Il menace de trancher la tête de son frangin et met le feu chez sa mère

    vendredi 31 octobre 2014

    L’homme de 34 ans placé en détention provisoire mercredi (lire notre édition d’hier) pour avoir menacé, dimanche dernier, de tuer son frère avec un coutelas placé sous la gorge, a écopé hier de douze mois de prison, dont six ferme avec maintien en détention.
    Jugé en comparution immédiate, il a également été condamné pour avoir mis le feu au mobilier de la maison de sa mère ce jour-là, dans un lotissement social de Mahina. Les gendarmes, appelés par la maman incapable de raisonner son fils, avaient fini par interpeller le forcené.
    Amputé d’une jambe, le bras dans le plâtre suite à une récente altercation avec le frère qu’il menaçait de tuer, le prévenu, 34 ans, a reconnu les faits, agacé à la barre.
    Souffrant de troubles psychiatriques, mais accessible à une sanction pénale selon les experts, l’homme avait lui-même été victime, il y a quelques semaines, d’une agression ultraviolente de son grand frère.
    Ce dernier l’avait roué de coups de marteau sur la tête et se trouve depuis mercredi soir hospitalisé à Jean-Prince, une information judiciaire pour tentative de meurtre ayant même été ouverte à son encontre.
    Une ambiance familiale délétère sur fond de misère sociale et psychologique, l’aîné des deux frères a par exemple raconté s’être réveillé une nuit à 3 h du matin, un couteau pointé sur sa carotide tenu par le plus jeune.
    Il arrivait aussi à ce dernier de taper sa mère avec sa prothèse de jambe en polyester.

    “Je n’en peux plus…”, s’exaspère la maman

    Les origines de ces disputes régulières et d’une rare violence entre les deux frères sont obscures et pourraient être d’ordre généalogique.
    Le plus jeune, condamné hier mais aux propos parfois confus, semble renier sa mère, présente à l’audience.
    Une maman qui n’a pas été épargnée, menacée elle aussi de périr dans l’incendie de sa maison dimanche dernier. Après avoir démoli et mis le feu au mobilier dans le jardin, le trentenaire avait incendié les rideaux avec un pied de chaise en flammes.
    Les filles du foyer, en panique, avaient éteint l’incendie à coup de bassines d’eau. La colère du jeune homme avait cette fois été provoquée par le refus de sa mère de lui prêter 1 000 Fcfp pour acheter des cigarettes ou du paka, selon les déclarations des uns et des autres.
    Les deux frères ont été décrits comme psychopathes par les experts qui les ont examinés.
    À la question de la présidente qui lui demandait s’il se sentait capable de tuer quelqu’un, le plus jeune des deux condamné hier a d’abord froidement répondu : “Oui”. Avant de se raviser : “Euh… non, mais mon frère, oui.”
    “La sanction ne viendra pas de la psychiatrie”, a estimé le procureur de la République avant de requérir deux ans de prison, dont six mois avec sursis.
    Le tribunal s’est montré un peu plus mesuré. La condamnation a été assortie d’une interdiction de paraître au domicile familial de Mahina pendant les cinq prochaines années.
    La maman ne réclamait que le remboursement des dégâts et l’expulsion de ses fils : “Je n’en peux plus, on n’en peut plus, l’une de mes filles révise ses examens, je ne suis plus chez moi.”

    Compte rendu d’audience Raphaël Pierre

     

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