Hommages d’anonymes place de la République à Paris et dans plusieurs villes de province

    samedi 14 novembre 2015

    Plusieurs milliers de personnes se sont spontanément rassemblées samedi à Paris comme dans de nombreuses villes de province, pour « pleurer » les morts des attaques de la veille, ont constaté des journalistes de l’AFP. 
    A Paris, place de la République, 100 à 200 badauds se sont recueillis, malgré l’interdiction de manifester décrétée par la préfecture de police.
    La mine grave, ces anonymes se recueillent quelques minutes au centre de la célèbre place parisienne, allument des bougies ou déposent furtivement des fleurs au pied de la statue de bronze, devenue un symbole de la mémoire nationale post-Charlie, ont constaté des journalistes de l’AFP.
    « C’est la place de toute la France, c’est là qu’on s’est rassemblés pour Charlie », lance Gabrielle Paoli, 24 ans. « Pour Charlie, je n’étais pas en France. Hier, la première chose que je me suis dite, c’est que cette fois je suis avec mon peuple ».
    Sonné, Salim Lopez, 26 ans, fume cigarette sur cigarette. Il a perdu son frère et sa belle-soeur au bar Le Carillon (Xe arrondissement). Conducteur d’ambulance du Samu, il a préféré venir ici plutôt que de se rendre au travail: « Je ne voulais pas voir des familles dans la même situation que moi ».
    Après l’attentat contre Charlie Hebdo, une foule nombreuse s’était rassemblée dès le 7 janvier à « Répu », point de départ également, le 11, d’une marche gigantesque et sans précédent contre le terrorisme et pour la liberté d’expression.
    Mais samedi, l’interdiction de manifester sur la voie publique jusqu’à jeudi en Ile-de-France a rendu tout rassemblement de masse impossible. Face aux nombreuses allées et venues, des policiers en civil demandent aux gens de « ne pas rester » sur les lieux pour « éviter tout attroupement », explique l’un d’eux. « Si quelqu’un vient avec une ceinture d’explosifs, c’est terminé. »
     
    Tensions en province
     
    En province, plusieurs rassemblements spontanés ont également eu lieu dans l’après-midi, donnant parfois lieu à des tensions.
    A Lille, où 500 personnes défilaient à l’appel de la Ligue des droits de l’Homme, l’arrivée d’une quinzaine de militants d’extrême droite a obligé les CRS à s’interposer en formant un cordon de sécurité, a constaté un journaliste de l’AFP.
    De même, à Metz, une dizaine de militants identitaires ont perturbé le recueillement d’un demi-millier de personnes devant le monument aux morts. « On a pas peur », pouvait-on lire sur une pancarte et « Vous allez vous aimer les uns les autres bordel de merde », sur une feuille déposée sur les lieux, imprimée en blanc sur fond noir.
    A Poitiers, rare ville à avoir organisé une communion populaire, quelque 5.000 personnes se sont réunies, alors que des roses anonymes ont notamment été déposées sur le parvis de la mairie.
    A Saint-Quentin (Aisne), où le rassemblement était également à l’initiative de la municipalité, 1.500 personnes se sont réunies. 
    Un millier de personnes réunies devant la mairie de Bayonne, dans des silences entrecoupés d’applaudissements et de chants de la Marseillaise.
    D’autres rassemblements ont été constatés à Quimper (700 personnes), Arras (500), Nantes (450), Limoges (300), sur la place Stanislas de Nancy (200), sous la statue de Jeanne-d’Arc d’Orléans (200 à 300), à Cherbourg, Caen ou Laval.
    A Toulouse, 200 personnes environ se sont recueillies devant le Capitole dans un silence quasi-absolu, seulement interrompu par quelques voix chantant parfois La Marseillaise.
    Souvent jeunes, les manifestants se sont rassemblés devant une tête dessinée au sol à la craie, dont les contours étaient soulignés par des bougies blanches. 
     
    AFP

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