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Le Ia mana te nuna’a soutient Mélenchon : un choix “idéologique”

jeudi 13 avril 2017

drollet ia mana te nunaa

Le Ia mana te nuna’a partage plusieurs points du programme de Jean-Luc Mélenchon. (© Marie Guitton)


Retraite à 60 ans, droit de vote à 16 ans, gratuité des soins, démocratie populaire : les aspirations communes seraient nombreuses entre le Ia mana te nuna’a, de Jacqui Drollet, et le mouvement La France insoumise, de Jean-Luc Mélenchon. Le parti indépendantiste polynésien a donc fait son choix pour l’élection présidentielle. Un vote “idéologique”, selon ses responsables, qui souhaitent replacer le débat politique sur le terrain des idées, et se disent opposés au vote clanique.

Voilà un mois que le Ia mana te nuna’a a décidé de soutenir Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle. À dix jours du premier tour, ses responsables ont réuni la presse pour expliquer leur position.

“Pour Ia mana te nuna’a, le combat pour l’indépendance est imprescriptible et inaliénable”, lance Jacqui Drollet, en préambule. “Cela rentre dans le programme de Jean-Luc Mélenchon sous la forme de l’autodétermination des peuples : c’est quelqu’un qui veut rendre la parole au peuple.”

Les points communs entre le Ia mana te nuna’a (“Le pouvoir au peuple”, en français) et La France insoumise, le mouvement populaire lancé l’année dernière par le candidat, dépasseraient le slogan. Ils s’accordent sur la retraite à 60 ans, le développement des énergies renouvelables, le droit de vote à 16 ans “pour intégrer encore plus la jeunesse dans les choix”, l’inéligibilité à vie des personnes condamnées pour corruption, l’indépendance des médias, la séparation de l’Église et de l’État ou la gratuité des soins, que le représentant polynésien avait défendue dans les années 1990 lors de l’adoption d’une délibération sur l’aide médicale de solidarité, ancêtre de la protection sociale généralisée (PSG).

Convaincu que « les propositions globales (des candidats à la présidentielle, NDLR) peuvent être appréciées à la dimension polynésienne”, le Ia mana te nuna’a n’exige pas d’autres engagements de Jean-Luc Mélenchon. « Pensez-vous qu’en Alsace ou en Bretagne, on se demande ce que chaque candidat a prévu pour l’Alsace ou la Bretagne ? Non. Les points des programmes sont d’intérêt général. Ils intéressent toute la population française. Et jusqu’à preuve du contraire, nous sommes concernés…”, glisse Jacqui Drollet en souriant.

Le seul vœu qu’il émet est celui de voir la future université internationale des métiers de la mer, qu’aimerait créer Jean-Luc Mélenchon, implantée au fenua.

Même sur l’indépendance, le représentant de l’UPLD n’attend aucune promesse du candidat : “La question n’est pas ‘Y est-il ou non favorable ?’ Nous ne lui avons pas demandé ‘Accordez-nous l’indépendance’. C’est le peuple qui se déterminera. Sitôt élu, Jean-Luc Mélenchon veut abolir la Ve République (et réfléchir à l’instauration d’une VIe République, NDLR). Il s’est engagé à tenir compte de l’avis du peuple. Il n’est pas impossible que des Polynésiens participent à cette réflexion. Notre rôle, à nous, est donc de conscientiser le peuple.”

 

Un vote idéologique, pas clanique

 

Fini le temps des “recettes” précuites pour “attraper les électeurs et les électrices”. Le Ia mana te nuna’a veut replacer le débat sur le terrain des “idées”.

“Le sens de notre vote, c’est idéologique. Nous ne sommes pas d’accord avec ceux qui disent qu’il n’y a plus de droite ni de gauche. Ça, c’est les attrape-tout”, tacle l’indépendantiste. “Nous, nous voulons montrer qu’il y a encore une confrontation entre des idées.”

Outre cette pique contre le camp centriste d’Emmanuel Macron, Jacqui Drollet s’attaque très fermement “aux corrompus de droite qui veulent apparaître comme des blanches colombes”, et, surtout, à l’extrême droite : “Nous refusons le Front national pour ses idées racistes. Nous ne souhaitons pas que ces hommes et ces femmes soient banalisés”, déclare Jacqui Drollet, qui dénonce, sans le nommer, les manœuvres du Tahoera’a Huiraatira prêt à soutenir Marine Le Pen – favorite dans les sondages –, uniquement pour se mesurer au clan d’Édouard Fritch, qui soutient François Fillon.

“Ia mana te nuna’a s’inscrit en faux face à l’idée du leader qui tient la lumière et dit à ses troupes de le suivre”, précise Jacqui Drollet lorsqu’on l’interroge sur le vote clanique. “Le travail (du leader), c’est de donner la lumière à chaque militant. Faire en sorte que la conscientisation fasse son chemin.”

Mais le soutien tardif du Ia mana te nuna’a à Jean-Luc Mélenchon, au moment où le candidat commençait à percer dans les sondages, n’est-il pas, lui aussi, opportuniste ? Jacqui Drollet laisse les électeurs libres de le penser. Il répète néanmoins que son choix, rendu possible par l’absence d’accord à l’UPLD, est “naturel” au regard de la convergence d’idées entre La France insoumise et le Ia mana te nuna’a.

“Nous n’avons pas d’atome crochu avec Benoît Hamon”, précise-t-il aussi, en appelant le candidat du Parti socialiste, crédité aujourd’hui de seulement 8,5 % des voix, contre 18,5 pour Jean-Luc Mélenchon, à prendre sa “responsabilité historique” en “s’effaçant au profit de celui qui pourrait être le prochain président de la République”.

Marie Guitton

 

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