Hollande reconnaît la responsabilité française envers les harkis

    lundi 26 septembre 2016

    harkis

    François Hollande a reconnu hier la responsabilité de l’État français envers les harkis, répondant ainsi à une promesse faite lors de la présidentielle de 2012.

     

    François Hollande a reconnu hier “les responsabilités” de la France dans “l’abandon” des harkis au cours d’une journée d’hommage qui a pris des allures de précampagne électorale, à sept mois de l’élection présidentielle.

     

    Cette reconnaissance était une première par son caractère solennel. Candidat, François Hollande en avait fait la promesse, en avril 2012, tenue dès septembre de la même année, mais seulement via un message lu par un de ses ministres. Encore chef de l’État mais alors complètement candidat, Nicolas Sarkozy avait, lui aussi, “reconnu” cette responsabilité française, huit jours avant la présidentielle 2012.

    Il avait été le premier président à se rendre au camp de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), où avaient été parqués plusieurs dizaines de milliers de harkis. Mais hier, François Hollande a délivré son message dans la cour de l’Hôtel national des Invalides à l’occasion de la Journée nationale d’hommage aux harkis, instituée, a-t-il rappelé, par l’ancien président Jacques Chirac.

    Je reconnais les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis, les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil inhumaines des familles transférées dans les camps en France”, a dit le chef de l’État, applaudi par les représentants des harkis présents.

    Kader Arif, son ancien secrétaire d’État aux anciens combattants, a estimé que c’était “un acte fort”, Europe Écologie-Les Verts y voyant “un pas en avant important dans le travail de mémoire relatif à la guerre d’Algérie que la France doit entreprendre”. Christian Estrosi, l’un des porte-parole de la campagne de Nicolas Sarkozy, y a vu, lui, un “plagiat” de son champion.

    François Hollande a repris presque au mot près sa promesse de 2012, manière pour lui de montrer qu’elle est pleinement honorée… et de tenter de se réconcilier avec un certain nombre de harkis qui avaient protesté  au printemps. Le chef de l’État avait en effet commémoré le cessez-le-feu du 19 mars 1962 en Algérie (le lendemain des accords d’Évian), une date qu’ils considèrent comme symbolique de leur abandon.

    Après ces accords, 55 000 à 75 000 harkis ont été abandonnés en Algérie et victimes de sanglantes représailles de la part des nationalistes. Quelque 60 000 ont été admis en France. François Hollande a souligné le caractère “symbolique” de sa déclaration, insisté sur les actions déjà entreprises par ses prédécesseurs et rappelé son plan d’action de 2014 comportant un volet “réparations”.

    C’est qu’au sein de la communauté harkie, des voix s’élèvent pour que la France fasse un geste supplémentaire. “La France a une dette envers les harkis”, déclarait en mars Hocine Louanchi, coordinateur du Rassemblement militant de la cause harkie. Mohamed Otsmani, délégué régional Paca du Comité de liaison national des harkis, qui représente 150 000 personnes, a, lui, demandé une loi, car “la reconnaissance ne va pas sans la réparation”.

    Nous trouvons la paix des mémoires” avec la déclaration de François Hollande, s’est-il tout de même félicité.
    Des députés de droite ont déposé en avril une proposition de loi pour “réparer les préjudices moraux et matériels subis par les harkis”, 500 000 personnes avec les descendants.

     

    AFP

     

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