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Ice : Huit à neuf ans requis contre Moerani Marlier et dix contre Yannick Mai

vendredi 24 août 2018

Moerani Marlier entouré de Ouira Hamblin (à g.) et Heimanu Hiro (à dr.). (© Florent Collet)

Moerani Marlier entouré de Ouira Hamblin (à g.) et Heimanu Hiro (à dr.). (© Florent Collet)

Huit à neuf ans de prison. C’est la peine requise par le procureur à l’encontre de Moerani Marlier, hier, à l’issue d’un réquisitoire fleuve. L’autre tête du réseau, Yannick Mai, risque, quant à lui, dix ans. Six ans, six ans et quatre ans ont également été requis respectivement contre Heimanu Hiro, Francky Tumahai et Ouira Hamblin, considérés comme la “garde rapprochée” de Moerani Marler par le représentant du ministère public. Ce dernier, devant la multiplication des affaires d’ice devant le tribunal, a jugé “cette évolution pas très favorable pour l’avenir de ce pays”.

Plus tôt dans la journée, les auditions des différents prévenus avaient mis en lumière les différents systèmes de défense adoptés par chacun des acteurs du trafic. Comme son épouse la veille, l’ex-huissier de Moorea, Patrick Rey, n’a pas dévié de son idée en niant avoir eu connaissance du trafic. Sa conjointe avait été invitée à aller aux USA par Marlier. Connaissant sa réputation sulfureuse et son illustre surnom, “El chapo”, Rey avait dissuadé sa moitié mais avait tout de même trouvé en remplacement un ami apiculteur, à qui il avait payé le voyage et qu’il avait conduit à l’aéroport. Malgré les contradictions, notamment la conversation téléphonique où il s’inquiète de l’avancée du voyage de l’apiculteur pour “son premier coup”, l’ex-huissier se perd dans ses contradictions.

Sa femme lui dit que Marlier est tombé : “Ne parle pas. Rappelle moi sur le fixe”, ordonne-t-il. Interrogé sur ses déclarations contraires aux autres témoignages, Patrick Rey ne tremble pas : “Je suis tombé en face de malfaiteurs. Les masques tombent”. Quelques mètres derrière, l’apiculteur marque sa désapprobation d’un mouvement de tête, presque amusé. Steven Raynal, à l’encontre duquel six ans ont été requis par la suite, lui aussi est renvoyé par le juge devant le fossé qui sépare ses déclarations et ce que montre l’enquête.

Accusé d’avoir acheté l’ice remis à l’apiculteur, lui estime n’avoir rendu qu’un petite service. “Le problème avec le mensonge, c’est que lorsqu’il y en a un par phrase, après on ne sait pas trop où l’on en est”, le prévient le juge.

Le jeune homme tient à faire assumer à Marlier ce qui lui est reproché. Exaspéré, ce dernier semble vouloir jouer carte sur table : “Quand il y a tout, l’argent, la fête, tout le monde est là, tout le monde est beau, tout est rose. Quand tout est noir, tout le monde s’enfuit. Je ne voulais pas trop charger Raynal mais aujourd’hui, comme personne ne veut rien porter, je dis la vérité”. Il ne retiendra en revanche pas ses larmes quand la mère de ce dernier viendra témoigner.

“Pardon de ne pas avoir été la mère que j’aurais souhaité être. C’est moi qui devrait être dans le box, en tant que parents, c’est nous qui avons commis le crime.” Autre séquence larmes, cette fois pour Moerani Marlier. Quand il est demandé à ce dernier ce qui l’empêchera de se remettre dans le trafic, ce dernier évoque ses enfants, qu’il n’a pas vus depuis des années, sauf au parloir, où ils lui tiennent ce discours : “Papa qu’est-ce qu’y a ? Tu veux t’acheter ton propre avion ou quoi ? On n’a pas besoin d’argent. C’est de toi que l’on a besoin”

Pas de quoi émouvoir le procureur. Reste à savoir ce que décideront les juges aujourd’hui, en fin de journée.

 

FC

 

 

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