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Hiro Tefaarere candidat à la présidence de Moruroa e tatou

mardi 16 avril 2019

Hiro Tefaarere le 18 mars, à la mairie de Papeete, lors de l’accueil de la dépouille de Roland Oldham, son ami d’enfance. Photo : archives/La Dépêche

Hiro Tefaarere le 18 mars, à la mairie de Papeete, lors de l’accueil de la dépouille de Roland Oldham, son ami d’enfance. (Photo : archives/La Dépêche)

La présidence de Moruroa e tatou est vacante depuis la disparition, dans la nuit du 15 au 16 mars, de son président historique, Roland Oldham,
dans sa 68e année. L’intérim est assuré depuis par le vice-président, le pasteur Mitema Tapati. En quelques années, les décès successifs de John Doom, Bruno Barrillot et de Roland Oldham ont privé l’association de trois personnalités majeures.

Le révérend François Pihaatae, actuel coordinateur de l’association, reconnaissait fin mars dans nos colonnes l’importance de se donner le temps de la consultation avant l’élection d’un nouveau président. Laquelle élection devrait intervenir après la réunion, en mai, du conseil permanent de l’Église protestante maohi (EPM) qui désignera son représentant à la vice-présidence.

Différents noms ont circulé ces dernières semaines, parmi lesquels ceux de Michel Arakino, Marius Chan ou encore Hirohiti Tefaarere.

Contacté hier par téléphone à Huahine, l’ancien leader d’A tia i mua a confirmé à La Dépêche sa candidature à la présidence de l’association dont il est membre fondateur, pour poursuivre le travail mené depuis 2001 par son ami Roland Oldham.

Pour Hiro Tefaarere, ce serait là le prolongement logique de son propre engagement antinucléaire depuis le début des années 1970. “Paix à leur âme, John Doom, Bruno Barrillot et Roland Oldham ont fait ce qu’il y avait à faire pour que les Polynésiens s’intéressent aux causes et aux conséquences désastreuses, dramatiques et irréparables des essais nucléaires français”, a-t-il déclaré hier, rappelant qu’avec Roland Oldham et son cousin Michel Buillard, ils avaient été “les plus jeunes militants antinucléaires” à l’époque des manifestations organisées par Francis Sanford, John Teariki ou inspirées par l’exil forcé de Pouvanaa.

Hiro raconte qu’à son retour de métropole en 1975, il a travaillé à Moruroa. “Par la suite, dans la police nationale, par l’action syndicale ou l’engagement politique, j’ai toujours suivi de près le dossier nucléaire”, poursuit-il, soulignant l’opposition farouche d’A tia i mua à la reprise des tirs atomiques en 1995 suite à la décision du président de la République, Jacques Chirac, de conduire une ultime salve malgré la suspension prononcée 1992 par le président Mitterrand.

 

Le fantôme de 1995

 

“Nous avons participé à toutes les manifs avec la Flotille pour la paix, le mouvement Hiti Tau de Gaby Tetiarahi, le Tavini huiraatira, le Ai’a api, le Ia mana te nuna’a, le Here ai’a, le Tireo de Jean-Marius Raapoto… et avons été à la tête de la plus grande manifestation antinucléaire que la Polynésie ait connu, qui a rassemblé près de 20 000 personnes venues des associations, des églises, des partis politiques et des syndicats”, évoque l’ancien élu Tavini, qui rappelle qu’il avait participé à l’échelon national en 1992 à toutes les discussions relatives au Pacte de progrès. “Nous étions bien placés car A tia i mua est le seul syndicat à avoir lancé des grèves dures parmi les personnels civils des sites de Hao et Moruroa.”

Hiro Tefaarere a été arrêté dans les locaux de son syndicat à Mamao quelques jours après l’incendie de l’aéroport le 6 septembre 1995, puis condamné. “On a mis sur mon dos toute la responsabilité des évènements. Tout le procès qui a suivi, en première instance, en appel et en cassation a démoli les arguments de l’accusation. Et je me suis retrouvé citoyen libre…”

 

Damien Grivois

 

 

 

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