Indonésie: quatre mois de prison requis contre les deux journalistes français

jeudi 23 octobre 2014

Un procureur indonésien a requis jeudi quatre mois de prison contre les deux journalistes français arrêtés en Papouasie pour avoir effectué sans autorisation un reportage sur des rebelles séparatistes de cette région de l’est de l’Indonésie.
Thomas Dandois, 40 ans, et Valentine Bourrat, 29 ans, sont « coupables d’avoir exercé des activités qui étaient incompatibles avec leur visa » de touriste, a déclaré le procureur du tribunal de district de Jayapura, capitale de la Papouasie.
« Nous demandons pour chacun d’eux une peine de quatre mois de prison et une amende de deux millions de roupies (environ 130 euros) », a ajouté le procureur Sukanda, qui n’a qu’un patronyme comme nombre d’Indonésiens. 
Retenus dans les locaux des services de l’immigration depuis leur arrestation le 6 août, les journalistes sont jugés pour « usage abusif de visa d’entrée » en Indonésie. Ce délit est sanctionné par une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. Le jugement est attendu vendredi. Thomas Dandois et Valentine Bourrat ont été arrêtés au cours d’un reportage pour la chaîne de télévision franco-allemande Arte. Ils étaient entrés dans le pays avec un visa de tourisme, alors qu’ils auraient dû être en possession d’un visa de journaliste et d’une autorisation des autorités — rarement accordés — pour pouvoir exercer leurs activités dans cette région en proie depuis plusieurs décennies à une rébellion séparatiste.
La situation en Papouasie est un sujet très sensible en Indonésie. L’accès des médias à cette région est restreint et très surveillé.
Une responsable du ministère indonésien des Affaires étrangères entendue comme témoin au cours du procès qui a débuté lundi a expliqué devant le tribunal que les journalistes auraient dû effectuer une demande devant être examinée par 18 ministères et institutions publiques.
L’ONG Human Rights Watch (HRW) avait accusé la semaine dernière les autorités indonésiennes de « faire obstacle à toute couverture médiatique indépendante de la province de Papouasie« , et réclamé la libération immédiate des deux journalistes.
Thomas Dandois avait été interpellé dans un hôtel de la ville de Wamena en compagnie de trois membres du Mouvement de la Papouasie libre (OPM), et Valentine Bourrat avait été appréhendée peu de temps après.
Les rebelles rencontrés par les journalistes venaient des montagnes du centre de la Papouasie, dans le district de Lanny Jaya, où cinq séparatistes ont été abattus dans un échange de coups de feu avec des militaires le 1er août, soit quelques jours seulement avant l’interpellation des Français. Deux policiers avaient été tués peu de temps auparavant dans une embuscade attribuée à l’OPM.
De nombreux Papous, peuple ancestral de Papouasie occidentale, une ancienne colonie des Pays-Bas rattachée à l’Indonésie en 1969, réclament l’indépendance comme la Papouasie Nouvelle-Guinée, autre moitié de cette grande île qui l’a obtenue en 1975 après avoir été une colonie australienne.
L’OPM, qui mène une rébellion armée, accuse les autorités indonésiennes d’entorses graves aux droits de l’homme contre les civils papous, et de corruption massive liée aux importantes ressources naturelles dans cette région riche en minerais.

AFP

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