Hollande, qui assure que la France « va mieux », dira en fin d’année s’il est candidat

    jeudi 14 avril 2016

    Confronté à des sondages catastrophiques, François Hollande a proclamé jeudi soir que la France « va mieux », annonçant qu’il dévoilerait en fin d’année ses intentions sur une éventuelle candidature, tout en recadrant l’ambitieux Emmanuel Macron.

    « Oui, ça va mieux », a lancé d’emblée le chef de l’Etat, affirmant qu’il y avait désormais « plus de croissance, moins de déficits, moins d’impôts et plus de compétitivité », sur le plateau de l’émission spéciale « Dialogues citoyens » sur France 2.

    Sera-t-il candidat ? Décision « à la fin de l’année » avec le chômage pour juge de paix comme il s’y était engagé.

    François Hollande a tenté de lancer lors de cette émission de 90 minutes une énième et périlleuse opération de reconquête de l’opinion. Assurant suivre depuis quatre ans un « fil conducteur », il a promis de poursuivre « jusqu’au bout » les réformes engagées.

    Son ministre de l’Économie Emmanuel Macron avait pourtant déclaré quelques heures plus tôt à Londres que l’exécutif avait décidé d' »arrêter une partie des réformes », sans préciser lesquelles.

    Quant aux initiatives politiques de cet électron libre du gouvernement qui a lancé quelques jours plus tôt « En Marche », son mouvement politique à forte teneur libérale, elles ont fait l’objet d’un recadrage en bonne et due forme : « Qu’il veuille s’adresser aux Français, je ne vais pas l’en empêcher » mais « il doit être dans l’équipe, sous mon autorité ».

    Le président de la République a aussi contredit son Premier ministre Manuel Valls, qui a souhaité récemment l’interdiction du voile à l’université. « Non, il n’y aura pas d’interdiction dans les universités », a-t-il tranché, arguant qu’elles étaient « un lieu de liberté ».

    Souvent sur la défensive, François Hollande a même affirmé à tort que la France était dans la moyenne européenne en matière de chômage des jeunes alors qu’il s’élevait à 25,9% dans l’Hexagone en janvier contre 19,7% dans l’UE, selon l’office européen de statistiques Eurostat.

    De nouveau accusé d’indécision après des reculades sur plusieurs réformes, il a cependant assuré qu’il ne renoncerait pas à la « loi travail » de Myriam El Khomri, qui « ne sera pas retirée » même s’il peut y avoir des « corrections » au Parlement. Selon lui, « discuter, concerter (…) ce n’est pas céder à la rue ».

    A l’adresse de la jeunesse, il a jugé « légitime » qu’elle « veuille s’exprimer », évoquant le mouvement citoyen Nuit Debout, lancé au soir du 31 mars sur la place de la République à Paris pour protester contre la loi travail.

    Mais, jeudi, les jeunes se sont de nouveau mobilisés à Paris et en province, parfois violemment, contre la loi travail.

    Plusieurs centaines de manifestants incontrôlés ont commis de nombreuses dégradations jeudi soir à Paris, après un rassemblement organisé plus tôt place de la République, a constaté une journaliste de l’AFP.

    Des jeunes, cagoulés pour certains, ont brisé sur leur passage, dans les 10e et 19e arrondissements, des vitrines, des abribus ou encore des véhicules Autolib. « Tout le monde déteste la police! », « la rue elle est à nous! », criaient des manifestants, défiant les CRS.

    – Plaidoyer pro domo mais pas d’annonce -Après avoir été interrogé par David Pujadas et Léa Salamé, le chef de l’Etat était soumis au feu roulant des questions de quatre Français : Véronique Roy dont le fils converti à l’islam est parti faire le jihad en Syrie où il a été tué, Antoine Demeyer, chauffeur de car, sympathisant du FN, Anne-Laure Constanza, patronne d’enviedefraise.fr, et un étudiant, Marwen Belkaid, militant de Nuit debout.

    Le chef de l’Etat s’est livré face à eux à un long plaidoyer pro domo mais s’est abstenu de toute annonce majeure, ce qui a été pointé par l’opposition, d’Alain Juppé (LR) qui a fait part de son « profond sentiment de scepticisme », à la présidente du FN Marine Le Pen déplorant « un nouveau grand ratage présidentiel qui en aucun cas ne redonnera espoir aux Français ».

    Le Parti de gauche y a vu « un bide ». Le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis a voulu saluer un président « debout dans la nuée des critiques ».

    François Hollande regrette-t-il l’interminable feuilleton sur la déchéance de nationalité ? « C’était important qu’il y ait cette unité » autour d’une mesure « symbolique » alors que le pays pouvait « éclater » après les attentats du 13 novembre, a-t-il justifié, pointant les « calculs politiciens » qui ont eu selon lui raison de la réforme.

    Loin du président « normal » des débuts du quinquennat, il a bénéficié d’une tribune extraordinaire sur la chaîne publique: 90 minutes d’émission, commencée à un horaire inhabituel, 20H15, et en direct depuis le Musée de l’Homme. Le jour-même, un sondage Elabe pour BFMTV a révélé que près de neuf Français sur 10 (87%) jugeaient négativement son bilan.

    « Je n’ai pas de doute sur le cap que j’ai choisi », a-t-il soutenu, « être président, c’est vivre tout le temps avec la tragédie (…) j’ai tenu bon dans toutes les difficultés ».

     Agence France-Presse

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