Hollande annonce une réforme de l’indemnisation des victimes

    mardi 20 septembre 2016

    hollande

    (Photo : DR)

     

    Cérémonie en leur hommage

     

    François Hollande a annoncé hier une réforme du système d’indemnisation des victimes du terrorisme, lors d’une cérémonie en leur hommage empreinte d’émotion, mais aussi marquée cette année d’une tonalité plus politique à moins de huit mois de la présidentielle.

     

    Les ressources du Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme (FGTI) “seront revues” et l’État “s’en portera garant dans la durée”, a assuré le président de la République soulignant que “le terrorisme avait changé de dimension”, lors de cette cérémonie organisée depuis 18 ans par des associations.

    Devant des centaines de personnes réunies, sous une pluie fine, dans les jardins de l’Intendant aux Invalides, François Hollande a estimé que ce fonds, “créé il y a 30 ans”, ne pouvait “plus rester en l’état”, souhaitant à l’avenir une indemnisation “juste” et “transparente”, sans d’autre précision.

    Auparavant, des proches de victimes ou des rescapés, à la fois émus et dignes, avaient pris la parole pour chacun des huit attentats commis depuis 1989. Les noms des 230 victimes tuées par des terroristes depuis le 19 septembre 2015, en France comme à l’étranger, ont également été égrenés.
    Le chef de l’État a par ailleurs souligné qu’il était du “devoir de l’État de répondre à toutes les questions” sur “chaque attentat”, “y compris sur son propre rôle”.

    Une fois le pire advenu, l’État doit être exemplaire dans ses réponses, dans ses procédures et dans ses réactions”, a-t-il dit en réponse aux demandes des associations, mais aussi aux critiques de l’opposition, en particulier après l’attentat du 14-Juillet à Nice.

    Samedi dernier, lors d’une visite dans cette ville, Nicolas Sarkozy avait trouvé “insupportable de ne pas savoir ce qu’il s’est passé exactement” lors de l’attaque, réactivant les vives critiques lancées cet été par une partie de l’opposition contre le gouvernement.

     

    C’est “insupportable de ne pas savoir ce qu’il s’est passé exactement”

     

    L’État de droit n’est pas un état de faiblesse, mais est la force de l’État”, lui a rétorqué le chef de l’État. Outre le président François Hollande et le Premier ministre Manuel Valls, de nombreux ministres et personnalités de tous bords politiques, le visage grave, étaient présents pour cet hommage organisé à moins de huit mois de la présidentielle.

    Assis au premier rang, l’ex-président Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la droite, se trouvait non loin de ses rivaux, les anciens Premiers ministres Alain Juppé et François Fillon, ou le président du MoDem, François Bayrou. “J’attends que les familles de victimes et les victimes elles-mêmes se sentent mieux entourées”, a expliqué ce dernier.

    Profonde émotion ce matin aux Invalides. Le chagrin, la souffrance toujours vive, mais aussi le courage, la dignité des familles. Fraternité”, a tweeté Alain Juppé à l’issue de la cérémonie. Le député des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti, porte-parole de Nicolas Sarkozy a, lui, saisi l’occasion pour réclamer de nouveau un hommage national pour les victimes de l’attentat de Nice.

    Alors que la lutte antiterroriste s’annonce comme l’un des thèmes incontournables de la campagne pour 2017, la classe politique sait qu’elle ne peut ignorer les attentes des victimes, tant en matière d’indemnisation que sur le travail de mémoire. Depuis l’an dernier, la France a basculé dans une nouvelle ère, avec “un nombre inégalé de victimes du terrorisme”, souligne Stéphane Gicquel, secrétaire général de la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs (Fenvac).

    Et si la menace reste “maximale” en France, comme le martèle notamment Manuel Valls et comme en témoigne la série d’arrestations menées ces derniers jours en lien avec des projets d’attaques jihadistes, le terrorisme est un sujet éminemment politique. François Hollande, que les derniers sondages donnent éliminé au 1er tour de l’élection présidentielle de 2017 s’il était candidat, se pose de son côté en défenseur de l’État de droit, rejetant tout “état d’exception”, en référence par exemple aux propositions de certains à droite visant les “fichés S”.

     

    AFP

     

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