Il arrache 500 plants de mandarines de son exploitation

    mercredi 18 mars 2015

    Apera Iorss se sent désarmé face aux attaques de la gommose parasitaire, qui provoque la mort de ses orangers et mandariniers sur le plateau de Taravao. Sur 2 500 plants, il en a déjà arraché 500 pour éviter la propagation du champignon ravageur. Avant que la maladie ne sévisse, il produisait entre 30 et 40 tonnes de mandarines par mois, alors que l’année dernière, sa production avoisinait seulement les 10 tonnes.

    Comme Stanley Drollet (lire notre édition du vendredi 13 mars), l’exploitation d’Apera Iorss, producteur d’oranges et de mandarines locales sur le plateau de Taravao à la Presqu’île, est touchée par la gommose parasitaire.
    Il s’agit d’un champignon qui agit au niveau de la greffe en sécrétant un liquide puis en rongeant l’écorce.
    Il interagit avec un autre champignon, le phytophthora, qui s’attaque au bois et fait éclater l’écorce. Cela empêche la sève de circuler et provoque la mort de l’arbre.
    Sur une exploitation de 2 500 plants, Apera Iorss avoue en avoir déjà arraché 500 pour éviter la propagation du champignon.
    “C’est le seul moyen d’éviter que d’autres plants soient touchés. J’en ai replanté 500, mais il faudra attendre cinq ans pour avoir la première production. C’est long, il y a du travail et un investissement important à réaliser”, explique l’agrumiculteur.

    Immobilisme du Pays

    Ce que regrette Apera Iorss aujourd’hui, c’est l’immobilisme total des services du Pays face à la maladie.
    “Comme l’a expliqué Stanley Drollet, la semaine dernière, il n’y a aucun programme du Pays pour lutter contre ce champignon. Aujourd’hui, les producteurs d’oranges se débrouillent avec leurs propres moyens.”
    Pour sauver son exploitation, Apera Iorss utilise des produits qu’il achète sur le marché local, mais il n’est pas assuré du résultat.
    “C’est ça ou rien du tout. Sinon, des plants continuent à être infestés dans mon exploitation.”
    Avant l’apparition du champignon suspect, Apera Iorss produisait entre 30 et 40 tonnes de mandarines par mois.
    Aujourd’hui, sa production a beaucoup chuté. En 2014, elle est tombée à 10 tonnes. Et pour cette année, l’agrumiculteur n’a pas encore de visibilité.
    “Je n’ose même pas imaginer. Mais dans ma tête, la production continue de diminuer.”
    Apera Iorss se pose des questions du fait que le Pays ne propose aucun programme de lutte contre la gommose parasitaire.
    “Soit le Pays n’a pas les moyens d’agir, soit il y a une relation entre ce champignon et celui lâché dans la nature pour lutter contre le miconia. En tout cas, je ne suis pas le seul à avoir des doutes là-dessus”, conclut-il.

    C.T.

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    Pionnier de la mandarine au fenua et chevalier de l’ordre du mérite agricole

    Apera Iorss est l’un des plus gros producteurs de mandarines en Polynésie française. Il a démarré par la culture maraîchère avant de choisir la voie de l’agrumiculture. Il a été décoré en janvier chevalier de l’ordre du mérite agricole. Il a été président du syndicat des producteurs de fruits de Polynésie. Aujourd’hui, il préside la fédération Te Rima Hotu Rau, qui regroupe des professionnels du secteur primaire tels que des agriculteurs, pêcheurs, éleveurs, maraîchers, etc.

    Qu’est-ce que la gommose parasitaire ?

    La gommose est une maladie des plantes qui se caractérise par l’écoulement d’une substance gommeuse à la surface des branches ou du tronc de certains arbres. Cette maladie d’origine physiologique ou parasitaire affecte plus particulièrement certains arbres à feuilles caduques, notamment les arbres fruitiers à noyau du genre Prunus (cerisiers, pruniers, abricotiers et pêchers ) et quelques autres, comme les agrumes.
    (Source : Wikipedia)

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