussée à ses limites, des danseurs solos – Jordan Paofai et Kawainui Ahini – inspirés, un orchestre tout aussi inspiré en création avec son râpage du coco sonore, Pupu ‘ori tamari’i Vairao a littéralement conquis To’ata, notamment en terme d’applaudimètre vendredi dernier, face à l’ensemble de ses concurrents de la soirée.

En catégorie hura ava tau, la troupe risque de gravir la plus haute marche du podium.

 

 

Tamari’i Rapa no Tahiti en tarava Tuha’a pae (chant)

“Te mau pare e te atua anuanua, les forts et le dieu arc-en-ciel” jusqu’au bout du décor et des costumes. (© Christophe Cozette)

“Te mau pare e te atua anuanua, les forts et le dieu arc-en-ciel” jusqu’au bout du décor et des costumes. (© Christophe Cozette)

le bras avec notamment 4 premières places d’affilée en tarava Tuha’a pae (2013, 2014, 2015 et 2016) et 2 secondes places en 2012, année de leur création et l’année dernière,
les Tamari’i Rapa no Tahiti ont offert une prestation de chant, tout en couleurs. En effet, le thème “Te mau pare e te atua anuanua, les forts et le dieu arc-en-ciel” était bien aussi présent et dans les détails, sur les costumes et le décor, un plus non négligeable dans une catégorie moins prisée par le public, par rapport aux prestations de danses.

Ces Rapa de Tahiti, venus pour la plupart après leur scolarité en 3e grâce à l’association née en 1999 qui leur a construit un foyer, participaient au Heiva comme une évidence mais aussi une façon d’atteindre leurs objectifs, sans doute inspirés par ces 12 forts du thème choisi dont celui de Tevaitau, là où il est possible de voir les arcs-enciel, qui au fil des jours, était devenu leur dieu. Une sortie, vendredi dernier et sur scène, réussie.

 

 

Te tiare no beachcomber en hura tau (danse)

beachcomber

Le thème choisi, “l’accueil” avait une vocation fort touristique. (© Christophe Cozette)

Le thème choisi a fait causer. “L’accueil, Te apea” a pu faire grincer quelques dents de puristes, mais il est somme tout assez logique, puisque issu de la troupe Te tiare no beachcomber fondée en 1985 et elle-même issue du personnel de l’hôtel du même nom. Elle ne s’était d’ailleurs pas produite à To’ata depuis 31 ans (en 1987, où elle avait remporté de nombreux prix) et pour l’occasion, le président du groupe, Dick Bailey, est venu supporter “sa” troupe.

Écrit par Tuarii Tracqui, sympathique néanmoins, elle sonnait un peu “hôtel”, sans doute en décalage avec To’ata. Les costumes proches des Grands Ballets d’autrefois, les popa’a fraîchement arrivés, dans un bateau en niau tressé, ce contact chaleureux certes entre autochtones et allochtones au goût de soirée merveilleuse, la prestation dans son ensemble, même si plutôt parfaitement exécutée, manquait peut-être un peu d’âme, d’authenticité.

Certains membres du jury en coulisses, s’interrogeaient sur l’avenir du règlement, avant cette prestation. Une présélection est-elle nécessaire ? L’avenir nous le dira.

 

 

O Faa’a en tarava Raromatai (chant)

(© Christophe Cozette)

(© Christophe Cozette)

Premier en tarava Raromatai en 2013 et 3e en 2016, la troupe de Faa’a emmenée par le journaliste de TNTV Juliano Tautu, a vanté la reine Teriinui o Tahiti à Vaitareia de Pupu toofa (l’ancien nom de Faa’a), “la terre qui reçoit avec paix”, là où sont accueillies les pirogues doubles pour rencontrer le roi, un thème écrit par Teahurai Mauahiti.

“Une façon de transmettre aux jeunes ainsi qu’aux générations futures leurs histoires”, précise le déroulé de la prestation de O Faa’a. Tout de bleu ciel vêtue, Faa’a oblige, la troupe a offert une prestation intense et correcte dans les catégories où elles postulent, notamment la toute nouvelle, le “prix super-tarava” alias le grand prix Tumu Ra’i fenua, censé “booster” ces chants polynésiens, “que personne peut nous copier”.

 

 

Heikura nui en hura tau (danse)

Les costumes toujours aussi beaux rappelaient le passé glorieux de la troupe. (© Christophe Cozette)

Les costumes toujours aussi beaux rappelaient le passé glorieux de la troupe. (© Christophe Cozette)

Il est loin le Heikura nui des années 2000. Une des plus anciennes troupes du Heiva – Heikura nui est né en 1982 -, spécialiste des percussions depuis plusieurs décennies avec notamment de nombreux premiers prix en patrimoine et création ici-même à To’ata, notamment lors de ses dernières participations en 2012, 2013, 2014 et 2016, la troupe de Iriti Hoto, lui-même affaibli et pourtant bien présent sur scène malgré son handicap, a perdu de sa puissance.

Elle semble même presque souffrir puisque son thème, “Te taiva, l’apostasie” parlait de la perte de la foi face à la perte soudaine d’un être cher. La troupe, qui avait pu nous donner tant de frissons autrefois avec ses percussions, n’a pas secoué To’ata, ni en musique, ni en danse. Le décor était bien là donc un gigantesque pahu amené en élévateur mais bien peu mis en scène, les costumes semblaient des copier-coller des années précédentes même le dernier pourtant superbe. Malheureusement Heikura nui n’a pas su séduire un public qui avait déjà vu quatre heures de spectacle. Dommage pour les fans inconditionnels de la troupe, dont nous faisons partie.

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