Hura Tapairu, que le spectacle commence !

    samedi 14 novembre 2015

    Qui succédera à Manohiva ? Le grand vainqueur 2014 dans les deux catégories du Hura Tapairu (Hura Tapairu et Mehura), comme annoncé l’année dernière, ne se présentera pas pour remettre son double titre en jeu, dès le 26 novembre, au grand théâtre de la Maison de la culture. 
    Alors qui des 20 groupes en lice pour cette édition 2015, emportera ce désormais prix fort convoité ? Réponse samedi 5 décembre, dans un grand théâtre de la Maison de la culture transformé en chaudron de la danse traditionnelle. 
    Né en 2004, presque “par carence”, comme l’ont rappelé les organisateurs, jeudi matin, lors de la conférence de presse dédiée à l’événement sous l’incontournable banian du Te Fare Tauhiti Nui. 
    Démarré avec huit groupes, ce sont donc 25 formations, issues de 20 groupes, qui vont plancher cette année sur la scène du grand théâtre, pour ce concours qui limite le nombre d’artistes à 30 maximum, musiciens et ’orero compris. 
    Mais ce “concours sur mesure” a imposé, au fil des années, “une nouvelle façon de se présenter sur scène”, ce qui plaît indéniablement au public, qui n’a laissé aucun siège de libre en 2014 lors des six journées de compétition. 
    Des propos également soutenus par Matani Kainuku, président du jury pour la 5e fois. Même si les personnes sont moins formées, “la dynamique de la culture (avec un événement de ce type associé aux Heiva et autres concours, NDLR) permet de changer les niveaux. Tout le monde ne danse pas encore, mais il y a de plus en plus de monde qui danse, avec plus de professionnalisme”, assure le chorégraphe. 
    Le concours en lui-même s’est professionnalisé. “Les critères de notation ont beaucoup changé”, précise Matani Kainuku. Ce sont au total huit critères de notation qui guident les six membres du jury.

    Une catégorie spéciale percussions

    La grande nouveauté, cette année, est la mise en place d’une catégorie optionnelle, réservée aux percussions, le Pahu nui. 
    “L’inventivité et l’originalité seront particulièrement observées par le jury qui a pour objectif de rendre ses lettres de noblesse au pahu.” 
    Afin d’aider le jury, deux consultants viendront le guider, à savoir Libor Prokop et Heremoana Urima. 
    Ce sont donc six orchestres qui s’affronteront dans cette nouvelle catégorie alors que six formations se présenteront au Hura Tapairu et 20 en catégorie Mehura, qui est de plus en plus demandée. Enfin, six vahine et cinq tane s’affronteront dans les concours de danse solo. 
    Autre (petite) nouveauté, pour les fans de ce concours, “petit frère” du grand Heiva, l’organisation prévoit de vendre le best of des trois dernières éditions du Hura Tapairu, sous forme de clé USB avec pas moins de 44 Go d’images et de vidéos de cet événement. 
    Comme les années précédentes, les mama du service de l’artisanat, partenaire de l’événement, proposeront leurs créations lors des soirées de concours, et pour ceux qui en redemandent, le Tahiti Pearl Beach Resort de Arue accueillera “l’after”, “la nuit Hura Tapiaru”, une “soirée des lauréats” mais côte est, cette fois. 
    Enfin, le Hura Tapairu est également l’occasion pour le Conservatoire d’organiser son stage en ‘ori Tahiti, créé en 2009, “beaucoup décrié” à ses débuts et fortement apprécié aujourd’hui. 
    Au total, ce sont 326 danseuses principalement qui sont venues apprendre et repartir avec une attestation de danseuse, amateur ou confirmée. 
    “Un moment important de leur vie”, précise Frédéric Cibard, responsable de la communication du Conservatoire, présent jeudi matin.
    Seul petit regret avec cette grande fête de la danse polynésienne, il nous faudra attendre 2016 pour voir le Hura Tapairu s’internationaliser, au fenua. 
    Le Heiva s’exporte, l’idée étant de faire venir les groupes étrangers pratiquant le ‘ori et de les faire s’affronter entre eux, dans la foulée du Hura Tapairu. 
    Malheureusement, venir en Polynésie coûte cher, surtout pour une troupe et de nombreuses sont déjà venues en juillet. Cependant, deux voyages par an, cela n’est financièrement pas supportable pour elles. 
    Mais promis, elles viendront pour la 12e édition en 2016. De quoi patienter avant le long chemin de la reconnaissance mondiale du ‘ori. 
    En effet, les instances culturelles du Pays souhaitent nomenclaturer les pas de danse, pour ensuite inscrire ce “marbre” au patrimoine mondial de l’humanité. Mais ceci est une autre histoire… Que le spectacle commence. Enfin, encore un peu de patience. 

    Christophe Cozette

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