Il tente d’égorger sa compagne, met le feu au fare et se pend

    mardi 3 mars 2015

    Après avoir frappé sa compagne avec une arme blanche au cou, au bras et au ventre, un homme a mis le feu à sa maison puis s’est suicidé par pendaison. Le couple, sur le point de se séparer, s’était accroché la veille, obligeant l’intervention des gendarmes. La jalousie et la rupture seraient le mobile de ce drame.

    Il n’est pas encore 8 heures lorsqu’une énorme colonne fumée noire monte dans le ciel de Mahina. En bas du Tahara’a, dans le quartier Tirao, juste à côté d’une menuiserie, une maison brûle. Au milieu de l’agitation, une femme, le torse ensanglanté, est assise par terre, comme sous le choc.
    Elle vient d’échapper à l’incendie, mais aussi à son compagnon qui aurait voulu l’égorger. L’homme de 41 ans, un Paumotu, ne vivait pas là en permanence. Le couple s’est visiblement disputé pour une histoire d’argent. Fou furieux, il aurait agressé sa compagne avant de mettre le feu au fare.
    Quand les pompiers arrivent, il n’y a plus rien à faire. La maison est totalement dévorée par les flammes. Une bouteille de gaz explose, envoyant des morceaux fumants dans tout le quartier. Une rumeur se propage dans la foule, il y aurait peut-être un enfant dans la maison… Heureusement, l’info est fausse, ce couple n’a pas de descendance.

    Quarante-cinq minutes de massage

    Les soldats du feu parviennent à bout du sinistre très rapidement, mais c’est un autre drame qui se joue à l’arrière du fare.
    L’homme, qui a eu le temps d’expliquer à des voisins qu’il regrette ce qu’il venait de faire, veut mettre fin à ses jours en se pendant. Il a accroché une cordelette à une branche du tumu uru qui se trouve là. Il se lance dans le petit fossé qui court derrière la propriété. La corde cède. Dans sa chute, il parvient à faire quelques pas vers le fare et s’écroule dans le caniveau.
    Les pompiers, qui ont pris en charge la femme blessée, sont appelés à la rescousse pour maintenant sauver l’homme.
    Avec un policier municipal et un jeune qui se trouve là, le groupe de secouristes remonte, sur le terrain vague, le corps inanimé du suicidé. Un massage cardiaque est immédiatement entrepris.
    Le Samu est arrivé sur les lieux à 8 h 30 avec du matériel conséquent et pendant près de 45 minutes, les secours vont tenter en vain de réanimer l’homme. Le tavana saluera leurs efforts.

    Un problème qui ne touche pas que Mahina

    L’affaire vient de prendre une tournure dramatique. Les véhicules de l’identification criminelle de la gendarmerie arrivent avec des enquêteurs qui interdisent l’accès au site afin de relever tous les indices possibles.
    C’est sous des conteneurs qui servent d’atelier, près d’une tache de sang, que les militaires retrouvent un coupe-coupe. Selon des témoins, c’est la femme qui l’avait à la main en sortant de chez elle, ensanglantée.
    Un fourgon funéraire évacue le corps du suicidé, tandis que des nouvelles rassurantes de la femme blessée arrivent aux oreilles de Patrice Jamet, toujours sur place.
    Le maire de Mahina s’inquiète de ce nouvel incident dans la commune : “C’est dramatique, mais ça ne touche pas que Mahina. Il faudrait que l’on se mette autour d’une table. On fait beaucoup pour la jeunesse et l’on oublie les couples qui vivent des drames au quotidien. Il y a peut-être un trop gros écart entre ceux qui sont aisés et ceux qui n’ont pas de moyens. Ils se débrouillaient bien en vendant du ma’a, du mono’i… Mais il y avait peut-être un problème entre eux.” 

    J.-L.M.

    Le mobile : la jalousie et la rupture

    Hier, en fin de journée, le procureur José Thorel a présenté les faits d’après les premiers éléments de l’enquête. Les forces de l’ordre en sauront davantage quand ils pourront entendre, Michelle, la femme blessée à la gorge, à la main et au ventre. Cette dernière devait subir une opération à l’hôpital de Taaone, et n’a donc pas pu encore raconter sa version du drame.
    Il ressortait que la femme d’une quarantaine d’années a bien été agressée par son ex-concubin, Arma, qui a mis le feu ensuite à la maison. Les faits sont confirmés par des témoins à qui l’homme s’est confié avant de se suicider.
    La relation entre les deux était assez houleuse, car les gendarmes de Mahina s’étaient déjà rendus dans ce fare en février pour des faits de violences contre la femme. Les militaires étaient d’ailleurs intervenus la veille au soir pour une nouvelle dispute.
    Le procureur précise que deux enquêtes ont été diligentées, une première enquête criminelle pour tentative d’assassinat sur Michelle. La qualification s’explique par des écrits laissés par le suicidé à un témoin. Il exprimait son intention de vouloir la tuer. Il est également question de destruction volontaire d’habitation par incendie. L’autre enquête concerne la recherche de la cause de la mort d’Arma.
    José Thorel indique encore que des prélèvements ont été faits pour savoir si l’alcool ou le paka pourrait expliquer cette nouvelle dispute et le passage à l’acte. Les enquêteurs devront aussi faire des recherches sur le sang qui a été découvert sur le coupe-coupe, pour éventuellement déterminer la présence ou pas d’une autre personne au moment des faits. Pour le procureur, le mobile serait la jalousie et la rupture entre les deux personnes.

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