Hervé Matériaux souffle ses 50 bougies à Titioro

    mercredi 27 avril 2016

    L’entreprise Hervé Matériaux fête ses 50 ans d’existence. Fondée par Robert Hervé, qui a assuré le commandement au retour des Tamari’i volontaires, l’entreprise est aujourd’hui dirigée par son fils, Philippe, 62 ans.  Retour sur une des belles entreprises privées du fenua.
    L’homme caché dans la forêt. Ce soir, à 18 heures, une bonne partie des tavana (plus de 20) et des institutions – pas moins de quatre ministres sont attendus – ont été conviés pour ce demi-siècle d’activités économiques de l’entreprise Hervé Matériaux, mais aussi pour célébrer son virage écologique, axé sur le développement durable et la haute qualité environnementale depuis 2014/2015. Derrière cette success story polynésienne se cache un homme, ou plutôt deux, Hervé père et fils.
    “L’entreprise a été créée en 1966 par mon père, qui est arrivé en 1934 en Polynésie. Au départ, on était plutôt dans l’exportation de la vanille, du coprah et de la nacre”, s’est remémoré Philippe Hervé, un amoureux de la nature, très discret, pas people pour un sou. “Dans les années 1960, les exportations ont chuté, d’où l’idée de faire de l’import à la place de l’export.”

    Philippe, après ses études en France, a intégré l’entreprise familiale en 1979, à l’époque où elle se trouvait en face des pompiers de Papeete. La société est maintenant fixée à Titioro depuis 1988.
    Et c’est comme cela que les bois mais aussi la peinture et les sacs de jute (Hervé senior était directeur de la Compagnie française de Tahiti, qui exploitait trois atolls).
    “Petit à petit, on s’est étoffé pour devenir Hervé Matériaux. On propose tout, du sol au plafond. On bricole beaucoup, ici comme dans les îles”, reconnaît Philippe.

    Aujourd’hui, 95 % des essences (importées) sont issues de forêts certifiées pour les bois non traités ou, lorsqu’ils sont traités, les importateurs “évitent” les techniques de traitement nocives pour l’environnement, comme l’utilisation du plomb ou du zinc par exemple.
    Tous répondent aux normes internationales et sont surtout – et c’est une force de l’entreprise – entreposés à sec, à Titioro, sur 27 000 m2 de linéaires (3 500 m2 au sol).

    “Nous n’avons pas un bout de bois qui traîne à la pluie”, se réjouit Patrick Seurot, responsable du marketing, à l’approche de ce jubilé, à l’occasion duquel un magnifique album-catalogue souvenir a été imprimé.
    Tout un tas d’essences ont été bannies, dans cet esprit environnemental. La seconde étape consistera, dans les années qui viennent, à passer l’entreprise en elle-même sous norme ISO, notamment son entreposage. “On pourra ainsi proposer une valeur ajoutée (écolo), de la forêt au menuisier ou au particulier”, se réjouit d’avance Patrick
    Seurot.

    27 000 m2 d’entrepôts et 20 spots radio

    Répondant ainsi aux exigences du XXIe siècle sur le développement durable, Hervé Matériaux propose aux communes des solutions de constructions qui évitent le béton armé, même si la concurrence est rude.
    Trop longtemps “faussés”, selon la direction, les appels d’offres des marchés publics ont été longtemps et volontairement “boudés” par l’entreprise qui, depuis peu, y postule.

    En tout cas, Philippe Hervé – “un homme éthique et de probité” selon son entourage – voit d’un bon œil l’arrivée de l’autorité de la concurrence.
    Hervé Matériaux réalise aujourd’hui environ 30 % de parts de marché face à quatre concurrents.
    Le “retour du bois” pourrait faire de ce dernier, d’ici quelques années, le roi des matériaux. N’est-ce pas Tatie ?
    Car oui, Hervé Matériaux, c’est le fondateur Robert (lire ci-dessous), son fils Philippe, 62 ans, aujourd’hui à la tête de l’entreprise, mais aussi Tatie Hervé, la tante virtuelle de la publicité radio, bien connue.

    Ce personnage existe depuis 2005, une vingtaine de spots différents ont été faits, avec la complicité d’Alain Lievens, de Fritkot Studio.
    “Quand j’écoutais les pubs sur le bois et les matériaux, ce n’était jamais drôle, ni sexy”, confie le créateur de pub et producteur. “Le produit en lui-même non plus mais on avait la chance d’avoir un nom en forme de prénom alors on a trouvé ce personnage, à l’opposé du P-DG – qui pourtant ”adore le côté décalé” – et on a commencé à délirer dessus”, confie Alain, qui aime faire cette tatie, un peu Danièle.

    Malgré une année record en 2004, comme beaucoup, l’entreprise a subi la crise. “Avant, c’était un peu plus facile”, reconnaît le P-DG.
    D’où la publicité radio, même si c’est “plutôt la télé qui, quand on a fait notre spot en forme de dessin animé, a eu une forte influence sur les ventes, avec effet immédiat”, se souvient Philippe Hervé.
    Quoi qu’il en soit, “on vit la crise mais on ne la subit pas”, le budget com’ est le numéro 2 de l’entreprise. “On est géré un peu à l’américaine, la communication ne baisse pas”, reconnaît Patrick Seurot.

    “50 ans d’existence, c’est une bonne performance”

    “C’est quand même sympa de tenir après 50 ans d’existence, c’est une bonne performance”, reconnaît celui qui se rappelle des premiers entrepôts, où il travaillait comme manœuvre, durant ses vacances scolaires, à l’époque où il n’y avait que cinq employés.
    “Papa m’a appris un certain nombre de valeurs”, reconnaît simplement son fils, admiratif de cet homme qui a ramené les Tamari’i, à la fin de la guerre.
    Philippe fait d’ailleurs partie de l’association des Polynésiens dans la guerre, qui a participé à l’écriture du film de Jacques Navarro-Rovira, Aux armes Tahitiens.

    Ces valeurs “ont été parfois un peu dures à porter mais quand cela marche, c’est gratifiant”, reconnaît l’intéressé.
    Hervé Matériaux restera dans la famille, “a priori”, même si la nouvelle génération ne travaille pas dans l’entreprise pour le moment.
    Philippe se laisse encore une dizaine d’années avant de passer la main. Père de trois enfants, l’homme est discret.
    “Peut-être trop mais c’est dans ma nature”, souffle-t-il. Et sa nature, c’est au milieu des arbres, où il aime passer du bon temps, libre. C’est un passionné de randonnées.

    Récemment, sans rien dire, accompagnés de quelques amis travailleurs, il a entièrement retapé l’abri du Te Pari.
    “Cela me faisait mal au cœur de voir ce refuge tomber en ruines, je suis très content de l’avoir fait, tout était envahi par la végétation”, reconnaît-il humblement.
    Il aime aussi le kayak, tout ce qui est nature.
    “Je suis un homme des bois”, reconnaît Philippe, qui aurait sans doute aimé être un explorateur dans une autre vie.

    Christophe Cozette

    le blanc 2016-04-27 15:37:00
    tayoro ma bandit voleur trop cher le bois au prix de l acier que des voleur
    Toki 2016-04-27 12:39:00
    Bravo pour la démarche écologique! Je vous souhaite de réussir dans vos projets!
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