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Hôtel du Tahara’a : une histoire mouvementée

vendredi 12 octobre 2018

1DG Vente Taharaa

Le terrain de l’hôtel Tahara’a vient d’être mis en vente pour 2,5 milliards de francs par l’agence French Polynesia Sotheby’s International Realty. (Photo : archives LDT)

 

L’hôtel du Tahara’a, qui a porté plusieurs noms au cours de son histoire (Inter-Continental, Hôtel Tahara’a, Hyatt Regency, Matavai Bay…), aura 50 ans en décembre. Le terrain magnifiquement situé sur lequel il a commencé à être construit en 1967 à flanc de falaise, à Arue, vient d’être mis en vente pour 2,5 milliards de francs par l’agence French Polynesia Sotheby’s International Realty, a indiqué Tahiti Infos. Selon nos confrères, l’agence va activer son réseau international et s’adresser à des professionnels de l’immobilier qui voudraient développer un programme hôtelier ou de résidence.

De nombreux Polynésiens se souviennent de la piscine où l’on pouvait siroter un “drink” en admirant le panorama (disparue au début des années 1990 et remplacée par une piscine à l’arrière, dans le vaste jardin), des cocktails organisés dans la somptueuse propriété arborée, des soirées mémorables au restaurant du Captain Cook…

En août 1995, l’hôtel Tahara’a, qui était exploité par le groupe Hyatt, avait été racheté pour 1,1 milliard de francs par une société dans laquelle Réginald Flosse était majoritaire. Cette même année, déjà confrontée à des difficultés financières, la structure hôtelière la plus importante de la côte est avait hébergé pendant plusieurs mois des escadrons de gendarmes mobiles, probablement ravis de l’aubaine… Leur présence était justifiée par un climat social précaire, au lendemain des émeutes à Faa’a et Papeete consécutives à la décision du président Jacques Chirac de procéder à une ultime salve de tirs atomiques à Moruroa et Fangataufa.

 

Vers une renaissance ?


Le 15 janvier 1998, l’hôtel, devenu huit mois plus tôt le Royal Matavai, fermait définitivement ses portes et son personnel était licencié. S’ensuivit alors une véritable déchéance, avec la vente du mobilier et la mise en sommeil de l’hôtel qui ne tarda pas à se détériorer sous l’effet du manque d’entretien.

Après un procès retentissant au cours duquel Gaston Flosse fut condamné à trois mois de prison avec sursis pour prise illégale d’intérêt, l’hôtel Royal Matavai devait reprendre vie en 2010 sous la forme d’une résidence de standing. En 2000, le président Flosse avait pris quatre arrêtés permettant au Pays d’acquérir l’hôtel. L’ex-président du Pays avait été accusé d’avoir favorisé la société SMPP de Robert Bernut pour le chantier de l’hôpital de Taaone, en échange d’une cession avantageuse des parts de l’hôtel Tahara’a au profit de son fils Réginald.

L’ancien hôtel du Tahara’a accuse, forcément, le poids des ans. Les acquéreurs potentiels, qu’ils envisagent une résidence ou une structure hôtelière, devront investir pour une remise à niveau indispensable du bâtiment. Cette emprise foncière d’une superficie de 12 hectares offre une vue imprenable sur la baie de Matavai. Un emplacement idéal et unique à Tahiti, face à l’océan, la pointe du Tahara’a étant issue d’un volcan secondaire à la cheminée principale de Tahiti. L’idéal, pour la population, serait qu’un nouvel hôtel y ouvre ses portes, afin de pouvoir à nouveau y admirer le coucher de soleil en prenant un verre, avec la baie de Matavai au premier plan…

Damien Grivois


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