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Infractions routières – Les “récidivistes anonymes” se mettent en place

mardi 20 décembre 2016

spip récidive

Lionel Lecomte (à gauche), directeur fonctionnel du service pénitentiaire d’insertion et de probation, Ludovic Scallamera, Laëtitia Micheletti et Sandrine Hoffman, agents du Spip. (© Christophe Cozette)

 

 

Lionel Lecomte, directeur fonctionnel du Spip, et son équipe présente la nouvelle formule d’insertion du service. Tout a démarré d’une réflexion : pourquoi ces personnes récidivent ? L’équipe veut aller à la source du problème. Voici son explication.

 

 

Une première en Polynésie. Le plus faible taux de récidive concerne les délinquants sexuels, entre 3 et 8 %. Pour les vols et les infractions routières, cela varie entre 30 et 50 %.
Au fenua, 35 % suivi en milieu ouvert (condamné mais libre) ont été condamnées pour des infractions routières et 20 % d’entre eux sont en situation de récidive.

Afin de lutter contre la récidive, le service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip) met en place, à partir d’aujourd’hui, de nouvelles solutions autour de travaux menés en groupe, à l’instar des “alcooliques anonymes”.

L’idée est une idée de bon sens. “On est en face de personnes qui ont manifestement un problème d’intégration de la loi puisque récidivistes, mais qu’est-ce qui les poussent à transgresser la loi ?”, a expliqué Lionel Lecomte, le directeur fonctionnel du Spip.
“Un gros travail est fait avec eux mais en groupe, avec un véritable programme, sur plusieurs journées, avec différentes thématiques, qui vont se construire en fonction des besoins des personnes condamnées.”

La loi, l’accidentologie, l’addiction et les visites au centre Te Tiare, sont tout autant de modules du programme à venir. C’est une première au fenua, mais aussi pour l’ensemble de l’outre-mer, et ce travail en groupe se développe depuis environ un an en métropole.
“Certes, ils sont condamnés, mais ils sont aussi citoyens et peuvent apporter leur expérience au groupe, tout en comprenant eux-mêmes pourquoi ils sont en récidive”, a commenté Sandrine Hoffmann, agent du Spip.
Entourés d’animateurs, une dynamique de groupe s’installe à l’instar des “alcooliques anonymes”.

“Souvent, quand on a commis une infraction routière, on n’a pas l’impression d’être un délinquant”, reconnaît Lionel Lecomte, qui compte bien avec son équipe, travailler sur ce (faux) ressenti.

 

Présence obligatoire

 

Le groupe aujourd’hui est composé de 17 personnes, toutes au profil différent, mais néanmoins toutes volontaires même si répondre à une convocation du Spip est obligatoire, mise à l’épreuve oblige. Dans le cas contraire, la personne pourrait se voir convoquer par le juge d’application des peines, qui pourrait lui notifier l’exécution de sa peine de prison. Certains sont de simple récidiviste, d’autres multi, parfois plus de dix fois. Le Spip, dans le cadre d’une mise à l’épreuve, suit les personnes condamnées durant deux ans.
Certes, la législation sur les infractions routières s’est durcie depuis 15 ans de manière importante “car aujourd’hui, on peut être condamné à 10 ans de prison”, a expliqué le directeur fonctionnel.

C’est une délinquance qui est la même quel que soit l’endroit de la République. “Grosso modo, il y a de 10 à 15 % de personnes condamnées en plus sur 10 ans”, mais “la société l’accepte de moins en moins”, surtout en cas de récidive.
Évaluer le taux de récidive se mesure sur cinq ans “mais ce que l’on sait et c’est les scientifiques québécois qui nous le disent, c’est que, toutes infractions confondues, le risque de récidive diminue de 30 %” lorsqu’on participe à ce genre de “thérapie de groupe”, composée d’une dizaine de journées, étalées sur les deux ans de mise à l’épreuve.

“Avant, on misait tous sur le travail social, aujourd’hui, on va chercher du côté des scientifiques, pour trouver les bonnes solutions”, a expliqué Lionel Lecomte. Le premier des modules se tient aujourd’hui, au presbytère de Papeete, toute la journée. Le prochain se tiendra en avril prochain. Et si tout se passe bien, après ces “récidivistes anonymes” version route, il devrait voir le jour une version “vols”, “paka” et “délinquance sexuelle”.

Christophe Cozette

 

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