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Heiva i Tahiti : Les spectacles du week-end

lundi 9 juillet 2018

Deuxième soirée de concours de chants et danses traditionnels : Une ode au fenua

Te ao uri no te-ara-hiti en hura ava tau (danse)

Te ao uri no te-ara-hiti

Sur la scène illuminée par des torches, le groupe a présenté une mise en scène mystique. (Photo : Thierry Pouget)

La troupe Te ao uri no tearahiti voulait remettre au goût du jour l’époque des mythes et des légendes et dès le début du show, elle donne le tempo. Pour la première représentation de danse de la soirée, les danseurs arrivent des quatre coins de la scène devant des tribunes presque pleines. Au rythme effréné des percussions, sur la scène illuminée par des torches, le groupe présente une mise en scène mystique, galvanisé par un maître de cérémonie des plus envoûtants. Quand les danseuses ne se prosternent pas, elles accompagnent les percussions de claquements de mains ou de gestes cadencés. En lice pour le concours de la meilleure danseuse, Teana Benett commencera même
sa prestation comme habitée par un esprit, avant de se libérer tout sourire. L’acclamation du public la récompensera quelques minutes après son entrée en scène.

Un panier de fruits déposé telle une offrande devant le public finira par faire plonger l’assemblée dans cette cérémonie reconstituée à merveille. On pardonnera les quelques problèmes de synchronisation qui ne gâcheront en rien le spectacle donné par la troupe. Si les airs de ukulele rompent quelque peu le caractère sacré de la représentation lors du deuxième tableau, ils poursuivent son côté majestueux.

Le thème de l’éveil de la nature imaginé par Vaihei Paepaeta’ata aura donc perpétué les légendes du ‘oro’a mataari’i avec succès. Le groupe avait déjà obtenu le prix du jury pour l’écriture du thème en 2016.

 

Ferdinand Homai

Smartphone dans la couronne de fleurs, Ferdinand Homai concourrait pour le titre de meilleur danseur. Son groupe, Te ao uri no te-ara-hiti, a mis en scène “l’aspect cérémoniel voire ésotérique du ‘oro’a mataari’i”. (Photo : Thierry Pouget)

 

 

Natiara en tarava Raromatai (chant)

Natiara en tarava Raromatai (chant)

Si la princesse, abattue, fuit en larmes à la fin du premier temps de la représentation, elle n’aura fait que marquer le contraste avec l’énergie débordante du groupe Nitiara. (© Thierry Pouget)

C’est une tribune clairsemée qui a accueilli le groupe Natiara, jeudi dernier. Face à plus de chaises vides que de spectateurs, l’organisation s’explique : “Le chant mobilise moins, les gradins se rempliront au moment de la danse.” Et les absents ont toujours tort. Ils n’auront pas eu le privilège de se faire conter l’histoire d’amour interdit de la princesse Tehuihui qui finira anéantie par la mort de son bienaimé, un mystérieux inconnu.

Natiara a fait intervenir deux comédiens interprétant les deux tourtereaux. Autour du puits symbolisant leur rencontre, le public aura pu apprécier la romance puis la détresse de la princesse Tehuihui, bien sûr rythmées par les choeurs de Natiara.

Si la princesse, abattue, fuit en larmes à la fin du premier temps de la représentation, elle n’aura fait que marquer le contraste avec l’énergie débordante du groupe Nitiara. Vêtus de rouge et de noir, les choeurs masculins répondent parfaitement à leurs pairs féminins. Avec Benjamin Tefa’aora à la baguette, les observateurs attendaient une prestation de qualité. D’autant plus que le groupe avait déjà fait parler de lui en 2017 en remportant le prix du meilleur costume. Dayna Tavaearii avait par la même occasion remporté le prix du meilleur ra’atira.

Cette année, cette dernière laissait sa place à Manaarii Maruhi s’occupant cette fois-ci de la composition des chants. Seul regret, le manque de visibilité de la mise en scène des comédiens, placés au second plan.

 

 

Natihau en tarava Tahiti (chant)

Première participation au Heiva i Tahiti pour Natihau, mené par Pierrot Faraire et Raoki Temorere. (© Thierry Pouget)

Première participation au Heiva i Tahiti pour Natihau, mené par Pierrot Faraire et Raoki Temorere. (© Thierry Pouget)

Baptême du feu pour Natihau. Le groupe créé le 7 janvier participait jeudi dernier à son premier Heiva et s’élançait avec Pierrot Faraire comme chef de troupe et Roaki Temorere en ra’atira. Tout de rouge et de blanc vêtue, la troupe marque son entrée en matière par la puissance des coffres de son choeur masculin. La suite de la représentation racontant l’origine du nom de Punaauia ne sera qu’une montée en puissance. L’interprétation sera aussi vibrante que l’histoire racontée, celle de l’histoire d’amour entre Temuri, jeune pêcheur, et Pere i tai, princesse de Faa’a.

Calqués sur cette histoire à rebondissements, les chants aux ambiances totalement différentes auront pourtant du mal à traduire la fin tragique de l’histoire tant les sourires des chanteurs resteront gravés tout le concert.

Si la deuxième partie marquera déjà une rupture de tempo avec la première, c’est bien le troisième temps qui réveillera le public. Les rythmes donnés par les choeurs commenceront à faire dodeliner les têtes. Front au public, deux des têtes de file cristalliseront l’attention des spectateurs, comme pris par le semblant de dialogue entrepris par les deux chanteurs, se répondant chacun par des grands gestes. Le “bonsoir” bredouillé par Raoki Temorere juste avant la dernière partie du show laissera échapper les premiers rires de la soirée.

 

 

 

Tamarii Manotahi en tarava Raromata’i (chant)

Malgré les sourires, c’est un message écologique qui est envoyé par le groupe de chant Tamarii Manotahi. (© Thierry Pouget)

Malgré les sourires, c’est un message écologique qui est envoyé par le groupe de chant Tamarii Manotahi. (© Thierry Pouget)

Troisième et dernier groupe de chant à s’avancer sur scène jeudi dernier, Tamarii Manotahi. Ce dernier avait déjà remporté le premier de prix de sa catégorie, il y a de ça sept ans, et a obtenu le troisième prix l’année dernière. Auteur et compositeur des chants encore cette année, Serge Tuia Tuarau avait lui aussi été mis à l’honneur en repartant de l’édition 2017 avec le prix à la discrétion du jury. Néanmoins, en ce deuxième soir du Heiva, c’est Gassman Peu qui s’est fait remarquer.

Débordant d’énergie, le ra’atira et chef de groupe de Tamarii Manotahi s’en est donné à coeur joie. C’est d’ailleurs en chantant que son équipe est arrivée face au public, rompant avec l’habitude plus statique de ses homologues, assis en cercle dès le début de la prestation.

Le groupe créé en 2011 était venu conter l’histoire de Puna Nui et Puna Iti. Ces deux frères jumeaux avaient élaboré le vol du pû du roi pour se venger de la mort de leurs aînés. Devant cette assemblée en tenues rouges à fleurs, le public ne pouvait qu’être conquis par l’énergie communicative du groupe. Il faudra également souligner la deuxième partie du spectacle, où les deux chefs de choeur sont apparus devant le public avec un masque et un tuba. Leurs filets de pêche, remplis de sacs plastique, feront tristement écho à une situation bien connue des Polynésiens…

 

 

 

Ori i Tahiti en hura tau (danse)

Ori i Tahiti aura bien fêté ses retrouvailles avec la scène de To’ata après deux années d’absence. (© Thierry Pouget)

Ori i Tahiti aura bien fêté ses retrouvailles avec la scène de To’ata après deux années d’absence. (© Thierry Pouget)

Belles retrouvailles avec la scène de To’ata pour Ori i Tahiti. Pourtant, la présentation un peu longue de son thème aurait pu refroidir les ardeurs. Mais après deux ans d’absence, le public aura accueilli par une pluie d’encouragements le groupe. Dès la narration de l’histoire mise en scène, quelque chose de puissant prend la foule, la fige. Cette année, Tane Raapoto, auteur également des chants, avait écrit un thème intitulé “Le Ma’ohi, tout autre”. Une ode appelant au réenracinement du peuple ma’ohi, arrivé à se demander “que suis-je donc ?” L’équipe ira même plus loin en décrivant son texte comme “une forme d’avertissement adressé aux parents ainsi qu’aux nouvelles générations”.

La prestation pourrait presque donner le tournis, tant les danseurs se relaient pour occuper l’ensemble de l’espace. L’apparition et la mise en scène d’une famille auront été les seuls moments de répit pour le spectateur. Une ode au fenua, dont la ferveur aura donné envie de se réenraciner. Après avoir remporté le 1er prix dans la catégorie hura ava tau en 2013, Ori i Tahiti essaiera donc de décrocher cette fois-ci le graal dans la catégorie hura tau.

 

 

 

3e soirée de concours de chants et danses traditionnels : Moorea et les districts à l’honneur

Tama no Aimeho Nui en hura ava tau (danse)

Les 80 danseurs et les 35 musiciens ont narré l’histoire de Ta’inuna, les oies aux plumes rouges et aux yeux perçants. (© Désiré Teivao)

Les 80 danseurs et les 35 musiciens ont narré l’histoire de Ta’inuna, les oies aux plumes rouges et aux yeux perçants. (© Désiré Teivao)

Grande première sur la scène de To’ata pour le groupe de Moorea qui s’est formé au début de l’année. Tama no Aimeho Nui (Aimeho est l’ancien nom de Moorea), dirigé par Adélina Hanere, regroupe aussi bien des artistes chevronnés que des débutants, le but étant de permettre aux personnes désireuses de réaliser leur rêve de danser et de chanter sur la scène mythique du Heiva i Tahiti.

Les artistes ont narré l’histoire de Ta’inuna, les oies aux plumes rouges et aux yeux perçants, qui traite de la rivalité entre un frère, Aveari’i, et sa soeur, Moeari’i, pour succéder à leur père, le roi Tenu’upana’i. Pour désigner son successeur, ce dernier organise une course.

Le premier arrivé au sommet de Fa’aaupo’o héritera de sa couronne. Malheureusement, cette course verra la mort du prince lors de son ascension et le couronnement de sa soeur. Le spectacle a été rondement mené par la jeune troupe composée de 80 danseurs et de 35 musiciens. Grâce, puissance et émotion, ces derniers ont mis les ingrédients qu’il fallait. Est-ce que ce sera suffisant pour remporter le prix Gilles-Hollande ?

Réponse le 18 juillet lors de l’annonce des résultats.

 

D.T.

 

 

Te noha no Rotui en tarava Tahiti (chant)

 

Le groupe a remporté en 2016 le 1er prix en ‘ute paripari. (© Désiré Teivao)

Le groupe a remporté en 2016 le 1er prix en ‘ute paripari. (© Désiré Teivao)

Te noha no Rotui est un groupe habitué aux lumières de To’ata. Fondé en 2004 et originaire de l’île de Moorea, la troupe dirigée par Lee Rurua a déjà eu l’occasion d’inscrire son nom au palmarès du Heiva i Tahiti. Ce dernier a notamment remporté en 2016 le 1er prix en ‘ute paripari. En dehors de ces participations au Heiva, Te noha no Rotui est également reconnu pour ses oeuvres et ses actions en faveur de la culture locale et de la préservation des sites culturels, tout en favorisant la réussite éducative et scolaire des enfants et des jeunes de Moorea.

Sur la scène de To’ata, Te noha no Rotui a choisi de développer son thème dans des tenues vertes, couleur de leur île. Au travers de ses chants, la troupe a rendu un fervent hommage à la terre et notamment celle de la “grande Aimeho”. “Ensemble, nous vous invitons à vous tourner vers le mont Rotui, où demeure la femme esprit, Teremuura, et ses six pouvoirs. Et à l’image de la femme esprit, observons et élucidons ensemble les signes et présages laissés par nos aînés”, a indiqué la troupe.

 

 

 

Tamari’i Mahina en tarava Raromata’i (chant)

Tamarii Mahina revient cette année pour défendre son premier prix en himene ru’au glané l’année dernière. (© Désiré Teivao)

Tamarii Mahina revient cette année pour défendre son premier prix en himene ru’au glané l’année dernière. (© Désiré Teivao)

Un groupe habitué aux récompenses lors des précédentes éditions du Heiva i Tahiti. Tamari’i Mahina revient cette année pour défendre son premier prix en himene ru’au glané l’année dernière. Pour cette nouvelle édition la troupe a déclamé en chanson l’histoire de Tehohotauniua, une guerrière de Mahina.

Les 80 chanteurs de la troupe se sont présentés sur scène en marron et en orange, et leur tête ornée de couronnes où l’on pouvait retrouver un peu de peau du fe’i. Par ailleurs, le groupe mené par Moeta Arai semble avoir de nouveau marqué les esprits lors de son himene ru’au. De l’aveu même de John Mairai à la suite de leur prestation, “ça a envoyé”. Aux membres du jury d’en décider maintenant.

 

 

 

Tamarii Toahotu Nui en hura tau (danse)

Un retour réussi pour Pascal Tevaearai et Tamarii Toahotu Nui, en quête d’un premier prix Madeleine-Moua. (© Désiré Teivao)

Un retour réussi pour Pascal Tevaearai et Tamarii Toahotu Nui, en quête d’un premier prix Madeleine-Moua. (© Désiré Teivao)

Après deux ans d’absence, le groupe Tamarii Toahotu Nui de Pascal Tevaearai a retrouvé la scène de To’ata vendredi dernier. Primé en hura ava tau (amateur) en 2015, la troupe emmène cette année le public à Mitirapa sur les traces des eaux oubliées de Mititapa. “Mitirapa est aussi Mititapa. Mititapa fait l’éloge de la perle de To’ahotu et nous emmène sur les traces du gardien de la pierre de Taiarapu, Tearata’ata, à l’époque où on produisait du tapa dans la mer intérieure de Tavaitai.”

Le groupe a présenté ainsi quatre tableaux. Au travers de ces derniers, les artistes, vêtus de gris, puis d’orange et de diverses couleurs, ont mis en évidence Poeriro, les deux marae de leur commune, où l’on retrouve les deux baleineaux, symboles phares de ces lieux, gérés par Ahume Tapairu, la perle du roi de Taiarapu.

Un jour, deux jumeaux de Moorea, Fetuna i ni’a et Tapuhute jetant leurs dévolus sur Ahume, sans savoir que celle-ci est la protégée du roi de la Presqu’île. Ils décident alors de défier le gardien Tearata’ata, mais en vain. Nous retiendrons aussi de la prestation du groupe une joie sur les visages, une synchronisation des corps de tous les instants et surtout une grande envie de la part des artistes de partager cette histoire et de rétablir une certaine vérité.

C’est en tout cas un retour réussi pour Pascal Tevaearai et Tamarii Toahotu Nui, en quête d’un premier prix Madeleine- Moua, récompensant le meilleur groupe professionnel.

 

 

 

Temaeva en hura tau (danse)

Beaucoup de jeunes passionnés de ‘ori Tahiti compose la troupe de Coco Hotahota. (© Désiré Teivao)

Beaucoup de jeunes passionnés de ‘ori Tahiti compose la troupe de Coco Hotahota. (© Désiré Teivao)

Dans le panthéon du ‘ori Tahiti, il faudra sûrement y inscrire un jour, le nom de Jean Hotahota dit Coco, et de son groupe mythique Temaeva, fondé il y a plus de cinquante ans maintenant. Primée à plusieurs reprises au Heiva i Tahiti, la troupe a décroché en 2015 le 1er prix Madeleine-Moua qui récompense le meilleur groupe en catégorie hura tau.

Cette année, Temaeva revient avec le thème Fa’ahei ta’oto, le Rêve, un monde qui ne connaît aucune limite. “Devant la puissance du rêve il n’y aucune loi. Le rêve fait ce qu’il veut.” La centaine de danseurs a présenté trois tableaux dans lesquels étaient représentés la paix du ciel, la vie de l’océan et l’amour du pays. Et c’est dans ce dernier tableau, emprunt de passion et de fierté pour le fenua, que les artistes se sont réellement lâchés.

Les sourires et cris de joies de la troupe ont entraîné des applaudissements fournis du public de To’ata très connaisseur. Un spectacle mené une nouvelle fois d’une main de maître par Coco Hotahota, en attendant peut-être une nouvelle consécration au Heiva i Tahiti.

 

 

 

Quatrième soirée de concours de chants et danses traditionnels : Amour impossible, conditionne féminine et viol pour clore la première semaine

Fare ihi no Huahine en hura ava tau (danse)

La troupe a rendu un fervent hommage à Wilson Mahuta, fondateur du groupe décédé en début d’année. (© Désiré Teivao)

La troupe a rendu un fervent hommage à Wilson Mahuta, fondateur du groupe décédé en début d’année. (© Désiré Teivao)

Fare ihi no Huahine a pleuré en début d’année la disparition de son chef de groupe, Wilson Mahuta, musicien de renom et également membre du jury du Heiva i Tahiti l’année dernière. Deux objectifs pour sa troupe cette année : remporter enfin le prix GillesHollande qui récompense le meilleur groupe en catégorie hura ava tau (amateur) après le deuxième prix en 2010 et 2011. Mais aussi rendre un poignant hommage à son regretté leader. Pour ce faire, Fare ihi no Huahine présentait sur la scène de To’ata la légende Hotuhiva, récit typique de l’île de Huahine.

Danseurs et musiciens ont donc conté au travers de leur prestation l’amour impossible entre Hotuhiva, fille du chef Tutapuarii, et Teaonuimaruia qui n’était pas de la lignée des chefs. Malgré cela, les jeunes amoureux s’étaient donné l’un à l’autre. Un thème où le tambour — pahu — instrument cher à Wilson Mahuta, tient également un rôle prépondérant. Au final, Fare ihi no Huahine a présenté trois tableaux avec très peu de ’orero tout au long de la prestation. Mais on ne s’en rend même pas compte et on est rapidement emporté dans le spectacle du groupe.

L’histoire d’amour naissante, la séparation brutale et finalement les retrouvailles entre Hotuhiva et Teaonuimaruia, tout a été orchestré d’une main de maître. Reste à savoir si le jury a lui aussi été emballé.

 

 

Te pare o Tahiti aea en tarava Tahiti (chant)

La jeunesse triomphante de Te pare o Tahiti aea. (© Désiré Teivao)

La jeunesse triomphante de Te pare o Tahiti aea. (© Désiré Teivao)

Te pare o Tahiti aea, formé en janvier 2016 sous l’impulsion de Teio Rapae, revient une troisième fois sur la scène de To’ata. Le thème retenu par la troupe cette année : les deux coraux légendaires de Pueu. Dans les temps très anciens,
les deux coraux se transformèrent en êtres humains pour se rendre à une fête dans le quartier de Teruea. Ils s’amusèrent tant et si bien qu’ils oublièrent que leur apparence humaine n’était qu’éphémère.

Ils se hâtèrent de rentrer par la passe de Urei mais il était trop tard. Les deux coraux, surpris par les premières lueurs du jour, moururent. C’est ainsi que naquit l’histoire des to’a maeha’a. Sur scène, les 85 artistes de Te pare o Tahiti aea, tout de bleu et de blanc vêtus, avaient reconstitué une partie de ces récifs jumeaux.

Un élément qui leur permettra peut-être de faire la différence et de décrocher le premier prix en tarava Tahiti et en himene ru’au.

 

 

Tamarii Tuha’a pae no Mahina en tarava Tuha’a pae (chant)

Le groupe mené par Viviane Tavita défendait son premier prix obtenu l’an dernier en catégorie tarava Tuha’a pae. (© Désiré Teivao)

Le groupe mené par Viviane Tavita défendait son premier prix obtenu l’an dernier en catégorie tarava Tuha’a pae. (© Désiré Teivao)

Après le premier prix en tarava Tuha’a pae l’année dernière au Heiva i Tahiti, Tamarii Tuha’a pae no Mahina revient à To’ata pour rendre hommage à l’île de Nuiova, plus connue aujourd’hui sous le nom de Rimatara.

Située à 600 kilomètres de Tahiti, elle est également l’île la plus petite de l’archipel des Australes avec seulement neuf kilomètres carrés de superficie. Dans ses himene, la formation de Viviane Tavita revient ainsi sur les origines du nom de l’île de Rimatara et sur la vie quotidienne de ses habitants ne vivant principalement que de l’agriculture, de la pêche et de l’artisanat.

Le groupe a également rendu hommage à la dynastie des Tamaeva, régente de l’île durant de nombreuses années. Elle fut l’une des dernières à se maintenir dans les îles du fenua, puisqu’il faudra attendre le début du XXe siècle pour que Rimatara cesse d’être un royaume. Le groupe Tamarii Tuha’a pae no Mahina réussira-t-il à conserver son premier prix en tarava Tuha’a pae ?

 

 

Teahinui en hura ava tau (danse)

Baptême du feu, samedi dernier, pour la jeune troupe dirigée par Tekeu Brunel. (© Désiré Teivao)

Baptême du feu, samedi dernier, pour la jeune troupe dirigée par Tekeu Brunel. (© Désiré Teivao)

Grande première sur la scène de To’ata pour Teahinui, groupe formé en 2017 autour de plusieurs membres de la famille Brunel, et notamment Tekeu Brunel. Forte de son expérience auprès de Madeleine Moua et de Coco Hotahota, mais aussi d’une victoire au Heiva i Bora Bora avec le district de Faanui, Tekeu Brunel et sa troupe Teahinui visent les sommets pour une première participation au Heiva i Tahiti.

Pour son spectacle, le groupe n’a pas puisé dans les nombreuses légendes polynésiennes, mais a décidé de miser sur un texte et un spectacle rendant hommage à la femme polynésienne. “Si nous voulons préserver notre identité, nous devons protéger et honorer celles qui nous portent en leur sein pour qu’elles continuent d’être les gardiennes et premières enseignantes de notre histoire”, a indiqué le groupe en préambule de sa prestation. Ce sont donc pas moins de huit tableaux que les 85 danseurs de Teahinui ont présenté au public et au jury du Heiva i Tahiti. Les artistes ont ainsi interprété les rapports entre la femme et l’homme, avant l’arrivée des missionnaires, et le changement de ces rapports une fois les Polynésiens convertis au christianisme. Du côté des costumes, c’est l’explosion des couleurs, les artistes passant de l’orange au rouge ou encore au jaune. Teahinui nous en a mis plein les yeux.

 

 

Hei Tahiti en hura tau (danse)

Le public a aussi été conquis par le grand costume de la troupe de Tiare Trompette-Dezerville. (© Désiré Teivao)

Le public a aussi été conquis par le grand costume de la troupe de Tiare Trompette-Dezerville. (© Désiré Teivao)

Pour clore la soirée du 7 juillet, le public a eu droit à la prestation de l’un des groupes les plus attendus cette année sur la scène de To’ata, Hei Tahiti en hura tau, dirigé par Tiare Trompette-Dezerville.

Cette dernière était très attendue depuis la divulgation de son thème ’Oteu fenua, dans lequel la cheffe de groupe présente un viol. “Histoire de ma terre, histoire de viol. Me rappelant ainsi le passé douloureux de ma terre, Mata’irea à la fraîche fougère, Hinarere au visage ravissant, reine de Tefarerari’i, violée par Tai, un grand homme d’Iripa’u, désormais Taha’a.”

La grande interrogation portait donc sur comment le public allait réagir devant un thème aussi violent. Eh bien, ce dernier semble avoir répondu positivement puisque les applaudissements étaient nourris à la suite de la prestation du groupe. Les chorégraphies, les tenues, les chants, les ’orero, les acteurs et le professionnalisme du groupe ont su parfaitement séduire un public qui ne semblait pas tout à fait rassasié une fois les lumières éteintes.

 

 

 

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