Hôpital de Taravao – Des perturbations dès la fin du mois de mai

    jeudi 12 mai 2016

    Depuis lundi, une menace de grève planait sur l’hôpital de Taravao. Mercredi matin, des affiches disposées à l’accueil des urgences annonçaient une grève effective à compter de mardi soir, minuit, bien que les négociations étaient toujours en cours.
    Elles ont finalement abouti dans la journée à la signature d’un protocole d’accord, dont le détail n’a pas été communiqué.

    Parmi les points de revendication évoqués, certains infirmiers réclamaient notamment le paiement de leurs heures supplémentaires, qui n’auraient pas été indemnisées depuis janvier en raison d’un vide juridique, et ce bien qu’elles aient été effectuées. De façon plus générale, le personnel continue à s’interroger sur l’avenir du service des urgences, une nouvelle fois sur la sellette, avec le départ annoncé des deux médecins urgentistes restants, l’un en juin, l’autre en juillet.

    “Le problème va se poser dès le mois de mai : aujourd’hui, il y a encore des plages de garde vides sur le planning de la dernière semaine. Pour le mois de juin, ce sera encore pire, étant donné que les médecins ne seront plus là physiquement, puisqu’ils ont des congés à écluser”, souligne le Dr Blanche Chanfour, responsable du service du centre de protection infantile de Taravao, officiant au sein de l’établissement de santé de la Presqu’île depuis 1989, notamment en tant que médecin-chef de 2000 à 2006.

    Depuis l’année dernière, les gardes sont assurées conjointement par les médecins de l’hôpital et des médecins vacataires, selon la bonne volonté des uns et des autres, le soutien de ces derniers étant difficile à conserver en raison, là encore, de retards de paiement.

    En l’état actuel, le système semble arrivé à saturation. Le personnel médical, lui-même, se sent impuissant. “Ce mois-ci, je vais faire mes huit gardes autorisées, et déjà quatre en à peine une semaine. On est deux à donner un coup de main aux urgences, ce qui fait seize gardes possibles par mois. Or, il y a soixante plages de 12 heures à combler”, explique le Dr Blanche Chanfour, qui ne cache pas son inquiétude. “La situation actuelle, c’est la plus grave que j’ai pu connaître. J’espère que ce service ne sera pas fermé. Il faut trouver une solution, car je vois mal où pourront aller toutes ces personnes, dont beaucoup n’ont pas de moyens de locomotion.”
    Elle est rejointe sur le sujet par le maire de Taiarapu-Est, Anthony Jamet. “On a alerté plusieurs fois le Pays, pour essayer de remédier à cette situation. Avec une population de 40 000 habitants dans le bassin du sud, il serait problématique que ce service vienne à fermer ses portes”, insiste-t-il.

    “On attend beaucoup de la mise en œuvre du schéma territorial d’organisation sanitaire, pour qu’on puisse être considéré comme un hôpital de proximité, avec les moyens nécessaires pour assurer son bon fonctionnement”, ajoute-t-il.
    En attendant le rattachement au CHPF tant espéré, l’établissement manque cruellement d’attractivité. Les candidatures ne se bousculent pas. D’ici quelques semaines, les cinq postes d’urgentistes risquent donc bel et bien d’être tous vacants.

    A.-C.B.

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