Hong Kong : violents affrontements entre les manifestants prodémocratie et la police

mardi 14 octobre 2014

Les heurts parmi les plus violents depuis le début des manifestations pro-démocratie à Hong Kong il y a deux semaines ont opposé mardi soir et mercredi matin les manifestants aux forces de police qui ont procédé à des dizaines d’arrestations.
Les manifestants se sont heurtés aux premières heures de la matinée de mercredi à des centaines de policiers qui tentaient de les déloger des barricades qu’ils venaient d’ériger sur une importante avenue proche du siège du gouvernement, a constaté un journaliste de l’AFP.
Les policiers, portant des casques et boucliers anti-émeute, ont repoussé à coups de poing et de matraque les manifestants qui avaient déployé pour se protéger leurs parapluies devenus l’emblème de leur mouvement. Les policiers ont également fait usage de gaz au poivre.
La police a annoncé avoir arrêté 45 personnes, 37 hommes et huit femmes. Après une heure de confrontation, les forces de l’ordre avaient regagné le contrôle de Lung Wo Road, une route proche du siège du chef de l’exécutif hongkongais, Leung Chun-ying.
Ben Ng, un étudiant de 18 ans, se trouvait près d’une barricade nouvellement érigée lorsque les policiers ont avancé. « Ils ont utilisé du spray au poivre sans raison ni avertissement. Des manifestants ont été frappés par des policiers », a-t-il témoigné. 
Daniel Cheung, journaliste d’un portail d’information en ligne, affirme avoir été passé à tabac par des policiers. « Ils étaient plus de dix. Ils m’ont donné coups de poing, de pied et de coude. Je leur ai dit que j’étais journaliste mais ils ne m’ont pas écouté », a-t-il raconté à l’AFP.
Mardi soir, les manifestants avaient déjà affronté la police en tentant de prendre le contrôle d’un tunnel et de la grande avenue où les protestataires bloquent des sites depuis plus de deux semaines pour obtenir des élections au suffrage universel.
Les militants ont dit à l’AFP avoir décidé d’occuper cette avenue après que la police a évacué une autre voie bloquée, sans prévenir.
Alors que la police se retirait, les manifestants commençaient à placer des barrières métalliques à l’intérieur du tunnel, bloquant du même coup le trafic routier sur cette voie, qui court d’est en ouest aux abords des bâtiments gouvernementaux, et qui n’avait jamais été occupée auparavant.

Une population lassée par les blocages
Bravant la tutelle chinoise, les manifestants exigent de pouvoir librement élire le prochain chef de l’exécutif hongkongais en 2017, alors que le Parti communiste chinois (PCC), craignant une contagion revendicative sur son territoire, entend garder la haute main sur le processus électoral.
Les blocages en place depuis le 28 septembre ont fortement perturbé l’activité à Hong Kong et la vie quotidienne des plus de sept millions d’habitants de ce territoire semi-autonome enclavé à l’extrême sud de la Chine, qui connaît sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.
Les frondeurs du « mouvement des parapluies » se sont d’abord attirés la sympathie du public mais les embouteillages, la congestion des transports en commun, la fermeture des écoles et des commerces ont fini par lasser. 
Des heurts parfois violents ont également opposé des manifestants à des hommes soupçonnés d’être les gros bras des triades (mafia locale), accusés par le mouvement prodémocratie d’agir à l’instigation des autorités.
Dans un effort pour réduire l’étendue du territoire aux mains des protestataires, des centaines de policiers ont commencé mardi à détruire les amas d’acier, de plastique et de bois érigés sur deux des trois sites occupés par les manifestants.
La police a averti que ce serait bientôt au tour de Mongkok, dans la partie continentale de Hong Kong, d’être visé par les opérations de démantèlement.
Jusqu’à mardi soir les manifestants n’ont pas opposé de résistance à ces opérations de police. Certains d’entre eux étaient en pleurs. « Nous allons partir parce que nous n’avons pas les moyens de résister mais nous n’abandonnerons pas », lançait aux policiers une jeune femme au bord des larmes.

AFP

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