HITIA’A O TE RA – Projet de défusion des communes associées : Un parcours du combattant où volent des balles perdues

    jeudi 29 octobre 2015

    Dans un courrier à Dauphin Domingo, maire de Hitia’a o te Ra, le haut-commissaire annonce qu’il va engager la procédure de défusion.
    Jacqui Drollet, tavana de Hitia’a, s’attend à un parcours du combattant.
    En plus de l’hostilité du représentant de l’État, le soldat Drollet pourrait ne plus avoir le soutien de son camp.

    “Ce n’est pas une très bonne idée”, a déclaré le haut-commissaire, le 30 septembre, lors de sa visite à Hitia’a o te Ra, mais contraint par deux délibérations et le Code général des collectivités territoriales (CGCT), Lionel Beffre donne suite à la demande de défusion des quatre communes associées. Dans un courrier transmis au tavana Dauphin Domingo début octobre, le représentant de l’État confirme son engagement à lancer la procédure qui érigera Papeno’o, Tiarei, Mahaena et Hitia’a en communes de plein exercice.
    Mais on ne crie pas victoire du côté de Jacqui Drollet. “L’aventure continue”, ironise le maire-délégué de Hitia’a qui a disséqué le courrier du haussaire en conférence de presse hier matin. D’abord, Jacqui Drollet, à l’origine de cette demande de défusion depuis des années, remarque que le représentant de l’État ne manque pas de préciser que, s’il a l’obligation d’engager la procédure d’instruction, “aucun calendrier ne lui est imposé”. Pour le tavana, il ne fait pas de doute que Lionel Beffre utilise la loi “comme moyen dilatoire”, pour retarder l’aboutissement du projet.

    Le prix de la liberté

    Même si le haussaire indique qu’il va procéder, “dans les prochaines semaines”, à la nomination d’un commissaire enquêteur chargé d’étudier le projet de défusion, Jacqui Drollet comprend que cette procédure est “un parcours du combattant et que le prix de la liberté est élevé”. Car le haussaire veut trouver une personne n’ayant aucun intérêt personnel au résultat de l’enquête. “Comment imaginer trouver un commissaire enquêteur qui ne présente aucun lien familial quelconque avec les 10 000 habitants de Hitia’a o te Ra ?”, s’interroge le maire.  
    Jacqui Drollet est également perplexe concernant les “angles” de travail de l’enquêteur qui seront précisés par le haussaire, à savoir la configuration des lieux, les arguments économiques et financières, les charges financières (en terme de masse salariale) pouvant résulter de la défusion, ou encore la nécessité d’assurer une gestion administrative cohérente de la commune.

    Seule incertitude :
    le temps que ça va prendre

    Pour le tavana, les choses se compliquent encore un peu plus avec la mise en place d’une commission élue dans chaque commune : “On ne sait pas très bien comment cela va se dérouler, sauf qu’il s’agira d’un scrutin plurinominal majoritaire. Il n’y aura pas de prise de candidature. Sous quel contrôle et quel type de résultat ? On a l’impression que cela va être un conseil municipal bis.”
    Après l’avis de ces commissions et la rédaction du rapport de l’enquêteur, il faudra ensuite reconsulter le conseil municipal – pour la troisième fois – avant la saisie du conseil des ministres. Si le conseil municipal et des ministres sont favorables, le haut-commissaire devra prendre un arrêté créant les nouvelles communes. Des élections nouvelles seront alors organisées en fonction du nombre de conseillers à élire dans chacune des nouvelles communes. Le tavana est certain que la procédure – dont les frais (503 265 F) seront à la charge de la commune – va aboutir : “Le seul élément pour lequel nous n’avons pas de certitude, c’est le temps.”
    Jacqui Drollet pense tout de même que les élections pourraient intervenir en 2018. Reste la position des élus et de la population ? Le tavana de Hitia’a se réfère aux deux délibérations adoptées par les 29 élus. Et même si des dissensions se font entendre (lire ci-dessous), Jacqui Drollet sait qu’une majorité se dégagera “pour” la défusion.
    Quant à la population, le maire de Hitia’a assure qu’il a fait campagne sur ce thème dans sa section de commune et ne doute pas d’être suivi par ses comités de soutien.

    J-L.M.

    Dauphin Domingo prêt à faire marche arrière

    Lors de la visite du haut-commissaire, il y a un mois, le maire de Hitia’a o te Ra n’a pas caché qu’il n’irait pas à l’encontre du désir de la population. Un autre maire-délégué s’est dit très réservé sur cette séparation. Pourtant, tout le monde a voté les délibérations de juillet 2014 et août 2015 ! Aujourd’hui, Dauphin Domingo brise le silence sur les coulisses du vote de la dernière délibération : “Avant de voter cette défusion, nous avons demandé à Jacqui Drollet d’apporter des éléments pour bien réfléchir. Vous savez qu’il y a des barrages à Hitia’a et Papeno’o qui font entrer des taxes. Nous voulions savoir comment nous allions faire pour les taxes de la commune. Mais jusqu’à présent, il ne nous a rien apporté. Ce n’était pas clair. Il y a aussi la question de l’affectation des agents communaux. Comment allons-nous gérer ce problème ? Il n’est pas question que tous les agents restent à Tiarei, et que, faute de budget, je sois obligé de licencier des gens. En août, nous devions nous abstenir, car nous ne savions toujours pas comment nous ferions après la défusion. Nous voulions des preuves.”
    Le maire de Hitia’a o te Ra regrette d’avoir voté, mais il est prêt à faire marche arrière : “Je dois en reparler en conseil municipal. Si la défusion n’est pas équitable, demain, on rejettera cette délibération. Jacqui Drollet aurait dû voir des spécialistes de l’État avant de nous embarquer là-dedans. Je vous dis la vérité, on s’est fait piéger à la deuxième délibération.”

     

    Henri Flohr veut voir le résultat de l’enquête

    Si Dauphin Domingo, le maire de Hitia’a o te Ra, veut faire marche arrière pour la procédure, Jacqui Drollet sait qu’il pourra obtenir une majorité avec les voix des élus de l’opposition, et notamment celles de Papeno’o. Largement majoritaire à Papeno’o lors des élections de 2014, l’ancien tavana Henri Flohr s’est vu priver de son siège de maire. Avec la défusion, il tient sa revanche. Interrogé hier matin, Henri Flohr demande à voir : “Il faut que la procédure se déroule, ensuite on analysera la situation. Je ne m’oppose pas au repositionnement de Dauphin Domingo, mais j’aimerais voir ce que donnera l’enquête.”

    Duc Ynam 2015-10-29 13:29:00
    On aime bien faire compliqué les choses pour mieux gouverner..Bon courage!
    lebororo 2015-10-29 12:05:00
    Toujours du plaisir au Fenua...
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