Îles Salomon – les digues de Gold Ridge menacent de rompre

    lundi 2 mars 2015

    C’est la pleine saison des pluies à Guadalcanal, et les bassins de retenue des déchets miniers sont quasiment remplis à ras bord. Les riverains craignent que les digues ne cèdent.
    La mine d’or et de cuivre, située à une trentaine de kilomètres au sud-est de Honiara, est à l’abandon depuis presque un an. En avril 2014, suite à des pluies torrentielles, l’exploitant australien, Santa Barbara, a décidé de suspendre la production. Car les bassins de résidus ont été inondés. Or pour reprendre l’activité, il faudrait d’abord faire baisser leur niveau et, pour cela, retraiter l’eau polluée, avant de la déverser dans la rivière Tinahulu.
    Mais Santa Barbara et le gouvernement salomonais n’arrivent pas à s’entendre sur la méthode et le financement du retraitement de ces eaux contaminées.
    Matthew Allen, chercheur en géographie humaine à l’Université nationale australienne de Canberra, spécialisé dans les pays mélanésiens, s’est rendu à Gold Ridge, sur Guadalcanal, fin janvier. Il y a rencontré les riverains des villages en aval de la mine. « Ils ont très peur que les digues des bassins de résidus miniers cèdent sous la pression de l’eau. Les habitants craignent particulièrement le cyanure contenu dans les déchets miniers, mais j’ai parlé à un consultant environnemental indépendant, qui dit qu’il faut surtout craindre le cuivre et l’arsenic », déplore le chercheur.
    Clandestin. Pendant ce temps-là, les orpailleurs illégaux exploitent la mine. En août 2014, Santa Barbara a d’ailleurs évacué tout son personnel, pour des raisons de sécurité liées à la présence d’un grand nombre d’orpailleurs illégaux. « Pour les orpailleurs, c’est une bonne opportunité, confie Matthew Allen. Ils gagnent assez bien leur vie. Les hommes, mais aussi les femmes et les enfants, tout le monde participe. Et la plupart des orpailleurs trouvent 5 à 6 grammes d’or par jour, qu’ils vendent pour 30 dollars australiens (2 500 CFP). C’est un bon salaire. Les femmes préfèrent l’orpaillage clandestin, car selon elles, quand la mine était exploitée par Santa Barbara, les royalties étaient données aux hommes, et ils dépensaient cet argent de manière irresponsable. » Pour le moment, la situation de la mine est au point mort.
     
    Radio Australia

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete