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Hexagone – #Metoo : rassemblements contre le harcèlement

lundi 30 octobre 2017

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées hier, en France, pour dénoncer pêle-mêle  harcèlement, agressions sexuelles ou viols subis, dans le sillage des témoignages qui ont déferlé  sur la toile sous les hashtags #metoo et #Balancetonporc. (Photo : Georges Robert/Citizenside/AFP)

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées hier, en France, pour dénoncer pêle-mêle harcèlement, agressions sexuelles ou viols subis, dans le sillage des témoignages qui ont déferlé sur la toile sous les hashtags #metoo et #Balancetonporc. (Photo : Georges Robert/Citizenside/AFP)

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées hier en France pour dénoncer pêle-mêle harcèlement, agressions sexuelles ou viols subis, dans le sillage des témoignages qui ont déferlé sur la toile sous les hashtags #metoo et #Balancetonporc.

Munies de petites pancartes “Metoo”, “Metoo, j’avais 19 ans”, “Metoo par un collègue”, “Metoo par un camarade militant”, 2 500 personnes, selon la préfecture de police, femmes et hommes, se sont réunies place de la République à Paris. Plusieurs rassemblements se sont aussi déroulés en province.

L’appel à manifester a été lancé par la journaliste Carol Galand qui avait invité “à faire de #metoo autre chose qu’un buzz sur les réseaux sociaux”.

Margot, 18 ans, serveuse, raconte qu’un de ses collègues lui “pinçait les jambes dans l’escalier”. Quand elle en a référé à son supérieur, celui-ci est allé parler à son collègue mais est revenu en lui disant que “c’était sa manière de communiquer”. Depuis, Margot a démissionné, “en partie pour cela”, raconte-t-elle sur la place de la République.

Plus loin, plus dramatique, des proches brandissent une grande photo d’une femme qui a disparu, victime de violences : “Metoo mais elle n’est plus là pour le dire. Qu’aurait dit Sarah ?”.

À Bordeaux, les visages sont graves. Une jeune femme en larmes raconte avoir été violée à 18 ans pendant une soirée : “J’ai dit non et j’ai été violée”.

Une autre explique qu’elle n’a jamais raconté à ses parents qu’elle avait été droguée et violée à l’âge de 15 ans pendant une soirée : “Vous n’en parlez pas, vous ne voulez pas que cela mette le bazar dans votre famille, dans votre entourage…”

“Il faut que cela soit un mouvement durable pour qu’on puisse enfin faire bouger les choses. Soyons réactives, soyons unies pour que la loi change et pour que les choses changent réellement !”, lance Annie, “féministe” qui travaille au Planning familial.

À Marseille, où une centaine de personnes s’est rassemblée, comme dans le centre de Lyon, des pancartes rappellent “125 femmes tuées en 2016”. À Toulouse, quelque 200 personnes se sont réunies.

À Paris, Claire, 61 ans, ancienne militante au MLF, est à la fois “triste” et “contente”, jugeant “intéressant” le mouvement en cours et se réjouissant de voir une pancarte “Le patriarcat nique son père” tenue par de jeunes hommes.

“1 % de violeurs condamnés, policiers et procureurs aux côtés des agresseurs”, “touche pas à ma pote”, “l’inceste est un interdit fondamental”, “dégagez machos, on aura votre peau”, “ta main au cul, ma main dans ta gueule”, les slogans oscillent entre rage et humour. 

La déferlante de témoignages de femmes victimes sur les réseaux sociaux est intervenue dans la foulée de l’affaire Weinstein, le producteur américain accusé de harcèlement, agression ou viol. 

AFP

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