Ingrid Bennett Leboucher : “Par passion pour le surf”

vendredi 21 août 2015

La Billabong Pro Tahiti est un événement de portée internationale qui regroupe la crème mondiale du surf. Cet événement représente une véritable fenêtre sur le monde pour le fenua et lui permet ainsi de rayonner en tant que paradis accueillant pour surfeurs ou pour touristes plus généralement. L’épreuve tahitienne a donc un effet très positif pour la Polynésie, mais cet événement ne serait pas possible sans l’implication de la Fédération tahitienne de surf présidée par Philippe Klima. Mais la FTS, c’est aussi toute une équipe dans laquelle Ingrid Bennett Leboucher a une place importante. Rencontre d’une femme dévouée et surtout passionnée par le surf.

Depuis quand œuvres-tu pour la Fédération tahitienne de surf ?
Cela fait treize ans que je suis bénévole officielle de la Fédération tahitienne de surf. Avant, j’aidais la fédération pour l’organisation parce que mon fils participait aux compétitions. On peut dire que c’est suite à ça que je suis entré dans le monde du surf. En fait, toutes les personnes de la fédération, Philippe Klima, Pascal Luciani et les autres, sont des amis et c’est d’ailleurs un peu cela qui est à l’origine de la création de la fédération. On a toujours fait du surf dans la famille. Nous habitions au bord de la mer et donc, dès qu’ils avaient du temps libre, les enfants allaient surfer avec mon mari.

Comment a évolué l’organisation des compétitions de surf ?
Par le passé, il n’y avait pas vraiment de structures officielles qui s’occupaient du surf localement. Ce sont les clubs du Tahiti Surf Club et du Taharu’u Surf Club, où il y avait Lionel Teihotu, qui organisaient les compétitions. Je voudrais souligner le rôle important de Lionel dans le surf tahitien. Il est dorénavant le président du Taapuna Surf Club, et sa compétition, la Taapuna Master, a vraiment été super cette année. C’est une très bonne chose pour le monde du surf à Tahiti. J’ajouterai que, prochainement, on doit renouveler les membres de la fédération. On aimerait bien que d’autres personnes s’investissent pour l’organisation des compétitions. Il y a beaucoup de jeunes qui veulent surfer, mais très peu qui sont intéressés par l’organisation des compétitions et le jugement.

Restes-tu toujours aussi motivé par ton rôle au sein de la FTS ?
Tout à fait. Au départ, ma motivation c’était mes enfants, après, tu te dis, puisque je suis là, je vais aider, et, petit à petit, j’ai commencé à m’y intéresser de plus en plus. Il y a des projets à monter et à réaliser. Pour ce faire, tu entres en contact avec les sponsors et d’autres. Il y a un côté relationnel qui me plait beaucoup. C’est sûrement dû à ma vocation d’institutrice. Par la suite, on se met à connaître pas mal de personnes. C’est une facette que l’on ne soupçonne pas forcément.

Êtes-vous en nombre suffisant pour bien gérer le surf local ?
On a eu les moyens d’embaucher une secrétaire, Sarah, et c’est donc elle qui gère en grande partie le quotidien, le bureau, ce qui nous permet de nous occuper de tout ce qui est partenariat, sponsors, organisations de déplacements… Évidemment, ça demande beaucoup de travail, il faut se battre, mais on a de la chance qu’à Tahiti, les gens soient gentils et accueillants. Ça fait plaisir, j’ai vraiment l’impression que mon travail est reconnu. Par exemple, en ce moment, je suis en train de batailler pour les écoles de surf, car la plus grosse difficulté est financière. Les sponsors sont devenus un peu frileux avec la crise. Il y a aussi le problème du développement conséquent des écoles de surf. Il y a de moins en moins d’espaces pour chacune d’entre elles à Papenoo. C’est vraiment la guerre.

Comment envisages-tu le développement de la Fédération tahitienne de surf ?
C’est une bonne question. Je pense que l’objectif de la fédération n’est pas encore atteint. Il faut motiver la prochaine génération à nous remplacer. On organise des championnats, mais il n’y a pas de juges. Ce sont des gens comme nous, un peu âgés, qui attendent d’être remplacés. Il y a plusieurs personnes plus jeunes que nous qui ont la formation adéquate, mais ils n’ont pas envie. On se trouve donc devant un problème impossible à résoudre : comment motiver les gens à devenir
les prochains cadres de la discipline ? C’est une question à laquelle il faut qu’on trouve une solution rapidement parce que pour l’instant, il n’y a personne pour reprendre le flambeau. On a réussi à mettre en place une indemnité de 5 000 F pour une journée de jugement le week-end. Cette indemnité ne s’applique que pour les compétitions sponsorisées par Coca-Cola. Pour cette compétition, il y a toujours du monde. Mais, pour toutes les autres, il n’y a personne.

Un dernier mot ?
Il ne faut pas oublier que c’est aussi grâce au surf que la Polynésie est connue. C’est une discipline importante au fenua. Mais si je devais dire ce que j’ai sur le cœur : “Continuez à prendre du plaisir”. On est en Polynésie et la population polynésienne est renommée pour son hospitalité.
David Chang Chen Chang

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