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Hell Ton John, une expo locale et un festival international

mercredi 2 août 2017

HTJ

HTJ photographié par l’artiste Teikidev. (@ Teikidev)

Ce n’est pas les vacances pour tout le monde. Hell Ton John, dit HTJ, graffeur et artiste plasticien bien connu à Tahiti, s’apprête à partir sous peu, avec deux autres artistes mais aussi amis, aux États-Unis pour un festival mi-août. À peine rentré, il poursuivra avec une exposition personnelle, à Tahiti. Un mois bien chargé dont il a tracé à La Dépêche de Tahiti les grandes lignes, hier.

“Pour Tiki Oasis, nous partons à trois avec KNKY et Cronos”, dit HTJ, d’entrée.

Habitués à travailler et exposer ensemble, les trois larrons de l’art contemporain polynésien partent exposer à Tiki Oasis, le plus grand festival tiki au monde, du 10 au 13 août, qui se tient à San Diego, aux États-Unis. “C’est un festival qui existe depuis plus de quinze ans, un peu loufoque, où cohabitent des concours de cocktails, les plus grands artistes tiki mug (des sculptures de tiki “un peu rigolo” en céramique, NDLR) et un art show où des stands sont à louer”, explique Hell Ton John.

“L’année dernière, on l’avait raté, cette année, on a réussi”, explique le plasticien. À Tiki Oasis, il y a même une élection de Miss Tiki, du burlesque, tout l’univers très américain qui a réinventé l’univers du tiki dans les années 1930-1940 (via la littérature) et sublimé dans l’exposition Tiki Pop du Musée du quai Branly – que les trois artistes n’ont pas vue –, il y a trois ans maintenant et que Tahiti pourra apprécier d’ici quelques mois.

Le coût d’un tel déplacement est important pour les trois artistes du fenua. Rien que la location du stand pour trois jours et demi coûte près de 250 000 F. “À l’américaine”, s’amuse HTJ, sans omettre de préciser qu’une telle opération serait impossible sans le soutien du ministère de la Culture et Air Tahiti Nui.

Confiants, HTJ et ses compères comptent sur un public “plutôt âgé, en chemise à fleurs et au fort pouvoir d’achat” pour réaliser quelques ventes sur place, même si c’est une première, donc un peu stressante pour eux, chacun partant avec une petite dizaine d’œuvres.

“On est sur du find art comme ils l’appellent, le but est essentiellement de promouvoir notre travail, sur le thème du tiki.” Les trois artistes amènent d’anciennes mais aussi de nouvelles pièces. “Cet un véritable art, le tiki mug, là-bas, les plus grands seront là, nous venons avec nos tiki plutôt contemporains, c’est cool.”

“Bizarrement, on ne connaît pas du tout cette culture Tiki Pop ici”, regrette HTJ, aussi graphiste, qui “ne roule pas sur l’or mais qui s’en sort bien”. Ce dernier, avait tenté l’export l’année dernière à la même époque, à Hawaii, avec ses planches, son support fétiche (lire La Dépêche de Tahiti du 5 août 2016, “Hell Ton John expose ses œuvres à Hawaii”). La glisse est venue d’abord, c’est ensuite qu’il est devenu son support de création.

“J’avais des planches, j’ai commencé à dessiner dessus. Puis, comme par accident, une planche était cassée, je l’ai arrachée et j’ai commencé à la sculpter. Cela a du sens de continuer à travailler dans ce sens”, parlant évidemment de ses planches de surf mais aussi de skate à qui il redonne vie, une fois estampillées HTJ.

 

Exposition à la galerie Winkler  

 

Et fin août, il remet ça, mais au fenua. Sa dernière exposition personnelle remontait à deux ans, HTJ revient à la galerie Winkler toujours, avec ses planches sous les bras puis sur les murs, mais pas que.

Le thème ? “Mon travail” répond l’intéressé, avant d’ajouter, “qui est assez varié”. Des planches, des toiles, des sérigraphies mais aussi une nouvelle série, intitulée “chimères marquisiennes”.

Composées d’os de crânes d’animaux différents (biquette, cochon, cerf, principalement marquisiens), ces chimères sont des assemblages, “pour créer de nouveaux animaux (qui n’existent pas), comme des trophées de chasse”.

Parmi ces nouveaux animaux sortis tout droit de l’imaginaire de l’artiste, forcément, une licorne. “J’ai commencé par un et puis j’ai trouvé un dealer de crânes marquisiens”, s’amuse HTJ. “Je les assemble, je les vise, je les colle, les mastique puis les peins, certains m’inspirent, d’autres non”, explique-t-il, tout en mimant “mettre des sourcils en forme de mâchoires” et “rajouter des cornes de biquette à un cochon”. Des assemblages qui restent dans le fil conducteur de son travail d’artiste.

Au total, ce sont une quarantaine de pièces qui seront montrées au public lors de cette nouvelle exposition personnelle, fin août, rue Jeanne-d’Arc, autour de son thème de prédilection, “les tiki, les divinités tribales”.

“J’ai dérivé du tiki, au masque africain, papou, c’est un gros mix aujourd’hui, presque des dieux de cartoon. Je mélange tout et je m’amuse surtout. Je n’ai pas envie de faire un tiki qui ressemble à un tiki fait par un sculpteur. Ils sont nombreux et savent très bien le faire, il faut que je fasse quelque chose qui soit à moi, d’où ces divinités un peu étranges”. Étranges certes, mais charmeuses. 

 

Christophe Cozette

 

• Pratique

– HTJ avec Cronos et KNKY au Tiki Oasis, à San Diego, aux États-Unis du 10 au 13 août (plus d’infos sur www.tikioasis.com).
– HTJ à la galerie Winkler, du 31 août au 12 septembre.

 

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